SOCIETE

La misère à ciel ouvert dans l’indifférence générale

La misère à ciel ouvert dans l’indifférence générale

13 septembre 2019
Des centaines de véhicules passent devant tous les jours. Le taudis dans lequel vivent Batista, 60 ans et son mari Douglas, 51 ans, situé en bordure de la Route Nationale 7, à Grand Case, n’a plus l’air de choquer personne. Pourtant, difficile de ne pas avoir un "haut-le-cœur" quand on décide de s’y arrêter…
 
Et la première réflexion qui vient à l’esprit : comment est-ce possible, au XXIe siècle, sur un territoire français ? Car la misère est étalée ici au grand jour. A quelques mètres de la route, traversée à cet endroit par des odeurs nauséabondes et plus que douteuses, sont érigés des bouts de planches branlantes et autres débris d’Irma en guise de parois verticales, des bâches trouées et autres morceaux de tôles qui font office de toit. En soulevant des bouts de tissus, on pénètre à l’intérieur pour y découvrir l’horreur absolue. Autour d’un tas de roches, un matelas est posé à même le sol… Seul matériel pouvant faire la différence avec un terrier pour animaux, une gazinière qui est jonchée sur un autre tas de roches.
 
Faire réagir les pouvoirs publics
 
Batista et Douglas vivent-là, ou plutôt tentent de survivre-là, depuis que l’ouragan Irma a détruit un autre taudis qui les abritait alors, mais qui avait au moins l’avantage d’être en dur. Après que l’ouragan en 2017 ait détruit leur abri et épargné leur vie, ils se sont construit provisoirement cet abri de fortune.
Elle, originaire de Saint-Domingue, lui, de la Dominique, tous deux sont résidents de Saint-Martin depuis plus de trente ans, et y ont occupé des emplois dans d’autres temps. Des accidents de la vie les ont projetés dans cette misère et Irma a achevé de les mettre plus bas que terre. Seuls réconforts pour eux désormais, la boisson dans laquelle ils s’adonnent certainement pour ne plus voir cette misère sans laquelle ils errent au quotidien, et la Croix Rouge qui leur apporte régulièrement des vivres et de l’eau.
Comment les services sociaux n’ont-ils pas encore pris à bras-le-corps la situation de ces personnes et certainement de bien d’autres encore, mais qui sont moins en vue ? N’est-ce pas l’un de leurs premiers devoirs ? Ne serait-il pas possible de reloger décemment ces personnes en canalisant par exemple les prestations sociales auxquelles elles ont sans doute droit ? Comment une île française qui se targue d’être avant tout à vocation touristique peut-elle supporter que certains de ses citoyens vivent dans de telles conditions indignes ? Beaucoup de questions pour lesquelles nous n’avons pas de réponses, et nous espérons qu’en les posant cela aura le mérite de faire réagir les pouvoirs publics…
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