POLITIQUE

Une exposition qui relie le passé au présent ; à voir jusqu’au 13 mai

Une exposition qui relie le passé au présent ; à voir jusqu’au 13 mai

26 avril 2022
La colonisation des Amériques est un pan de l’histoire quelque peu négligée, alors que les peuples amérindiens furent les premiers à subir ces invasions. Dans les récits, les voix amérindiennes sont minimisées au profit des histoires de conquêtes. S'ensuit une méconnaissance de l’héritage de ces peuples. Grâce aux travaux de recherches menés par les archéologues, on en sait aujourd’hui un peu plus et c’est ce que retrace cette exposition issue d’un projet de recherches international.
ERC-Synergy Nexus 1492, financé par le Conseil Européen de la Recherche, étudie les impacts des rencontres coloniales dans les Caraïbes, le lien des premières interactions entre le nouveau et l'ancien Monde. L’exposition « liens caribéens » est le résultat de ces enquêtes au cœur du passé.
Inaugurée le 21 avril dernier en présence de la sénatrice Annick Pétrus, également présidente de la Mission Locale, devant une assemblée d’élus, du directeur de la culture et de cadres administratifs de la Collectivité, de Thomas Sainte-Luce, président du groupe Pewen et mécène, cette exposition inédite était présentée par Corine Hofman, professeure d’archéologie caribéenne à l’Université de Leiden (Pays-Bas), Katarina Jacobs, archéologue et responsable du Service des collections du musée départemental Edgar Clerc et Irvince Auguiste, ancien chef Kalinago et actuel président de l’organisation des peuples amérindiens de la Caraïbe.
 
Le primitif serait-il de retour ?
 
1492, marque dans l’histoire de la Caraïbe une fracture historique. Avant l’arrivée des « conquistadors », les peuples de la Caraïbe avaient une vie et une organisation bien différentes que l’on pourrait qualifier de primitive. Mais si les petites Antilles, jugées sans ressources et donc de peu d'intérêt ont été délaissées et ont servi de caches pour les résistants, les grandes Antilles ont, elles, eu à subir les effets de la colonisation. Les amérindiens ont alors été désavantagés, ne disposant pas des mêmes droits, ne serait-ce que pour la nourriture qu’ils devaient produire eux-mêmes. L’avantage est qu’ils ont gardé ces automatismes et n’ont pas été intoxiqués par la malbouffe, s’amuse Irvince Auguiste. Plus sérieusement, il remarque que lorsque l’on regarde la réalité du monde d’aujourd’hui, les pénuries, le retour nécessaire à l’agriculture, on est en voie de revenir à ce que l’on appelle des temps primitifs.
Aujourd’hui ce projet archéologique prouve que les amérindiens étaient présents sur toutes les îles de la caraïbe et qu’ils sont toujours là. Pour exemple, en Dominique les Kalinagos sont omniprésents. L’ancien chef Kalinago souhaite que ces différents peuples se reconnectent afin de partager les ressources pour mieux se développer. Il veut aussi croire que ces connections puissent se faire « plus loin » avec les aborigènes de Nouvelles Zélande, d’Australie… C’est la colonisation qui a séparé les peuples. Ils savaient déjà dompter l’océan pour se déplacer entres les îles … les flux migratoires existaient déjà.
 
Une exposition interactive
 
L’exposition met en scène la vie quotidienne d’alors, à travers les essentiels, comme la nourriture, les croyances, les migrations et les voyages, et les échanges. A l’issue de la visite, chacun est invité à laisser par écrit sa propre histoire, poser ses questions ou donner sa définition « d’être caribéen ». Les réponses seront par la suite utilisées à des fins de recherches et intégrées dans la prochaine exposition. « Liens Caribéens » est à découvrir jusqu’au 13 mai dans les locaux de la Mission Locale de Saint-Martin (ancienne école Evelyne Halley derrière la gare routière de Marigot). Entrée libre et gratuite. Plus d’informations sur : www.nexus1492.eu.

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