SOCIETE

Fake News (ou Infox…) à qui profite le crime ?

Fake News (ou Infox…) à qui profite le crime ?

05 octobre 2018
Compte caché au Luxembourg ou aux Bahamas, liaison avec sa belle-fille, candidat soutenu par Al- Qaida, homosexuel… le Président Emmanuel Macron fait régulièrement l’objet de Fake News. Pendant sa campagne de l’entre deux tours de l’élection présidentielle, pas moins de 14 Fake News ont été diffusées sur la toile. Le Président de la République pourra rajouter à son palmarès la dernière en date, celle annonçant que pendant sa visite à Saint-Martin, le jeune de Quartier d’Orléans avec lequel il s’est fait photographier a « braqué une bijouterie » et « est impliqué dans un gang de trafiquants de cocaïne ».

De fausses informations qui ont rapidement été démenties par le Parquet de Guadeloupe (lire par ailleurs), mais qui ont toutefois eu le temps de faire leurs ravages, puisque reprises de toute part par les médias nationaux, tant pour le jeune homme en question que pour le Chef de l’Etat. 
Outre de vouloir nuire au Président Macron, ces Fake News posent des interrogations sur la crédibilité des journalistes. En effet, celle concernant Emmanuel Macron et le jeune de Quartier d’Orléans a été reprise par pléthore de journaux nationaux en ligne.  Une étude d’un institut de recherche américain, MIT, soulignait dans la revue scientifique « Science » que les fausses nouvelles tendaient à se propager sur les réseaux beaucoup plus rapidement que les vraies informations, quel que soit leur sujet. L’étude a mis en exergue que « 1% de «fake news» les plus populaires touchent régulièrement entre 1000 et 100'000 personnes. En outre, une vraie nouvelle met six fois plus de temps à atteindre 1500 personnes qu'une fausse ». « A cela s'ajoutent «les appeaux à clics, ces sites qui prospèrent sur le sensationnalisme» pour générer des recettes publicitaires ». 

RÉSEAUX SOCIAUX, VECTEURS PRIVILÉGIÉS

Il s’avère que le public s’informe de plus en plus via les réseaux sociaux (51% des adultes Américains s’informent sur les réseaux sociaux, 38% en France), sur smartphones (55% des Américains), et particulièrement sur Facebook. 
D’autres études montrent qu’il faut  14 heures pour démontrer qu’un message est faux, alors que seulement deux heures suffisent pour démontrer la véracité d’une information.  Sept fois plus de temps donc pour démonter une fausse information. Un facteur temps qui joue en la défaveur des journalistes et autres investigateurs, qui sont également pressés par le facteur tempset la concurrence sur Internet qui leur imposent de mettre rapidement en ligne les sujets. 

PARLER D’INFOX DÉSORMAIS

Pour mémoire, l'expression "fake news" a fait une entrée fracassante dans le débat public en 2016, lors de la campagne présidentielle américaine. C'est Donald Trump qui l'a popularisée, pour discréditer les critiques à son encontre. 
Si la traduction littérale est "fausse information", l'Académie française préconisait plutôt l'usage de contre-vérité ou tromperie. Et depuis hier, la commission d’enrichissement de la langue française a tranché, pour traduire « fake news » par le terme « information fallacieuse » ou par le néologisme « infox », forgé à partir des mots « information » et « intoxication ».


IMPLICATION DU JEUNE HOMME DANS DES FAITS DE VOLS À MAIN ARMÉE : LE PARQUET DÉMENT
 
« Plusieurs informations sont actuellement relayées par des sites internet, par les réseaux sociaux concernant l'implication d'une des deux personnes qui a été prise en photographie avec le Président de la République samedi à Quartier d’Orléans dans des faits de vol à main armée qui aurait été commis le week-end dernier à Saint-Martin.
Ces informations sont fausses. Aucun vol à main armée n'a été constaté à Saint-Martin le week-end dernier. Aucune des deux personnes apparaissant sur les photographies diffusées sur les réseaux sociaux ne fait actuellement l'objet de mesures de garde à vue, ni de poursuites de ce chef.
Le parquet précise que l'une de ces deux personnes, interpellée au début du mois de septembre pour un délit routier, a fait l'objet d'une convocation devant le délégué du procureur pour la mise en œuvre d'une alternative aux poursuites. Cette personne s'est rendue lundi matin à sa convocation à la Chambre détachée de Saint-Martin et a accepté de faire le stage de sensibilisation à la sécurité routière qui lui était proposé. Le parquet précise enfin que les informations relayant la proximité d'un des deux individus avec le chef d'un gang armé contrôlant le trafic de cocaïne avec la Guyane ne sont corroborées à ce jour par aucune investigation judiciaire actuelle ou passée conduite par le parquet de Basse-Terre.
 
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 DE FAUSSES INFORMATIONS PASSIBLES DE 2 ANS DE PRISON ET DE 30 000 EUROS D’AMENDE 

Par ailleurs, le parquet tient à rappeler que la diffusion de fausses informations est sanctionnée par plusieurs textes de loi, sans préjudice de l'application des dispositions de la loi sur la presse sanctionnant la diffamation envers un particulier : selon l’article 322-14 du Code pénal, « le fait de communiquer ou de divulguer une fausse information dans le but de faire croire qu'une destruction, une dégradation ou une détérioration dangereuse pour les personnes va être ou a été commise est puni de deux ans d'emprisonnement et de 30 000 euros d'amende.
Est puni des mêmes peines le fait de communiquer ou de divulguer une fausse information faisant croire à un sinistre et de nature à provoquer l'intervention inutile des secours.
Le Parquet précise enfin que « faire croire à la commission d'un vol à main armée est de nature à caractériser le délit prévu par l'article 322-14 du Code pénal. Les personnes qui relayent ce type d'informations sont susceptibles de faire l'objet de poursuites de ce chef ».

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