POLITIQUE

La première réunion du COTECH, tenue mardi dernier au Lycée professionnel de Concordia,  a réuni une soixantaine de personnes.
La première réunion du COTECH, tenue mardi dernier au Lycée professionnel de Concordia, a réuni une soixantaine de personnes.

Réunions de concertation du COTECH : présenter à l’Etat des éléments tangibles

13 septembre 2019
C’est un calendrier serré qu’a fixé la Collectivité pour organiser cette approche de concertation réunissant des techniciens, des professionnels et la population. Les COTECH, desréunions de travail qui doivent être force de propositions pour transmettre à l’Etat, avant la clôture de l’enquête publique, un contre-projet de PPRn. La première réunion a eu lieu mardi, et la seconde hier soir.

Exercice de taille : parvenir, dans un temps et un délai restreints à tirer des propositions concrètes et tangibles, à partir des retours d’expérience de chacun. Ce sont 8 réunions de 2 heures qui sont prévues d’être tenues avant le 18 octobre prochain. Le danger étant que les débats au sein de ces réunions du COTECH évoluent autour de « ce qui s’est passé » plutôt que d’aller vers « ce qu’il faudrait pour éviter que cela ne se reproduise ». Des techniciens de toutes branches (architectes, ingénieurs, professionnels du bâtiment…), mais aussi des professionnels du tourisme présents dans les réunions écoutent et réfléchissent à des solutions tangibles à proposer, l’objectif étant de produire un document qui fera office de contre-projet au PPRn acté et mis en application par anticipation par l’Etat depuis le 6 août dernier.
 
Pas d’études d’impacts réalisées avant la mise en place du PPRn
 
Ainsi, au cours de la première réunion du COTECH tenue mardi dernier, qui avait pour thème « Aménagement du territoire et développement durable », en recentrant les débats, plusieurs pistes intéressantes ont pu émerger. Françoise Troplent, architecte et consultante au sein du Conseil d'Architecture, d'Urbanisme et de l'Environnement (CAUE), expliquait que selon elle, « le PPRn révisé en l’état est trop directif dans ses prescriptions et semble inquiétant pour l’avenir socio-économique de l’île ». Elle proposait mardi soir plusieurs pistes : « étudier la possibilité d’aider les populations les plus démunies à réduire la vulnérabilité de leurs habitations situées dans les zones rouges, ce qui leur permettrait d’y rester.
Faire par exemple des études des sols et reconstruire les bâtiments en fonction ». Elle expliquait par ailleurs, que dans d’autres régions, notamment en Guadeloupe, les collectivités publiques avaient procédé au rachat de propriétés vacantes dans des zones qui n’étaient pas exposées aux risques, et mis en place des systèmes d’incitation à investir à l’endroit d’opérateurs immobiliers. Comme argument opposable au PPRn mis en place par l’Etat, Françoise Trolent relevait qu’aucune étude d’impacts n’avait été réalisée par l’Etat, notamment au regard des impacts socio-économiques sur le territoire saint-martinois. Des propos également argumentés par un autre citoyen, Christophe Henocq, qui propose de réaliser une étude sur le coût des pertes d’emplois consécutives aux prescriptions de l’Etat : Qui devra verser les indemnités dues pour ces pertes d’emploi ? C’est l’Etat. Cela risque de lui coûter encore plus cher ! ».
 
Construire des digues de protection du littoral
 
Franck Viotty, entrepreneur du bâtiment, évoquait quant à lui la mission régalienne de l’Etat d’assurer la protection des populations : « L’Etat doit accepter de mettre les moyens pour assurer la protection des populations. En construisant des digues venant protéger le littoral, on l’a vu, c’est efficace, contre la submersion marine. L’Etat doit assumer son rôle, plutôt que de demander aux populations de prendre financièrement à leur charge des aménagements qui ne nous semblent pas censées ou encore de quitter les terrains qui sont pour la plupart des terrains familiaux ».
 
Suicide économique de l’île
 
« On va créer le suicide économique de l’île en empêchant toute construction sur le littoral. Nous sommes une île touristique et le littoral représente un outil de travail. Il y a des solutions techniques de construction qui existent », explique encore une autre architecte présente dans le débat.
A l’issue des 8 réunions du COTECH, les pistes jugées intéressantes et réalisables seront retenues et viendront alimenter le contre-projet de PPRn que la Collectivité soumettra à l’Etat.
 
Un sondage en ligne
 
Parallèlement et dans le même objectif, la Collectivité a mis en place un sondage en ligne sur le Système d’information géographique (SIG) de la Collectivité de Saint-Martin, via le lien suivant : https://arcg.is/1SWHDq auquel chaque citoyen peut participer.
Le questionnaire peut être renseigné en ligne mais aussi lors des réunions des Comités Techniques (COTECH) où deux agents de la collectivité seront chargés d’enregistrer les témoignages, sur tablette numérique, une demi-heure avant le début de la réunion. 
 
Pour rappel, les deux prochaines réunions du COTECH se tiendront mardi 17/09, à 18h30 au collège de Quartier d’Orléans et jeudi 19/09, même horaire à l’école primaire Aline Hanson (Sandy Ground).
 

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