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Vers des ARS plus proches du terrain

Par Ann Bouard
3 Juillet 2026

Un rapport du Sénat propose une profonde réforme des Agences régionales de santé (ARS), avec un renforcement de leur échelon départemental et davantage de souplesse pour répondre aux réalités locales. Une évolution qui a été présentée par Philippe Luccioni-Michaux, directeur général de l’Agence régionale de santé de Guadeloupe, Saint-Martin et Saint-Barthélemy, lors de sa présence sur le territoire le 26 juin dernier.

Annoncée par le Premier ministre lors des Assises des Départements de France, à l’automne dernier, la « refonte en profondeur » des ARS n’avait pas fait l’unanimité. Mais le gouvernement entend poursuivre dans cette voie. Présenté le 26 mai devant la délégation aux collectivités territoriales du Sénat, un rapport formule plusieurs propositions destinées à rapprocher les ARS des territoires. 
En effet, souvent jugées trop éloignées du terrain, trop complexes, la crise du COVID avait mis en lumière les difficultés de coordination entre les services de l’État, les collectivités et les professionnels de santé. À l’avenir, l’objectif est de leur donner plus de capacité d’action dans chaque région ou département.  
À Saint-Martin, « il y a d’ores et déjà un représentant de l’ARS, Paul Guibert, mais on pourrait avoir une évolution qui qualifierait officiellement la délégation de Saint-Martin de direction territoriale», a indiqué Philippe Luccioni-Michaux. Un travail sera donc engagé pour que le directeur territorial soit encore plus en capacité de construire les projets en étant l’interlocuteur direct des partenaires locaux. Le siège, l’ARS de Guadeloupe, envisage de donner plus de ressources techniques et dans une certaine limite, humaines, pour accentuer la présence de l’agence sur les îles du Nord.  En clair, cela devrait permettre d’avoir un interlocuteur de proximité qui puisse mettre autour de la table tous les acteurs concernés pour construire les politiques publiques liées à la santé. Pour l’hôpital notamment, cela favorisera les échanges entre le nouveau directeur, les élus du conseil de surveillance, le président de la Collectivité, les parlementaires.
Quel que soit le projet, il sera en capacité d’informer, d’expliquer et d’articuler les différentes ressources possibles pour que le projet voie le jour. Financièrement, cela pourrait évoluer également avec une enveloppe dédiée, que le directeur pourrait engager directement pour le territoire. Quant aux demandes de subventions auprès de l’ARS, rien n’est encore défini à ce jour. Tout cela est suspendu à la publication des décrets, mais pourrait être effectif d’ici un an.       

 

Ann Bouard