SOCIETE

Photo prise la semaine dernière à Quartier d'Orléans représentant des tôles froissées encore sur les toitures  des habitations.
Photo prise la semaine dernière à Quartier d'Orléans représentant des tôles froissées encore sur les toitures des habitations.

Saison cyclonique : nous y sommes !

29 mai 2018

Alors que la tempête subtropicale Alberto a fait un lever de rideau un peu prématuré de la prochaine saison cyclonique, que la campagne de nettoyage du territoire initiée par la Collectivité bat son plein, et que la Collectivité et l’Etat rappellent dans une communication conjointe la nécessité d’un engagement de chacun dans la préparation de l’île, pouvons-nous considérer que nous sommes prêts ? Sachant que sans atteindre la folie de l’Irma, des vents un peu forts ou le moindre petit ouragan de catégorie 1 pourraient avoir des conséquences importantes si tout ce qui peut représenter un projectile n’a pas été déblayé, mais aussi parce que les constructions encore debout sont fragilisées.

Les assurances

Le montant des dégâts causés à Saint-Martin et Saint-Barthélemy par l’ouragan Irma en septembre dernier a été évalué à 1.83 milliard d’euros dont 990 millions d’euros concernent Saint-Martin pour les 9290 sinistres déclarés sur cette île (8000 sinistres à Saint-Barthélemy). Fortement décriées pour leur lenteur à indemniser, les compagnies d’assurances via la Fédération Française des assurances (FFA), déclaraient avoir indemnisé à la fin du mois de mars dernier un peu moins de 80% des saint-martinois sinistrés, pour une somme totale d’indemnités versées de 395 millions d’euros, soit 36% du montant total de la charge déclarée à Saint-Martin. Depuis le mois d’avril, la F.F.A. se fait plus discrète quant à la communication des montants indemnisés. Certes, à ce jour, plus de 80% des sinistres déclarés ont été partiellement ou totalement remboursés par les assurances.
Les quelque 20% restant concernent essentiellement les copropriétés pour lesquelles les négociations entre experts d’assurances et experts d’assurés ont du mal à aboutir. A cela plusieurs raisons : les syndics de copropriétés n’ont pas été en mesure de retrouver tous les copropriétaires ; les désaccords entre les propriétaires et les syndics de copropriétés sur la responsabilité de chacun ; les contrats d’assurance souvent mal évalués eu égard à la surface et à la qualité réelles du bien assuré. Des contraintes qui retardent d’autant l’accord final permettant l’indemnisation, engendrant des retards dans les travaux à entreprendre.

Les travaux de la reconstruction

En traversant la partie française de l’île, force est de constater que de très nombreuses habitations demeurent avec des bâches sur les toits, des tentes abritent toujours des populations. Ce seraient des centaines de familles encore en situation d’extrême précarité. Et finalement, hormis dans certaines zones bien identifiées (Hope Estate, Bellevue et autres quartiers de l’île), force est de constater que peu de travaux sont en cours eu égard au volume des reconstructions à effectuer. A cela aussi plusieurs raison. Et en premier lieu, les personnes qui n’avaient pas assuré leurs biens (pour rappel 60% des habitations n’étaient pas assurées avant Irma), n’ont pas pu réunir la trésorerie suffisante pour reconstruire. Par ailleurs, tant que les experts d’assurances et les experts d’assurés ne se seront pas mis d’accord sur les montants à indemniser, les travaux ne pourront débuter.
Mais également les procédures réglementaires d’appels d’offre dont les délais sont longs. C’est le cas pour les bailleurs sociaux ou les organismes publics par exemple, dont les travaux peinent à démarrer. Selon les entrepreneurs du bâtiment, il faut considérer les chantiers dont les devis de reconstruction étaient inférieurs à 300 000 euros, qui seraient pour grande partie achevés, et les chantiers dont les montants prévus vont au-delà de 300 000 euros, jusqu’à plusieurs millions d’euros. Les entreprises locales qui se sont structurées pour faire face à ce volume d’affaire supplémentaire tirent leur épingle du jeu : elles ont embauché du nouveau personnel et investi dans les matériels nécessaires. Ces dernières peuvent répondre rapidement aux demandes qui leur sont faites et verront certainement leur chiffre d’affaire doubler ou tripler pendant plusieurs années. Quant aux entreprises qui sont restées dans le même fonctionnement d’avant Irma, le fait est qu’elles ne sont pas en mesure de satisfaire leur clientèle dans les délais impartis. D’où la grogne qui peut parfois monter dans la clientèle qui se trouve en attente que les travaux se réalisent.

Parallèlement, de nombreuses entreprises extérieures ont saisi l’opportunité et ont déferlé sur le territoire. Et parmi celles-ci, il y aurait un peu de tout. Des entreprises sérieuses et d’autres, qui le sont moins. Celles qui jouent le jeu local en s’enregistrant régulièrement sur le territoire et en contribuant ainsi à la fiscalité locale, d’autres qui esquivent les règles et du coup peuvent appliquer des tarifs inférieurs dans leurs devis.
Enfin, des entrepreneurs locaux mettent en garde au moment de l’acceptation des devis, concernant la garantie décennale et la conformité des travaux qui seront réalisés : « Il pourrait y avoir de mauvaises surprises dans les années à venir », indiquent ceux que nous avons rencontrés, et qui précisent par ailleurs que le client a une responsabilité partagée en cas de travaux réalisés non conformes à la réglementation : « Les clients doivent s’assurer de la légitimité des entreprises qu’elles retiennent pour leur travaux ».

Toutes des raisons qui font que l’île est toujours dans cet état près de neuf mois après le passage de l’ouragan dévastateur et que les travaux peinent à démarrer, alors que vendredi sonnera le début de la saison cyclonique.

La tempête Alberto
TEMPETE ALBERTOLa tempête subtropicale Alberto s’est formée vendredi dans péninsule du Yucatan, au Mexique, ouvrant la saison des ouragans dans l’Atlantique avec une semaine d’avance.
Alberto a créé de fortes pluies vendredi dans le Yucatan avant de traverser le Golfe du Mexique suivant une trajectoire nord-est, la faisant passer à l’ouest de Cuba et l’amenant progressivement sur les côtes sud des Etats-Unis.
La Floride et le sud des états de l’Alabama, la Louisiane et le Mississipi ont été concernés par de fortes pluies, 200 à 300 mm de pluies étaient attendus dans la journée de lundi, ainsi que des vents forts, jusqu’à 110 km/h près des côtes.

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