POLITIQUE

La 3e vice-présidente Annick Petrus s’explique sur ses choix de vote

La 3e vice-présidente Annick Petrus s’explique sur ses choix de vote

17 décembre 2018
Le sujet de l’évolution de la gouvernance de la Semsamar était sensible et le président Gibbs devait pouvoir compter sur une unité au sein de sa majorité. En fait d’unité, et pour la première fois depuis l’élection de cette équipe, des dissensions notoires sont apparues. En effet, au cours de la dernière séance plénière du Conseil territorial qui s’est tenue jeudi dernier, outre la conseillère territoriale Maud Ascent Gibbs qui a voté contre deux délibérations, la 3e vice-présidente, Annick Petrus, a également fait choix à part. Annick Petrus s’est en premier lieu abstenue de voter la délibération portant sur l’évolution de la gouvernance de la Semsamar , puis elle a voté contre la délibération autorisant le président de la Semsamar à se proposer comme PDG à la tête de cette société. La 3e vice-présidente nous livre les raisons qui ont motivé ses choix.

Le 97150 : Madame la vice-présidente, pouvez-vous nous expliquer vos motivations pour vous être abstenue lors du vote de la délibération relative à l’évolution de gouvernance de la Semsamar ?

Annick Petrus : Le fait est certain que ce sujet faisait partie de notre programme politique de notre campagne électorale. Toutefois, il me semble que, eu égard au contexte actuel, et je fais référence à notre situation post-Irma qui implique un territoire fragilisé, cette décision est arrivée prématurément dans le calendrier des décisions. 
Et je pense que de tels changements précipités risquent de perturber le fonctionnement de la Semsamar, alors que le territoire a besoin que les chantiers de reconstruction se poursuivent. C’est la raison pour laquelle je me suis abstenue de voter cette délibération.

Le 97150 : Et pourquoi avez-vous voté contre la délibération portant sur l’autorisation donnée au président de proposer un PDG au Conseil d’administration de la Semsamar ? 

Annick Petrus : A cette question, je répondrai : « qui trop embrasse, mal étreint… ». Je suis en effet opposée à ce projet de placer notre second vice-président comme PDG de la Semsamar qui est une très grosse entreprise. Le VP Yawo Nyuiadzi a en charge un pôle très important, celui du développement économique, qui requiert pour l’heure toutes les attentions et un travail soutenu. Le monde économique va mal et le VP Nyuiadzi doit se concentrer sur ces missions premières qui lui ont été confiées. 

D’autant que ce pôle souffre d’une carence dans ses effectifs administratifs, et pas des moindres, puisque c’est celui de Directeur Général Administratif (DGA). Le VP Nyuiadzi n’a donc pas tout l’appui administratif indispensable pour mener à bien sa mission. Embrasser un nouveau poste à haute responsabilité dans une très grosse entreprise n’est pas judicieux dans ce contexte. J’ai donc voté contre cette délibération.

Le 97150 : C’est une situation inédite depuis que la Team Gibbs a pris la tête de la Collectivité. Pensez-vous que vos décisions puissent déstabiliser ou fragiliser la majorité ?

Annick Petrus : Bien sûr que nous restons unis. Mais vous savez, même si nous appartenons à la même équipe politique, nous sommes avant tout des êtres humains avec des idées qui peuvent diverger. Cependant, on a trop eu l’habitude qu’une même équipe vote tous les sujets d’une seule voix. Avant la réunion du conseil territorial de jeudi dernier, nous avons débattu au sein de la majorité et j’ai exposé mes arguments. Le président qui est un homme d’écoute, les a entendus et je pense qu’il les a compris. Et il a accepté ma décision. 

Le 97150 : En préambule au vote de cette délibération, et souhaitant mettre fin à une polémique superposée à celle de la nouvelle gouvernance souhaitée de la Semsamar, le président Gibbs dans son discours évoquait la stigmatisation faite sur les origines africaines de Yawo Nyuiadzi. Nous le citons : « La TEAM GIBBS a été élue sur la pluralité de sa liste et son programme de développement. Cette pluralité, c’est ce qui fait notre force et notre représentativité. 
Nous n’accepterons pas que l’un de nos membres soit stigmatisé ou que sa légitimité soit remise en cause à cause de ses origines. Saint-Martin est une île multiculturelle, ouverte sur le monde, à l’histoire plurielle, elle se doit d’intégrer sa particularité et d’agir en conséquence ». Qu’avez-vous à répondre ?

Annick Pétrus : A ce sujet, je tiens à être bien claire : les origines du VP Yawo Nyuiadzi n’ont jamais été un problème pour moi.

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Propos recueillis par Valérie Daizey

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