POLITIQUE

Visite officielle du Président de la République : une valse à deux temps

Visite officielle du Président de la République : une valse à deux temps

02 octobre 2018

La visite du Président de la République Emmanuel Macron ce week-end a été rythmée non pas par les différents points de rendez-vous qui étaient au programme, mais par les ressentis et émotions qui ont fait des montagnes russes.

EMPATHIE ENVERS LES HABITANTS, LA SEMSAMAR DANS LE COLLIMATEUR

La journée de vendredi a été marquée par cette forte empathie qu’a exprimée le Président Macron à l’endroit des habitants de Quartier d’Orléans, en plein cœur d’une résidence appartenant au bailleur social la Semsamar. Emmanuel Macron a déambulé pendant près de quatre heures dans ces logements sociaux aux toitures éventrées et aux terrasses béantes. Visant très clairement les bailleurs sociaux, dont la Semsamar, le Président Macron s’est dit « indigné » de constater les conditions de vie des concitoyens français, un an après le passage de l’ouragan Irma. Renonçant alors aux autres points prévus dans le programme, notamment la rencontre avec les Compagnons Bâtisseurs, la Croix Rouge et autres associations et avec les jeunes sportifs du quartier, le Président a préféré être dans le cœur des préoccupations quotidiennes des habitants, plutôt que d’assister à des représentations protocolaires. Interpellé par les habitants de toute part, l’épineux sujet de la réhabilitation des établissements scolaires a également été au cœur des échanges. 

STRATÉGIE DE COMMUNICATION OU BIEN RÉELLE EMPATHIE

Et le président a martelé à plusieurs reprises au cours de cette après-midi de vendredi : « il y en a assez de cette corruption », indigné là aussi par « les conditions d’accueil inacceptables des élèves de la République » et par tout ce qu’il voyait, entendait, autour de lui. « Corruption ». Un terme fort de conséquences, qui a bien évidemment été immédiatement relayé sur les réseaux sociaux et les médias nationaux, créant quelque peu un amalgame dans les esprits. Amalgame entre la gestion menée par la Semsamar, celle de la Collectivité présidée par Daniel Gibbs et les gestions et les gestions et systèmes de fonctionnement hérités du passé. 
Un premier temps où la question se pose de savoir si le Président Macron menait à bien une stratégie de communication lui permettant de rallier la population à sa cause, alors qu’il savait qu’il était attendu, ou bien s’il était dans la sincérité ? 

APRÈS AVOIR « MALMENÉ » LE PRÉSIDENT GIBBS, EMMANUEL MACRON LUI EXPRIME TOUTE SA CONFIANCE

Toujours est-il que le lendemain, dimanche matin, au cours de la conférence de presse tenue dans l’établissement La Plantation à la Baie Orientale, le Président Macron est longuement revenu sur cet épisode. Si la Semsamar va rester dans le collimateur du gouvernement et de la justice, le Président Macron a mis à mal les pratiques anciennes de clientélisme et de mauvaise gestion, voire de corruption dont a hérité le Président Gibbs. Il a publiquement indiqué que « le Président Gibbs et son équipe avait toute sa confiance ». « Vous avez été élu quelques semaines avant Irma et on ne peut vous reprocher ce qui s’est passé avant. La République non plus n’a pas toujours été à la hauteur de ses devoirs dans le passé vis-à-vis de ses territoires d’outre-mer. Nous sommes tous les héritiers du passé. Ensemble nous allons relever le défi et corriger les errements du passé et l’Etat sera à vos côtés pour faire respecter les règles ».  Une valse à deux temps, donc, certainement minutieusement programmée, qui aura tout de même permis aux médias nationaux d’avoir « le croustillant » qu’ils aiment tant.

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