SOCIETE

1000 bateaux ont été sinistrés, dont 500 sont destinés à la destruction.
1000 bateaux ont été sinistrés, dont 500 sont destinés à la destruction.

10 millions nécessaires pour relancer la filière nautisme

24 octobre 2017

La Fédération des Industries Nautiques (FIN) était présente à Saint-Martin, la première quinzaine d’octobre pour conduire une mission d’évaluation des dégâts causés par les ouragans Irma et Maria sur la filière des industries nautiques dans la partie française de l’île. Son délégué général adjoint, Guillaume Arnauld des Lions  vient de rendre son rapport. Le constat est sans appel : le filière a besoin de 10 millions d'euros pour se relancer.

1000 bateaux sinistrés à Saint Martin, dont 500 sont réduits à l’état d’épaves ; ce sont 70% des entreprises de la filière qui sont sinistrées. Un triste bilan établi par Guillaume Arnauld des Lions qui a pu rencontrer 50 chefs d'entreprises, mais aussi un grand nombre d'élus locaux, notamment le président Daniel Gibbs, le délégué interministériel à la reconstruction M. Philippe Gustin, ainsi que les représentants de la CCI et du MEDEF, les entreprises de gestion des déchets, des experts d’assurance et les services de l’Etat.
Outre les bateaux, ce sont également toutes les entreprises de la filière qui ont été touchées par l’ouragan Irma : bâtiments démolis, marinas hors d'usage, pontons disloqués, équipements détruits, outillages hors service… Une véritable catastrophe économique pour l’île qui vit exclusivement du tourisme. En effet, l’activité nautique dans la partie française est composée de 68 entreprises qui réalisent un chiffre d’affaires de 95 millions d'euros et emploient près de 400 salariés équivalent temps plein (ETP). Les deux tiers de ces entreprises interviennent dans le domaine de la location de bateaux de plaisance (avec ou sans skipper) et celui des activités nautiques (sport de glisse, plongée…). Les autres entreprises interviennent dans les domaines de la réparation et de l’entretien des bateaux, la vente d’équipement et d’accastillage, le service ou encore la formation.
Ces entreprises nautiques sont localisées autour de 4 ports de plaisance, qui réalisent eux-mêmes un chiffre d’affaires de 7 millions d’euros et emploient 25 salariés.

Un processus d'indemnisation long, inadapté à la situation d'urgence

Malgré ces événements tragiques, la quasi-totalité des entreprises ont la volonté de reconstruire la filière et de redémarrer dès que possible leurs activités. La FIN et tous les professionnels de l’industrie nautique Française souhaitent porter la voix de ces entreprises et les accompagner pour trouver les réponses pour surmonter cette catastrophe au plus vite.
Si une partie des dégâts sera couverte par les assurances, les délais d’expertise et d’indemnisation seront longs, les niveaux de prise en charge souvent insuffisants pour permettre de reconstruire et d’équiper les entreprises à temps pour la prochaine saison. Sans même chiffrer le coût de la flotte sinistrée, les dégâts sur les infrastructures et l’équipement des entreprises sont estimés à près de 18 millions d'euros, les projections de pertes d’exploitation à 40 millions d'euros.

Sans aide d’urgence de l’Etat, la moitié des entreprises va disparaître

L’activité est actuellement au point mort et aucun chiffre d’affaires ne peut être réalisé. Sans une aide d’urgence de l’Etat, la moitié des entreprises n’aura d’autre destin que de disparaître.
Afin de permettre au secteur de passer ce cap difficile et de se reconstruire, la FIN demande l’ouverture d’un crédit exceptionnel de 10 millions d’euros dans le cadre du Projet de Loi de Finances (PLF) actuellement débattu au Parlement.
Cette enveloppe exceptionnelle permettra de pallier les besoins les plus urgents, et notamment : Contribuer aux premières mesures d’évacuation des épaves ; Achat d’outillages et d’équipements de base pour reprendre une partie de l’activité ; Remise en état de pontons, cales et matériels de manutention ; Compenser l’absence ou l’insuffisance d’assurances.

Cette aide d’urgence devra être accompagnée par des dispositifs permettant de maintenir dans l’emploi les salariés formés depuis plusieurs années et expérimentés, de favoriser le redémarrage des activités, de soutenir la trésorerie des entreprises (moratoire, report de charges, etc.)  (Source ActuNautique Magazine)

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