SOCIETE

La Semsamar et sa directrice générale dans la ligne de mire de l’Etat

La Semsamar et sa directrice générale dans la ligne de mire de l’Etat

23 octobre 2018
En fin de semaine dernière, le site d’informations en ligne Carib Creole News (CCN), dirigé par Danik Zandwonis, jetait un pavé dans la mare en annonçant que l’Elysée voulait récupérer la Semsamar et avoir la tête de sa directrice générale Marie-Paule Bélénus-Romana.
 
CCN indique que le gouvernement veut « faire main basse sur la Semsamar (…) Pour en faire son outil de développement au détriment des Régions d’Outre-mer ». Lors de sa visite à Saint-Martin, le président Macron avait accusé la Semsamar de corruption et de pratiques illégales. Peu après, Jacques Mézard, qui était du voyage en tant que ministre de la Cohésion des Territoires, faisait référence lors d’une intervention au Sénat, au salaire de 1,2 million d’euros de Marie-Paule Bélénus-Romana, « pour justifier une reprise en main de l’outil, alors qu’il sait que ce salaire a été réduit depuis 5 ans au même niveau que les sociétés d’Etat », affirme Danik Zandwonis.
Pour « récupérer » la Semsamar et se débarrasser de sa directrice générale, l’Etat aurait besoin « d’un allié précieux » qui ne serait, ni plus ni moins, « la Collectivité de Saint-Martin, qui a un revolver collé à la tempe ». Comme tout le monde le sait, la Semsamar appartient à 51% à la Collectivité de Saint-Martin qui « est aux abois et a désespérément besoin d’argent frais et d’un soutien fort de l’Etat français pour réaliser la reconstruction de son territoire », affirme CCN.
 
Révoquer la directrice générale en échange d’une aide de l’Etat
 
Toujours selon CCN, en contrepartie du déblocage des 6 millions d’euros pour le logement social, l’Etat poserait une condition, « la Com doit renoncer à percevoir, pendant 3 ans, ses dividendes de la Semsamar ». En soulignant que « la liberté a un prix que la Com n’a pas les moyens d’assumer, puisqu’elle n’a pas eu la compensation due lors du transfert de compétences ». Selon Danik Zandwonis, la solution serait que « Gibbs donne la tête de la directrice générale sur un plateau », que « la Com vote la révocation de la directrice générale, et en échange l’Etat aidera à reconstruire Saint-Martin, sinon… ».
Un scénario digne d’une télénovela qui n’a pas tardé à faire réagir les politiques, principalement en Guadeloupe. La présidente du Conseil départemental, Josette Borel-Lincertin, dans un communiqué envoyé à notre confrère France-Antilles, dénonce de « grandes manœuvres en cours organisées depuis Paris autour de nos sociétés d’économie mixte, et singulièrement la Semsamar ».
Jacques Bangou, maire de Pointe-à-Pitre considère, toujours dans le même quotidien, que « ce qui se passe au niveau de la Semsamar est inadmissible (…) La Semsamar, on ne doit pas y toucher », tout en dénonçant « l’OPA qui est menée par l’Etat pour prendre en main la Semsamar pour la démembrer, pour récupérer les bénéfices ». Pour la Région Guadeloupe, l’actualité autour de la Semsamar « est plus que préoccupante », car les Sem travaillent sur les territoires de Guadeloupe, Martinique et Guyane, emploient de nombreuses familles antillo-guyanaises et injectent des milliers d’euros dans l’économie de ces trois territoires, notamment celle du BTP ».
 
Conseil d’administration de la Semsamar ce vendredi
 
Le président de la Semsamar, Yawo Nyuiadzi, lors d’un entretien téléphonique, assure qu’il n’y a aucune décision concernant la directrice générale, « le président de la République s’était exprimé sur le passé de la Semsamar, et les administrateurs sont appelés à réfléchir sur les stratégies à adopter pour répondre aux préoccupations qui viennent de la présidence de la République. Mais ils ne demandent pas spécialement la tête d’un tel ou d’un tel ».
Lors du prochain conseil d’administration de la Semsamar, qui se déroulera le vendredi 26 octobre, « il n’y a aucune question, à l’ordre du jour, qui concerne Mme Marie-Paule Bélénus-Romana (…) Il faut faire attention à ce que l’on dit, parce qu’il y a des salariés, des gens qui travaillent tous les jours et qui sont dévoués » et que la Semsamar « fonctionne sur un modèle économique qui est plutôt bon ».

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