JUSTICE

Une femme accusée de violences sur une militaire lors d’une manifestation contre la vaccination

Une femme accusée de violences sur une militaire lors d’une manifestation contre la vaccination

24 juin 2022
Une employée du centre hospitalier était jugée devant le Tribunal pour violences sur une personne dépositaire de l’autorité publique. On lui reproche d’avoir agressé une militaire lors d’une manifestation contre l’obligation vaccinale des soignants en septembre dernier.
Les faits remontent au 22 septembre 2021 à 7 heures du matin. Du personnel de l’hôpital manifeste devant l’établissement pour protester contre l’obligation vaccinale des soignants. Les manifestants sont couchés sur la chaussée et bloquent l’entrée. Des militaires de la gendarmerie nationale sont présents et tentent de libérer l’accès à l’hôpital car un véhicule de secours veut passer. Selon les gendarmes, les manifestants refusent de laisser passer le véhicule et un mouvement de panique saisit la foule l’espace d’un instant. Une femme aux cheveux courts et roses, enceinte et tenant un bâton à la main, « devient agressive », rapportent les gendarmes. Un manifestant intervient et le calme revient.
Dans sa déposition, l’une des gendarmes accuse la femme aux cheveux roses, C.P., de l’avoir saisie au cou. L’un de ses collègues confirme avoir vu des marques sur son cou après le mouvement de foule. Le certificat médical fera état de « dermabrasion suite à une tentative de strangulation ». Entendue par les gendarmes, la manifestante nie les faits et indique « ne pas être quelqu’un de violent ». Devant le Tribunal jeudi dernier, elle a clamé à nouveau son innocence. Son avocate a demandé le visionnage d’une vidéo prise par un témoin, « significative de l’altercation », selon elle. « Il y a eu une agitation mais il n’y a pas eu de faits de violence », a-t-elle assuré. « Ma cliente est arrivée avec un bâton pour l’aider à marcher car elle était enceinte, elle ne l’a pas utilisé ». La vidéo, sans identification et non datée, n’ayant pas fait l’objet d’un dépôt comme preuve au stade de l’enquête, le Tribunal a refusé qu’elle soit visionnée pendant l’audience. « Il est fréquent que des preuves n’apparaissent pas dans le dossier, et que les gendarmes écrivent ce qu’ils veulent dans les procès verbaux », a estimé l’avocate, qui a demandé un complément d’information pour que soit respecté « le principe du contradictoire ». Elle a également demandé 800€ de dommages et intérêts pour sa cliente.
 
Réquisitions et défense
 
« Je n’ai pas de difficultés avec les éléments à décharge », lui a répondu la vice-procureur, « mais voici les seuls éléments objectifs que nous avons : le déclaration de la victime, les témoignages des gendarmes et le certificat médical. La vidéo quant à elle n’est pas horodatée, on ne sait même pas si elle montre la scène litigieuse ou pas. Et nous avons pu la visionner, elle montre simplement Madame énervée et vociférante envers les gendarmes ». La Vice-Procureur a requis un stage de citoyenneté de maximum 3 jours à effectuer dans un délai de 6 mois.
L’avocate de la prévenue a fait lecture de plusieurs témoignages de manifestants, indiquant que les gendarmes avaient été agressifs et que la bousculade venait de leur part, certains allant jusqu’à dénoncer une agression des forces de l’ordre sur leur collègue. « Je m’étonne d’ailleurs, vu la gravité des faits dénoncés, que ma cliente n’ait pas été arrêtée », a fait remarquer l’avocate. « Elle a été entendue seulement deux semaines plus tard ». Considérant qu’il y a « un doute, qui doit profiter au prévenu », l’avocate de la défense a plaidé pour la relaxe. La demande de complément d’information a été refusée et le jugement a été mis en délibéré au 1er septembre. A.M.

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