SOCIETE

Les initiateurs du projet : Olivier Fatou (juriste), René Maarek (médecin addictologue), Mélanie Hodge (psychologue), Frédéric Olivo (médecin généraliste).
Les initiateurs du projet : Olivier Fatou (juriste), René Maarek (médecin addictologue), Mélanie Hodge (psychologue), Frédéric Olivo (médecin généraliste).

Lutte contre les addictions : des pros réagissent

15 décembre 2020
Ils sont médecins, psychologue, juriste … et tous confrontés au quotidien, de par leurs métiers, à la problématique des addictions. Ils ont décidé de prendre le problème autrement en mettant en commun leurs expertises pour apporter une complémentarité aux compétences de soins déjà en place sur le territoire.
 
Pour lutter contre les addictions, l'objectif du système de santé, ces vingt dernières années, était le sevrage. Une pratique qui a révélé ses limites, car celle-ci développait d’autres addictions. Aujourd’hui, la politique est donc à la modération, afin de réduire et non pas supprimer, les consommations en tous genres avant qu’elles ne soient nocives physiquement ou psychiquement. En clair, multiplier les sources de plaisirs pour trouver le juste équilibre.
 
Une consultation à l’hôpital qui s’étend
 
Le docteur René Maarek, spécialisé en addictologie, consulte (en alternance avec ses fonctions parisiennes) à l’hôpital Louis Constant Fleming depuis un peu plus d’un an. Au départ, la consultation est initiée en lien avec les médecins de ville, dont le docteur Olivo, et l’hôpital.
Dans un second temps, Trait d’Union dans le cadre des stages ciblés sur les stupéfiants pour les personnes condamnées, demande également des interventions ciblées selon les addictologies. De ces trois rencontres va naître l’idée de travailler ensemble … avec le soutien également de Mélanie Hodge, psychologue qui intervenait jusqu’à présent lors des consultations « parentalité ». A eux quatre, ils ont décidé d’’élargir le lien et d’aller à la rencontre de la population.
L’objectif est d’étendre le rôle de l’éducation au dépistage, à la prévention et à l’information afin de ne plus seulement orienter vers des traitements.
 
Mettre des mots sur les maux
 
Contrairement aux idées reçues, il ne s’agit pas uniquement d’addictions aux stupéfiants, d’autant que l’addiction numéro un à Saint-Martin reste l’alcool. Ce dernier, festif au départ, cause beaucoup de dégâts, et pas uniquement pour la santé du consommateur ; L'alcool est directement impliqué dans les violences, conjugales ou autres. Mais bien d’autres se côtoient, tabac, sucre, internet, jeux, médicaments … Vaste projet qui sort donc des drogues dures et passe par l’éducation des enfants, des jeunes et des familles. Tout l’enjeu réside à apporter une information et un accompagnement au plus grand nombre. A chacun ensuite de choisir son comportement, en connaissance de cause.
Une première convention signée avec l’hôpital permettra dès le mois de janvier prochain de débuter les premières actions sur le terrain et d’autres devraient suivre. L’hôpital a en effet pour projet de développer d’autres partenariats avec d’autres structures et souhaiterait que ce travail d’informations puisse se faire également dans le milieu scolaire ou encore à Pôle Emploi dans le cadre de la médecine du travail par exemple.
Au final, une rencontre d’individus, de citoyens impliqués, qui devrait permettre de mieux cerner certains problèmes en y apportant une solution adaptée et non plus répressive ou médicamenteuse.
 

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