SOCIETE

Violences conjugales: Protection rapprochée avec l’association Trait d’Union

Violences conjugales: Protection rapprochée avec l’association Trait d’Union

18 juillet 2019
Après l’urgence imposée par l’ouragan Irma dans les actions menées par l’Association d’aides aux victimes, Trait d’Union/France Victimes 978, dans les mois qui ont suivi la catastrophe climatique, l’association souhaite désormais se recentrer sur ces missions premières. Et en premier chef desquelles l’aide aux femmes victimes de violence conjugales. Avec ses équipes, elle met à la disposition de ces femmes victimes tout son panel d’outils, écoute psychologique, aide juridique, sociale et financière, pour parer à l’urgence et les accompagner au plus près afin de les aider à sortir des mailles du filet dans lesquelles elles sont enchevêtrées. Depuis le début du mois de juillet, Trait d’Union a pris sous son aile une dizaine de cas.

Les violences faites aux femmes. Un sujet qui fait la triste actualité sur le territoire national avec à ce jour 76 femmes décédées sous les coups de leur conjoint depuis le début de l’année. Un meurtre de femme tous les deux jours. En partie française de Saint-Martin, si pour l’heure, aucun homicide perpétré par des hommes sur leur compagne n’est à déplorer depuis le début de l’année, cela n’a pas été le cas tous les ans. Et le sujet reste évidemment prégnant tant les structures et les dispositifs appropriés pour venir en aide aux femmes victimes sont insuffisants. Un fait est par ailleurs avéré : les violences conjugales existent bel et bien sur le territoire et seraient même en augmentation constante depuis le passage de l’ouragan Irma qui a engendré un stress supplémentaire du fait de conditions de logement souvent dégradées sans vision à court terme d’une amélioration, de la perte de l’emploi et des difficultés financières associées. 

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Sibel Aydin, juriste, et Olivier Fatou, directeur de Trait d'Union.

TRAIT D’UNION EN ACTION

Depuis le début de ce mois de juillet, ce sont dix femmes qui sont prises en charge par l’association Trait d'Union, subissant des faits de violences physiques, violences  et emprise psychologiques, emprise financière, viol… Olivier Fatou directeur, Jean-Marie Thévenet, président, et toute l'équipe de Trait d’Union, composée d’une juriste, Sibel Aydin, d’une psychologue, Bibiana Clavel, d’une assistante sociale, Maeva Gordien, prennent à bras le corps chacun de ces cas qui reste un cas particulier, et travaillent à apporter des réponses. « Nous jouons un rôle de facilitateur… nous sommes sur le terrain, allons à la rencontre de ces femmes qui font appel à nous, soit directement, soit par le biais de la famille, d’amis qui sont témoins des scènes de violence, ou encore de la gendarmerie qui nous signale ses suspicions sur certaines affaires. Et notre objectif premier est de jauger la situation et de prendre immédiatement les mesures d’urgence qui s’imposent », explique Olivier Fatou. 

LOGEMENT EN URGENCE, ORDONNANCE DE PROTECTION, DÉMARCHES ADMINISTRATIVES…

Dès qu’un nouveau cas de violence conjugale leur est signalé, les professionnels de Trait d’Union s’attèlent dans un premier temps à trouver les solutions d’urgence qui passent d’abord par la recherche d’un logement : « Le Manteau de Saint-Martin ne contient que 12 lits… c’est bien, mais beaucoup trop insuffisant pour le nombre de cas présumés sur le territoire. Nous  sommes obligés de déployer d’autres moyens pour trouver un logement d’urgence, via le cercle proche de la victime, sa famille, ses amis. Si cette solution n’est pas possible, l’association prend sur ses deniers pour payer des nuitées dans des hôtels ou des guest-house. Nous sommes également en capacité de prendre en charge des billets d’avion si des femmes d’origine étrangère souhaitent retourner dans leur pays d’origine », indiquent Olivier Fatou et Sibel Aydin. La priorité est donnée à mettre la femme et ses enfants sous protection. Ensuite, les démarches et autres procédures qui peuvent prendre plus de temps, sont mises en œuvre parallèlement à une enquête qui est menée. Ainsi, la juriste peut saisir le Juge aux Affaires Familiales (JAF) pour obtenir une ordonnance de protection. Une requête  qui permet dans un temps relativement court et sans dépôt de plainte préalable, de prendre des mesures provisoires pour protéger la femme victime, comme par exemple ordonner l’éloignement du conjoint du domicile conjugal, même s’il est titulaire du bail, ou propriétaire.  Des dossiers de demande d’aide juridictionnelle sont montés pour que les femmes victimes soient ensuite orientées vers un avocat de la place qui les défendra dans la procédure judiciaire qui s’ensuivra. L’assistante sociale travaille de son côté à la mise en place de démarches administratives pour que la victime puisse bénéficier de ses droits, avec la CAF, la Sécurité sociale, etc., ou encore à la régularisation des titres de séjour. A ce propos, la réglementation autorise pour ces femmes victimes de violences, des facilités de délivrance des titres de séjour.  Avec la psychologue, les femmes peuvent retrouver l’estime d’elles-mêmes, grâce à une écoute, mais aussi par des séances de bien-être (yoga…). 

FEMMES VICTIMES, VOUS N’ÊTES PAS SEULES

L’association  d’aide aux victimes Trait d’Union veut faire entendre haut et fort à ces femmes victimes qu’elles ne sont pas seules, que des solutions existent et qu’elles doivent impérativement attraper les mains qui leur sont tendues. Des solutions d’aides immédiates  existent pour sortir de cet engrenage dont l’issue peut être fatale. 
Pour des soucis de discrétion, toutes les demandes peuvent se faire en ligne, via des formulaires dédiés (www.formulaires.modernisation.gouv.fr/gf/cerfa_15458.do ), ou bien par mail : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. 
Pour ces femmes victimes de violences conjugales, pour les amis, la famille témoins de ces violences, contacter l’association Trait d’Union au 0690 37 84 01 ou bien via la page Facebook Trait d’Union ou encore le numéro d’urgence de la gendarmerie, le 17

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