SOCIETE

Grèves et blocages dans l’Hexagone, pénuries de marchandises à Saint-Martin

Grèves et blocages dans l’Hexagone, pénuries de marchandises à Saint-Martin

14 février 2020
Marchandises importées : la situation est plus que critique. Depuis le début des grèves et autres blocages sur le territoire national, des mouvements consécutifs à la réforme des retraites en cours, les supermarchés et les magasins divers de l’île qui importent leurs marchandises depuis l’Hexagone doivent jongler avec les ruptures de stocks imposées. C’est toute la chaîne de logistiques dans le secteur des importations qui est impacté. Eclairages.
 
Les vitrines réfrigérées des supermarchés sont la plupart du temps quasi vides depuis le mois de décembre dernier. Les magasins d’électro-ménager, de vêtements et autres biens, vivent aussi à l’heure des pénuries et attendent leurs marchandises pour pouvoir les proposer à leur clientèle. En cause, les mouvements sociaux qui embrasent la Métropole depuis plusieurs mois, avec des grèves et des blocages des transports, routiers, aéroportuaires et maritimes, passages obligés pour que notre territoire soit livré de ses commandes. De nombreux bateaux au départ des ports français sont annulés. Une situation qui une fois de plus fait réagir les internautes sur les réseaux sociaux, avec cette malveillance qui souvent les caractérise.
 
Derrière les vitrines vides se cache une réalité catastrophique
 
Mais derrière ces vitrines et ces boutiques vides qui fâchent les consommateurs, se cache une réalité qui frôle la catastrophe en termes économiques.
En effet, les manques à gagner pour les commerçants sont très importants. Les deux supermarchés de Howell Center et Hope Estate jonglent au quotidien pour limiter la casse, et faire en sorte que leur clientèle ne soit pas totalement dépourvue des biens qu’ils ont pour habitude de consommer : « Bien souvent, nous faisons le choix de détourner nos marchandises attendues vers d'autres ports européens. Ce qui impose des transports terrestres conséquents qui coûtent chers (environ 2800€ par container de 40 pieds) », nous indique le co-directeur de l'un de ces supermarchés, qui ajoute « ne pas répercuter pour l’heure ces surcoûts pour le consommateur final ».
Mais jusqu’à quand pourront-ils les supporter ? D’autant qu’ils ne sont pas les seuls à opter pour cette solution de faire partir les marchandises depuis des ports autres que français, ce qui crée un goulot d’étranglement dans ces derniers.
 
De surcroît, quand les containers d’ultra-frais parviennent à Saint-Martin, les retards ont été tels que les produits sont arrivés très proche de leur date de péremption : il ne reste qu'à les jeter ! 30 à 35% de surcoûts.
 
Du côté des transitaires et des compagnies de transport, c’est aussi un état de crise qui est enclenché. Quand les containers parviennent dans les ports français, ils ne peuvent pas toujours embarquer sur un bateau et doivent rester sur place. Selon le droit international du transport maritime, des frais de stockage et des frais de détention doivent être appliqués, au-delà d’un certain nombre de jours, pouvant aller jusqu’à 96€ (au-delà du 18e jour de détention) et jusqu’à 140€ (pour le 10e jour de stockage). Des transitaires de la place nous assuraient pour l’heure ne pas avoir appliqué ces surcoûts, mais des missives d’informations ont toutefois été adressées à leurs clients.
Quoiqu’il en soit, notre système insulaire nous impose ses règles et rien ne sert de fustiger les uns ou les autres, seule la patience reste de mise.
 

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