Décret contesté : les enseignants en grève
Mardi dernier, le mouvement de grève des enseignants a engendré la fermeture de plusieurs établissements scolaires de l’île. Après un rendez-vous avec le vice-rectorat, les représentants syndicaux de l’éducation nationale ont été reçus à la préfecture pour faire part de leur mécontentement.
En présence du vice-recteur Harry Christophe, la sous-préfète Marie-Hildegarde Chauveau a prêté une oreille attentive aux propos de la délégation intersyndicale. L’origine de l’affaire remonte au 27 juin 2024 lorsqu’est publié le décret n°2024-641 visant à modifier les conditions de paiement des congés maladie pour tous les agents de la fonction publique. Pour faire simple : comme chacun le sait, ceux-ci bénéficient d’une prime de 40 % liée à la vie chère dans les outre-mer, et il s’avère que la réduction de salaire appliquée lors d’un congé maladie de longue durée va désormais impacter cette prime. Et c’est là que ça coince, car selon les personnes concernées, seul le salaire de base devrait être pris en compte. D’autre part, il a été prévu qu’un effet rétroactif serait appliqué sur les congés maladie jusqu’à la limite du mois de mars 2024. Les enseignants sont pour le moment les seuls à donner l’alerte, car les lenteurs dues aux méandres de l’administration française n’ont pas encore atteint les agents de la fonction publique hors éducation nationale, mais ça ne saurait tarder.
Être malade devient une faute
Bien sûr, cela ne date pas d’hier. L’alerte avait été donnée dès la rentrée scolaire de septembre 2024, et les élus locaux avaient même été contactés (il est à noter que parmi eux, seul le député Franck Gumbs a réagi, contrairement à la sénatrice Annick Pétrus qui n’a donné aucune nouvelle à ce sujet). Alors, que demandent les grévistes ? Non pas une annulation du décret, mais simplement une modification qui prendrait en compte les spécificités des départements et régions d’outre-mer. Faute de quoi, ils affirment qu’ils seront contraints de durcir le mouvement. En effet, selon eux, il n’est pas envisageable de se voir infliger une telle mesure qui les obligerait alors à venir travailler en étant malades, afin que leur fiche de paie ne soit pas amputée d’un montant trop important en cas de maladie, les conditions sanitaires des établissements scolaires n’étant pas toujours au rendez-vous.
Le vice-recteur à l’écoute des revendications
Nous nous sommes entretenus avec Harry Christophe, qui confirme avoir reçu le même jour trois syndicats porteurs d’une demande commune : la réécriture dudit décret. Cette mobilisation, à l’appel de six syndicats regroupés au sein de l’intersyndicale Inter-DROM (FSU, FO, CGTG, SNCL, SPEG et UNSA), témoigne de l’ampleur du mécontentement face à cette mesure. « Je comprends la détresse et la difficulté du personnel confronté à cette situation », a déclaré le vice-recteur, ajoutant qu’il s’engage à notifier à l’académie les effets concrets du décret sur le territoire de Saint-Martin et à porter les revendications syndicales qui soulignent la nécessité de prendre en compte le contexte ultramarin spécifique.
Pour l’heure, aucun autre préavis de grève n’a été déposé, les organisations syndicales attendant visiblement une réponse des autorités avant d’envisager une éventuelle intensification du mouvement.