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Grand Maison : les discussions dans l’impasse

Par Ann Bouard
19 Août 2025

La dernière réunion entre les représentants de la direction et les salariés de Grand Maison‭, ‬le 11‭ ‬août‭, ‬n’a pas débloqué la situation‭. ‬Les grévistes sont plus déterminés que jamais à poursuivre leur mouvement‭. ‬Vendredi dernier‭, ‬ils donnaient une conférence de presse devant le magasin‭. ‬Le nouveau représentant dépêché par la direction‭, ‬lui‭, ‬n’a pas souhaité s’adresser à la presse‭.‬

Le premier point de blocage réside dans la hausse de salaire, de 10%, réclamée par les salariés, soit environ 140 €, la majorité étant payée juste un peu au-dessus du salaire minimum. Un sujet sur lequel la direction ne souhaite pas discuter, indiquent les grévistes. Aucune contre-proposition ou semblant de négociation n’a pu être entamée, déplore Albert Blake, dont le syndicat Unit 978 soutient le mouvement. Une attitude que ne comprennent pas les salariés, prêts à reprendre le travail si cette demande était étudiée. Prêts à négocier les autres points par la suite, parmi lesquels le manque d’investissements dans l’entreprise, le matériel de travail défectueux et le manque de considération.

Des annonces par voie de communiqué

Après qu’un homme que l’on suppose représenter la direction, car refusant de décliner son identité et repoussant tout dialogue avec les journalistes, la direction adressait dans la foulée un communiqué à notre rédaction précisant « l’impossibilité d’augmenter les salaires de 10 % » et confirmant « que des augmentations de salaire et avantages ont bien été prévus pour juillet 2025 avec un pourcentage global supérieur au coût de la vie comme fait également lors des augmentations de juillet 2024 ». Des avantages que les salariés indiquent avoir refusés, prenant pour exemple les tickets restaurant, qui devaient entrer en vigueur rétroactivement en juillet, mais auxquels ils doivent contribuer à hauteur de 50%. La direction « invite les salariés à reprendre le travail pour la sauvegarde des emplois et la pérennité de l’entreprise », rappelant à nouveau les difficultés auxquelles elle est confrontée en raison du contexte économique et la concurrence qui sévit sur l’île. Les salariés eux s’interrogent sur la bienveillance de ces sociétés qui se créent à Saint-Martin et dont les bénéfices sont immédiatement retirés au profit des investisseurs guadeloupéens. Ils demandent un soutien en haut lieu.

Un appel à la solidarité

Si le 1er vice-président de la Collectivité, Alain Richardson s’est rendu sur place sans faire de commentaire, la sénatrice Annick Pétrus leur a témoigné son soutien et a relayé sur ses réseaux leur appel à la solidarité. En effet, les grévistes ne perçoivent plus de salaire, et doivent malgré tout faire face à leurs échéances et continuer à vivre. Une petite cagnotte est à disposition sur le piquet de grève et une autre a été mise en ligne sur Leetchi (Soutien pour l’équipe de G M en grève). Cet argent ira en priorité aux mères célibataires de l’équipe et aux salariés vivant avec un seul revenu.
C’est en faisant appel à la solidarité de tous qu’ils espèrent pouvoir tenir et améliorer leurs conditions de travail. Certains diront qu’ils   peuvent partir et trouver un autre emploi. Mais comme l’a indiqué une des porte-parole du mouvement, d’autres seront engagés et traités avec le même mépris. Le magasin reste fermé au public.

Ann Bouard