SOCIETE

PPRN et pollution de l’eau aux bromates : une nouvelle colère montante

PPRN et pollution de l’eau aux bromates : une nouvelle colère montante

06 novembre 2019
Jeudi 31 octobre dernier, date de clôture de l’enquête publique relative au PPRn, le collectif Soualiga United et le mouvement Grass Roots conviaient la population à venir marquer leur protestation eu égard à la forme et au fond de cette réglementation que veut imposer l'Etat à Saint-Martin. Invité également dans les protestations des manifestants, le problème de l’eau polluée aux bromates.

C’est un ras-le-bol général qui conduisait une nouvelle fois la population dans les rues de Marigot jeudi dernier. Portant les deux sujets brûlants du moment, le PPRn et le problème de l’eau polluée, Soualiga United et Grass Roots veulent aussi mettre en exergue une certaine forme de contradiction de la part de l’Etat sous couvert de sa mission de « protection des populations ». En effet, selon les leaders de la manifestation, « le sujet de la protection des populations est exacerbé quand il s’agit du sujet du PPRn, et en revanche, concernant la pollution de l’eau aux bromates, c’est le silence radio du côté de l’Etat. Le sujet de la santé publique ne rentre-t-il pas dans les prérogatives de l’Etat, et ne parle-t-on pas là aussi de mission de protection des populations ? », clament-t-ils ?
En conséquence, dès 7 heures du matin, en cette journée de jeudi dernier, les personnes se sont rassemblées sur le front de mer de Marigot. D’une petite centaine de personnes, le cortège, conduit par le Collectif Soualiga United et le mouvement Grass Roots, s’est élargi tout au long du parcours et ce sont près de 250 personnes qui se sont finalement retrouvées devant les locaux de la préfecture, vers 10 heures.
Deux objectifs à atteindre pour les leaders de cette protestation : que l’ensemble des personnes puissent pénétrer dans la préfecture afin d’apposer leur signature de protestation sur le registre des doléances ouvert pendant la période de l’enquête publique, et rencontrer la préfète pour une nouvelle fois expliquer les graves répercussions qu’aura l’application de ce PPRN en l’état, sur les populations qui pourront être démunies de leurs biens, sur l’économie du territoire…
 
Le registre des doléances augmenté de 140 signatures de protestations
 
La préfète a refusé la rencontre et a chargé les officiers de gendarmerie de porter le message que l’Etat « ne pouvait interférer durant cette période d’enquête publique » et invitait les leaders du mouvement à rencontrer la commission d’enquête. Les manifestants étaient toutefois autorisés à rentrer par vagues de 5 à 7 personnes pour aller inscrire leurs doléances sur le registre de l’enquête publique. Au total, ce seraient 136 signatures de protestations qui seraient venues s’ajouter sur le registre des doléances.
La présidente de la Commission d’enquête a reçu l’un des leaders de la manifestation, Lenny Mussington, mais lui aurait fait savoir que son rôle se limitait à recueillir les doléances et en aucun cas à prendre une décision qui au final revient à l’Etat.
Et concernant le problème de l’eau, la préfecture a informé a posteriori par voie de communiqué : « Concernant l’eau et son coût actuel, il appartient à la collectivité et à l’EEASM de répondre à cette question, la préfecture ayant en charge le volet sanitaire, qu’elle suit activement depuis le début de la crise ».
 
La population estime ne pas être respectée par la préfète
 
Face à cette nouvelle déconvenue que les manifestants ont une fois encore considérée comme étant une marque de mépris de la part de la préfète, et alors que cela n’avait pas été préalablement prévu ni communiqué aux autorités, le cortège s’est dirigé vers le rond-point d’Agrément, bloquant la circulation routière en ce point névralgique de l’île. Un piquet de manifestation qui s’est levé dans le milieu de l’après-midi, attisant aussi la colère des automobilistes et rendant toujours plus à vif le climat social sur le territoire.
Les leaders de Soualiga United nous informaient se réunir dans les prochains jours pour définir la suite de leurs actions. 
 

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