POLITIQUE

Dominique Louisy, 3e VP de la COM : une femme engagée et déterminée

Dominique Louisy, 3e VP de la COM : une femme engagée et déterminée

08 avril 2022
à nouvelle mandature, nouvelles têtes… Le conseil territorial de Saint-Martin élu dimanche dernier compte des noms qui sont restés pour l’heure inconnus dans le monde des élus et de la politique. Il en est ainsi de Dominique Démocrite-Louisy, seule femme de l’exécutif, élue 3e vice-présidente aux côtés du président Louis Mussington. Interview d’une femme engagée de longue date et déterminée.
Le 97150 : Dominique Louisy, vous êtes depuis de nombreuses années incontournable dans le monde de l’éducation, particulièrement au lycée professionnel dans lequel vous exercez, mais aussi en tant que militante syndicale. Elue maintenant pour 5 ans en tant que 3e vice-présidente, pouvez-vous brièvement nous raconter qui vous êtes, votre parcours ?
Dominique Louisy : Je suis en effet, depuis 1982, enseignante de français et d'histoire-géo au lycée polyvalent des Iles du Nord, devenu depuis peu Lycée professionnel Daniella Jeffry. Je suis arrivée à Saint-Martin, alors que j’avais 20 ans, en 1979. J’en ai 64… Faites le calcul… Cela fait 44 ans que je mène ma vie à Saint-Martin, y ai fait ma vie, puisque je suis mariée avec un saint-martinois « pure souche » et ai deux grands enfants. Guadeloupéenne d’origine, j’ai cependant vécu une grande partie de mon enfance France, à Paris, où je suis née. En effet, avec ma famille, nous sommes retournés en Guadeloupe quand j’avais 8 ans, et lorsque j’avais 11 ans, mes parents ont fait le choix de repartir en Métropole. J’ai pleuré, mais j'ai pleuré, et je me suis jurée de revenir chez moi, dans les Caraïbes. J’ai donc suivi dans l’Hexagone toute ma scolarité du secondaire. Mon bac en poche, je me suis essayée à des études de psychologie, puis de droit. Mais je voulais revenir vers chez moi, la Guadeloupe ou ses dépendances. J’ai passé plusieurs concours, dont un avec succès pour entrer à l’AFPA (formation professionnelle pour adultes), qui recherchait un formateur pour Saint-Martin. J’ai obtenu le poste. On était en 1979.
 
Le 97150 : Comment s’est passée votre installation à Saint-Martin ?
D.L : Vous savez, à l’époque, dénommer Saint-Martin comme une Friendly Island n’était pas du galvaudage. Il n’y avait pas de logements, et tous les enseignants ou ceux qui venaient d’ailleurs étaient hébergés chez l’habitant. Tout le monde se connaissait à l’époque… il n’y avait que 8000 habitants… Les guadeloupéens n’avaient cependant pas très bonne presse auprès des saint-martinois, mais ma nature fait que je me suis rapidement intégrée et les saint-martinois m’ont vite considérée comme leur pair. Après une très courte escapade professionnelle en Guadeloupe, où j’ai eu en charge la formation d’adultes handicapés physiques et moteurs, je suis revenue à Saint-Martin où j’avais rencontré mon futur mari, et j’ai intégré le lycée professionnel qui était à l’époque situé en lieu et place de l’école Emile Choisy, à Concordia, en tant que maître auxiliaire. J’ai été titularisée à mon poste en 1986.
 
Le 97150 : On vous connaît également comme fervente militante syndicaliste …
D.L. : En effet, je suis représentante syndicale depuis plus de 20 ans. A l’époque, du temps de la commune, Saint-Martin devait se battre pour tout, car nous ne récoltions que des miettes de la Guadeloupe. Je me suis donc très vite engagée pour défendre l’Education à Saint-Martin, pour que les jeunes de Saint-Martin aient accès aux mêmes droits et aux mêmes conditions que n’importe quel jeune français. Et le combat est loin d’être terminé. C’est pour cela que mon engagement court toujours et avec toujours autant de détermination et aujourd’hui, en tant qu’élue de Saint-Martin, je vais vraiment pouvoir agir dans ce sens et faire en sorte que les choses avancent dans le bon sens.
 
Le 97150 : Justement, votre engagement politique n’est pas nouveau, non plus. On peut considérer que vous êtes une fidèle des fidèles de Louis Mussington, depuis la 1ère heure…
D.L : Tout à fait. Je suis dans le proche entourage de Louis Mussington également depuis une vingtaine d’années. J’ai été dans son premier parti politique, le MAP, puis je l’ai suivi avec le RRR où j’étais déjà sur la liste candidate menée par Alain Richardson pour les élections de 2007, les premières élections de la Collectivité de Saint-Martin. J’étais encore avec lui au MJP. Je suis toujours restée proche de Louis Mussington, car c’est un homme intègre, droit dans ses bottes. Il n’a jamais dérogé à ses idées et idéaux politiques. Je suis aussi comme cela et c’est la façon dont j’envisage la politique.
 
Le 97150 : Quelles vont être vos prérogatives, vos missions à la Collectivité ?
D.L : Cela tombe sous le sens ! Je vais chapeauter la délégation développement humain, et prendre entièrement sous ma coupe le secteur de l’éducation. Au sein de toute notre équipe, notre volonté est de gouverner en collégialité. Dans ma délégation, chaque élu aura la responsabilité d’une branche, l’Education, la formation professionnelle, la jeunesse, le sport, la culture… Mon domaine à moi, inéluctablement, c’est l’éducation et je vais travailler pour que des réponses rapides soient données aux problèmes rencontrés par les différents établissements scolaires. Je veux être à l’écoute des personnels de la communauté éducative qui sont sur le terrain et connaissent mieux que quiconque les problèmes. Et surtout, je veux pouvoir être en mesure d’apporter des réponses rapides, quelles qu’elles soient. Nous devons jouer la transparence la plus totale et notre gouvernance doit donner le ton de la politique générale que nous souhaitons mener et nous devons donner aux administratifs tous les outils pour qu’ils puissent mener à bien les objectifs fixés. Et nous communiquerons régulièrement sur nos avancées.
 
Le 97150 : Quel est votre rêve, votre objectif absolu à l’issue de ces 5 prochaines années ?
D.L. : Je souhaite que la population ait conscience qu’une nouvelle équipe aura été aux commandes pendant ces 5 ans et que les choses ont vraiment avancé. Nous ne sommes pas des magiciens, mais notre leitmotiv à toute notre équipe est d’améliorer les conditions et la qualité de vie de l’ensemble des concitoyens, et je souhaite sincèrement qu’à l’issue de cette mandature, la population reconnaisse qu’un beau travail aura été entrepris. Il y a beaucoup de travail à faire, mais je ne suis pas là pour me tourner les pouces. Je serai à la retraite de l’Education Nationale au mois de juin prochain, et dès lors, je vais consacrer tout mon temps à cette mandature.
 
Le 971501 : Merci Dominique Louisy. Et pour conclure cet entretien, pouvez-vous vous définir en trois mots ?
D.L. : Sans hésitation : je suis déterminée, honnête et empathique.

Propos recueillis par Valérie Daizey

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