SOCIETE

De gauche à droite: Jeanne Salome, architecte, Isabelle Lacassagne, avocate, Angèle Dormoy, présidente  de la CCISM, Sandrine Jabouley, avocate, Taï Ghzalale membre associé de la CCISM,  Constantin Desert  de NAGICO,  Gérard Romanet (directeur OCEALIZ) et Gildas Challet (Comptable OCEALIZ).
De gauche à droite: Jeanne Salome, architecte, Isabelle Lacassagne, avocate, Angèle Dormoy, présidente de la CCISM, Sandrine Jabouley, avocate, Taï Ghzalale membre associé de la CCISM, Constantin Desert de NAGICO, Gérard Romanet (directeur OCEALIZ) et Gildas Challet (Comptable OCEALIZ).

Assurances : le malaise plane …

26 juin 2018

A l’invitation de la CCISM et dans le cadre du partenariat mis en place avec le Conseil de l’Ordre des Avocats de la Guadeloupe, les représentants des compagnies d’assurances étaient conviés à venir à la rencontre de la population de Saint-Martin. Seules les compagnies Ocealiz et Nagico ont répondu à l’appel.

Et contre toute attente, la population s’est déplacée en très faible nombre également ce vendredi matin à la CCISM. Comme si la population était lassée des beaux discours ou encore résignée face à la lenteur des indemnisations mais également face aux mauvaises surprises qui ont eu cours depuis l’ouragan Irma. Un véritable malaise qui s’inscrit comme une perte de confiance entre les assurés et leurs assurances. Malgré une faible représentation de la population, les échanges avec les représentants des deux compagnies d’assurances ont été quelque peu houleux. 

QUI COUVRE QUOI ?

D’abord les chiffres. La Présidente de la CCISM, Angèle Dormoy, rappelait qu’à la fin du mois de mai, seulement 47% de la charge des sinistres pour Saint-Martin étaient réglés, soit 549 Millions d’euros sur le 1.164 milliard estimé.  Dix mois après le passage de l’Irma, encore 53% de la charge reste à régler, certes répartis sur seulement 13% des sinistrés, mais cela reste insuffisant. Et clairement, les problèmes se sont surtout installés dans le cadre de la gestion des sinistres avec les copropriétés, notamment des contrats pas suffisamment clairs signés d'un côté avec les copropriétés et de l'autre avec les propriétaires. Qui couvre quoi ? Des renvois de balles qui étalent dans le temps les négociations. 

 OCEALIZ INFORME QU’ELLE SE RETIRE DE SAINT-MARTIN

Le directeur d’OCEALIZ, Gérard Romanet, expliquait que sa seule compagnie composée d’une équipe de 10 personnes avait dû gérer quelque 2000 sinistres en quelques mois, alors qu’en temps normal, ils sont amenés à gérer une moyenne de 5 sinistres par jour : « Nous étions sous-dimensionnés et nous-mêmes avons été confrontés à un véritable phénomène cyclonique dans notre façon de travailler », s’expliquait-il, tout en reconnaissant « la défaillance de leur communication vis-à-vis de leurs clients ». OCEALIZ aurait réglé 80% des sinistres. 

Le directeur exécutif de NAGICO, Constantin Desert rappelait lui aussi le « caractère particulier du décret de Catastrophe Naturelle qui contraint à une très stricte réglementation ordonnée par la Caisse de Réassurance (CCR), et qui fait donc perdre beaucoup de temps ». Pour autant, les représentants de ces deux compagnies confirmaient que cette situation particulière « ne coûte rien aux compagnies d’assurance, c’est la solidarité nationale qui supporte le coût ». 

 LE CRÉDIT MUTUEL NE RECONDUIT PAS LES CONTRATS

Une réflexion qui suscite alors une interrogation sur les raisons qui ont conduit certaines compagnies à ne pas reconduire les contrats, voire même à se retirer de Saint-Martin et d'autres, à augmenter dans des proportions importantes le montant des primes... Pourquoi alors de telles décisions si les coûts de l'ouragan Irma ne les impactent pas directement? En effet, le directeur d'OCEALIZ  confirmait que sa Compagnie se retirait de Saint-Martin. Et de sources sûres, nous savons que le Crédit Mutuel – qui a décliné l’invitation de la CCISM et du Conseil de l’ordre des avocats à assister à cette réunion- a déjà fait savoir par courrier adressé à bon nombre de ses clients que les contrats d’assurance souscrits ne seraient pas reconduits. Et dans ce registre, la population n’est certainement pas au bout de ses surprises… 

 DES CONTRATS SIGNÉS EN INADÉQUATION AVEC LES RISQUES RÉELS

Les avocats présents à la tribune, Maître Jabouley également conseillère technique pour la CCISM et Maître Lacassagne, évoquaient le rôle de conseil que devaient avoir les compagnies d’assurance envers leurs clients. « Des conseils qui doivent être au plus proche des besoins réels de l’assuré au moment de la souscription de l’assurance, mais également des changements qui auraient pu être opérés entre la souscription et le renouvellement de l'assurance», insistait Maître Lacassagne. Les assureurs rétorquaient à cela que « les assurés ont aussi leur part de responsabilité et doivent savoir exactement à quel type de contrat ils souscrivent ». Des échanges houleux mettant en exergue la perte de confiance qui s’est installée entre les assurés et les compagnies d’assurances, face aux nombreuses surprises qui ont eu lieu au moment de l’indemnisation.  Les assurés ayant finalement découvert leur contrat au moment où le sinistre arrive… 

 VERS UNE REFONTE DES SYSTÈMES D’ASSURANCE 

A ce sujet, Gérard Romanet informait que face à l’importance des catastrophes naturelles qui ont eu cours dernièrement dans l’Hexagone et les Outre-mer (une trentaine de cas déclarés pour la France métropolitaine) qui ont souligné la complexité des contrats, la Fédération Française des Assurances (FFA) et la CCR seraient en train de retravailler la communication des systèmes, avec notamment la mise en place de fiches (les mêmes pour toutes les compagnies) qui établiraient les besoins de l’assuré, les conseils de l’assurance et une troisième fiche formatée qui résumerait le contrat.   

Une façon de reconnaître qu’effectivement personne ne lit et ne comprend tous les petits alinéas inscrits dans les contrats d’assurances…  Des contrats pourtant signées par les parties et qui ont conduit à de nombreuses désillusions.

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