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Reprise économique : A quoi faut-il s’attendre pour les prochains mois ?

Reprise économique : A quoi faut-il s’attendre pour les prochains mois ?

22 mai 2020
La pandémie du Covid-19 et la crise sanitaire qui l’a accompagnée a plongé le monde dans le chaos. Et à l’heure où sont enclenchées les premières phases de déconfinement, de nombreuses inconnues et incertitudes planent pour envisager sereinement une reprise pour l’avenir.
 
Timide réouverture des restaurants
 
Par un accord prématuré du gouvernement à notre encontre, les restaurants ont eu l’autorisation de rouvrir dès lundi dernier. A défaut de protocole sanitaire encore en place, les restaurants de l’Hexagone n’étant toujours pas autorisés à ouvrir, les restaurateurs de la place souhaitant rouvrir leur établissement dès à présent, ce sont employés à mettre en œuvre leur bons sens pour aménager leurs espaces en fonction des règles sanitaires, connues car rabâchées depuis 3 mois. Selon une tournée non exhaustive que nous avons réalisée en ce début de semaine, nous estimons à environ 1 restaurant sur 4 à avoir décidé de rouvrir les portes de son établissement dans le courant de cette semaine. Pour ceux-là, c’est presque un acte d’utilité publique : « Nous estimons que la population a besoin de retrouver une certaine forme d’insouciance et venir déjeuner au restaurant leur offre une bouffée d’oxygène dans ce marasme que nous subissons depuis ces derniers mois… Nous savons que cela va être compliqué, mais pour notre clientèle, nous nous devions d’être présents pour cette réouverture », nous confie Will du restaurant O Plongeoir, à Marigot. Pour d’autres, rouvrir, c’est essayer de sauver ce qui est encore sauvable, bien qu’ils sachent pertinemment qu’ils ne doivent pas s’attendre à des miracles. « Si au lieu de faire zéro nous faisons 30% de notre chiffre d’affaire habituel, cela va nous permettre au moins de couvrir un peu de nos charges courantes. D’autres encore, et ils sont nombreux, ont décidé de ne pas rouvrir avant les mois de juillet ou d’août, voire même d’octobre ou novembre. « Beaucoup de nos salariés mis en activité partielle sont des saisonniers et travaillent en CDD, dont les termes sont en avril, mai ou juin. Nous n’allons pas réembaucher, dans une période autant incertaine », commentent les restaurateurs que nous avons rencontrés.
 
Incertitudes quant à la réouverture des aéroports
 
Et nombreux parmi ceux-là ont une clientèle composée pour majeure partie de touristes. Pour eux, tant que la date de réouverture des aéroports ne sera pas communiquée, et tant que les règles relatives à la quatorzaine ne seront par claires, ils ne prendront pas le risque de rouvrir : « Si nous rouvrons notre établissement, et que finalement on perd plus d’argent en étant ouverts que fermés, est-ce que nous pourrons bénéficier à nouveau des aides nationales mises en place (activité partielle, fonds de solidarité, report des charges et exonération des charges patronales, etc…) ?. Et pour l’heure, rien du côté des informations relatives à la réouverture des frontières. Si certaines compagnies aériennes, notamment Delta Airlines ou encore Air Caraïbes ont annoncé souhaiter reprendre leurs rotations vers Sint Maarten, dès début juin, ces décisions restent corrélées à la réouverture de l’aéroport Juliana.

Quid de la quatorzaine ?
 
En conférence de presse tenue vendredi dernier en préfecture, et interrogée sur le sujet, la préfète Sylvie Feucher indiquait que le sujet n’avait pas encore été abordé entre les autorités compétentes des deux côtés de l’île. Pour la représentante locale de l’Etat, ce qui doit primer c’est la sécurité sanitaire avec le respect d’un protocole strict à l’arrivée des touristes. Certes, mais comment imposer une quatorzaine dans un lieu dédié à des vacanciers ? Et surtout est-ce que ces touristes vont accepter de consacrer une partie de leurs vacances, même si ce n’est que 7 jours, à supposer que la stratégie de « corridor sanitaire » proposée par le secrétaire d’Etat aux Transports, Jean-Baptiste Djebbari, soit celle adoptée ? Et d’autres inconnues encore au sujet des tarifs de l’aérien qui ne devraient pas être en faveur de nos destinations, étant donné le contexte économique dans lequel cette crise les a plongés…
 
En attendant, promouvoir le tourisme régional
 
En attendant que des éclaircissements soient faits et que des inconnues se lèvent sur ces nombreux sujets, l’Office de tourisme de Saint-Martin et son homologue de la partie hollandaise travaillent sur une campagne de promotion régionale, avant la mise en œuvre d’une campagne à l’international. Interrogés sur ce sujet, le président Gibbs et la présidente de l’Office de Tourisme Valérie Damaseau indiquaient « C’est grâce à la consommation locale et au tourisme régional que Saint-Martin pourra trouver son équilibre économique, ces prochaines semaines. Un équilibre qui reste particulièrement fragile mais sur lequel nous allons construire la reprise à court terme de notre économie. Bien entendu, avec une activité touristique tournée vers le marché nord-américain, cela ne suffira pas. C’est pourquoi, nous travaillons sur la reprise du trafic aérien régional - et dans un second temps international - et sur la relance progressive du secteur hôtelier ». Les équipes concernées travaillent en 2 temps : une arrivée de vacanciers en provenance de la région Caraïbe pour la période des vacances d’été, pour le court terme et pour le plus long terme, le retour des touristes en provenance surtout de la France et de l’Europe, pour la prochaine saison, sachant que la clientèle nord-américaine sera sans doute impactée.
En bref, c’est un avenir incertain à tous les niveaux qui se profile, dans un contexte mouvant où chaque décision peut être remise en cause d’un jour sur l’autre.  

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