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Violences au lycée : un parent d’élève condamné

Par Sunita Mittal
10 Mars 2026

Le 17‭ ‬septembre 2024‭, ‬M‭. ‬C‭. ‬a frappé son fils L.C‭., ‬alors âgé de 16‭ ‬ans‭, ‬dans l’enceinte de son établissement scolaire‭. ‬Poursuivi pour violences sur mineur par ascendant‭, ‬il comparaissait devant le tribunal de Marigot le 5‭ ‬mars dernier‭.‬

Les faits font suite à un signalement de l’infirmière scolaire du lycée. Un jour de classe, lors d’une visite à l’infirmerie, celle-ci découvre sur l’élève une somme d’argent jugée inhabituellement importante pour un adolescent au lycée. L’équipe pédagogique est alertée et convoque L.C. ; celui-ci indique d’abord que cet argent est destiné à l’achat de manuels scolaires, avant de reconnaître en avoir prélevé une partie dans les affaires de sa grand-mère maternelle. Le père, M.C., et la grand-mère sont alors appelés sur place.

Une scène de violence‭ devant témoins

Selon les témoignages de l'équipe éducative recueillis séparément en audition, M. C. a giflé son fils au visage — provoquant la chute de ses lunettes —, l’a saisi par les cheveux, l’a traîné hors de la pièce, puis lui a porté plusieurs coups de poing au visage. Quatre adultes sont intervenus pour le maîtriser. Un certificat médical établi dans la foulée conclut à une incapacité totale de travail d’un jour. Devant le tribunal, M. C. a reconnu avoir donné plusieurs gifles, mais a contesté la nature des autres coups. Il a justifié sa réaction par l’attitude de son fils, qu’il a jugée désinvolte et provocatrice. « Son attitude était insolente, ça m’a énervé », a-t-il déclaré à la barre.

Une histoire familiale fracturée

L.C. est âgé de 17 ans au moment de l’audience. Il vit chez sa grand-mère maternelle depuis les faits. Sa mère est décédée alors qu’il avait quatre ans. L’association France Victimes 978, désignée pour le représenter, a indiqué que le jeune homme avait refusé un suivi psychologique et décrivait lui-même ses relations avec son père comme « chaotiques ». À l’audience, M.C. a tenu à replacer les faits dans un contexte plus large. Il a affirmé n’avoir jamais eu de problèmes avec son fils auparavant, mais que ce dernier dérape depuis quelque temps : mauvaises fréquentations, démêlés avec la justice, comportement de plus en plus difficile. Il a confié se sentir aujourd’hui “dépassé par la situation”, ne plus savoir comment intervenir pour remettre son fils dans le droit chemin, et avoir “le sentiment de n’avoir plus aucune prise sur lui”. Au vu de son casier judiciaire, la procureure de la République avait requis une peine de huit mois d’emprisonnement avec sursis, soulignant que les violences avaient été commises sans retenue devant plusieurs membres du personnel de l’Éducation nationale. Après délibéré, le tribunal a déclaré M.C. coupable des faits qui lui étaient reprochés et l’a condamné à six mois d’emprisonnement avec sursis simple. L’affaire a été renvoyée au 5 mai 2026 pour la fixation des intérêts civils. 

Sunita Mittal