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Les Forces Armées aux Antilles jouent un scénario catastrophe

Les Forces Armées aux Antilles jouent un scénario catastrophe

17 juin 2022
Mercredi et jeudi de cette semaine, les militaires ont investi le territoire, rejouant un scénario catastrophe avec le passage dévastateur d’un ouragan. Un terrain de jeu grandeur nature afin de tester l’efficience et la coordination des opérations conduites par l’ensemble des acteurs impliqués afin de porter secours aux personnes et protéger les biens.
Le scénario s’est joué sur deux jours, mercredi et jeudi. L’ouragan Zéphir est d’abord passé sur l’île de la Guadeloupe, créant d’importants dégâts, puis a traversé l’île de Saint-Martin, en s’étant affaibli, mais en ayant causé là aussi d’importants dégâts. Des routes sont bloquées, une submersion marine est constatée à Grand Case, une zone commerciale fictive, en lieu et place de l’ancien collège de Soualiga à Cul de Sac est la proie aux émeutes et aux pillages et un incendie est en cours. Les réseaux électriques et de télécommunication, qui ont été enfouis après le passage de l’ouragan Irma en 2017, ont tenu, mais les équipes sont sur place pour faire des états des lieux des transformateurs et de l’ensemble des réseaux. Le réseau filaire fonctionne, mais pas la 4G. L’exercice joué par les Forces Armées Aux Antilles (FAA) a eu pour objectif la mise en œuvre des secours aux personnes sinistrées à Saint-Martin et leur évacuation, alors que la base arrière, l’île de la Guadeloupe, se trouvait elle aussi en situation de catastrophe. De même, la coordination entre les différents services a été mise à l’épreuve de cet exercice.
 
Tester la bonne coordination des opérations
 
Mercredi après-midi, l’aéroport de Grand Case était investi par les FAA. L’ouragan passé, le niveau de vigilance passait au gris, période au cours de laquelle la population ne doit pas encore sortir, pour ne pas entraver la circulation aux services de secours et de déblayages des routes. Sous le contrôle de la préfecture, le Centre des opérations prenait ses quartiers dans la tour de contrôle, où militaires, services de l’Etat, de la Collectivité, gendarmes, police aux frontières, sapeurs-pompiers, géraient les opérations en lien avec le centre de commandement de la Martinique. Quelque 75 militaires arrivés de Guadeloupe, à bord d’un avion CASA de l’armée de l’air, puis d’un avion/hélicoptère OSPREY, débarquaient sur le tarmac. 25 d’entre eux restaient sur l’aéroport pour le nettoyage et la sécurisation, 25 autres partaient en renfort pour la sécurisation des sites commerciaux et 25 étaient destinés à venir en renfort aux forces de l’ordre.
 
La Croix Rouge, maillon fort de la chaîne du secours à la population
 
La Croix Rouge Française installait sa « zone de vie » dans l’aérogare et recevait les personnes sinistrées, voire blessées, qui demandaient assistance. La Croix Rouge, maillon fort dans la chaîne des secours, procédait au recensement des personnes, à l’évaluation de leur état physique et psychologique avant leur évacuation.
 
Eviter que les erreurs passées se reproduisent
 
Un scénario joué grandeur nature cet après-midi de mercredi, où les Marines des Pays-Bas se sont pris au jeu en intervenant en tant que population sinistrée, créant eux aussi des débordements dans l’enceinte de l’aérogare, cherchant à tout prix à être évacués.
En filigrane de cet exercice Caraïbes 2022, dont l’ampleur était d’envergure mobilisant d’importants moyens humains et matériels, éviter qu’en cas de nouvelle catastrophe, se reproduisent certains événements constatés après le passage de l’ouragan Irma en 2017. En l’occurrence une période de plusieurs jours de « no man’s land », avec une défaillance de coordination et de moyens de communication entre les forces de l’ordre sur place, laissant place aux pillages et aux débordements qui ont été vécus comme un second traumatisme pour la population déjà gravement sinistrée. Et tester également l’efficacité dans l’organisation des évacuations des personnes sinistrées.

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