JUSTICE

Scandale au tribunal

Scandale au tribunal

20 novembre 2020
Le tribunal voit défiler chaque semaine son lot de prévenus, de victimes, dans des affaires plus ou moins graves. Certaines sont parfois assez croustillantes, d’autres sont le reflet d’une détresse sociale dans un contexte compliqué ; souvent sur fond de violence.
 
Croustillante comme ces deux femmes, rivales, qui convoitent le même homme et règlent leurs comptes à coup de rayures sur le capot respectif de leur voiture. La première porte plainte, mais sa plainte est restée sans suite à ce jour, la seconde fait de même, ce qui donne lieu à une comparution. Chacune veut récupérer « son homme ». L’accusée, mère de deux enfants avec le monsieur en question, affirme que le litige est en passe d’être résolu puisqu’il a réintégré la maison. La plaignante affirme elle aussi qu’ils vivent ensemble. Le Monsieur n’était pas présent pour indiquer pourquoi il ne peut choisir entre les deux, et surtout avec laquelle il vit réellement. L’inscription à coup de clé sur le capot vaudra à son auteure des amendes de 400 € en guise d’avertissement, de 150 € pour préjudice moral et le remboursement des frais de réparation de la voiture pour 339 €. Une peine qui ne pourra pas pour autant résoudre un problème visiblement récurrent.
 
Hystérie et injures
 
Dans les autres dossiers instruits par le tribunal mercredi dernier, une affaire était, elle, autrement plus dramatique et compliquée. Elle impliquait également deux femmes. La prévenue, MC comparaissait pour violence sur sa voisine, PL, ayant entraîné une ITT de cinq jours. Depuis les faits, survenus le 2 avril dernier, les deux femmes sont devenues amies, comme en atteste la lettre de PL adressée au tribunal. Absente à l’audience, elle confirme cette nouvelle amitié et souhaite retirer sa plainte. Tout comme MC qui elle aussi a adressé un courrier pour retirer sa plainte car « son amie » va mieux depuis qu’elle a arrêté le crack. Mais au simple énoncé des faits, MC intervient de manière virulente, interrompant la juge, estimant anormal d’être poursuivie. Malgré tout, la juge précisera les faits : la plaignante s’est approchée du squat ou vit MC. Cette dernière lui demande de « dégager » et devant son refus en viendra aux mains, la tirant par les cheveux, etc. Les gendarmes prendront des photos attestant de multiples blessures aux mains, bras, dos et jambes. Lors de son audition à la gendarmerie MC tiendra des propos haineux à l’encontre de PL, affirmant « je déteste les putes ». Au rappel de ses actes MC, incapable de se maitriser, quitte la salle en criant.
Moment dont profitera la juge pour resituer le contexte de cette affaire et résumer le passé douloureux de la victime ; son frère, puis sa mère ont été assassinés à Saint-Martin en 2016 et MC occupe depuis la maison du commanditaire du double meurtre. D’autres procédures, toujours pour violences, sont par ailleurs en cours à l’encontre de MC.
Le procureur estime que la prévenue s’est déchaînée sur la victime et que la relation entre les deux femmes est toxique. Il requiert une amende de 600 € et une interdiction de port d’arme pendant cinq ans.
Le tribunal au moment de prononcer sa sentence sera à nouveau interrompu par MC qui refait irruption dans la salle d’audience en vociférant qu’elle préfère qu’on la mette en prison. Dans son hystérie, elle enchaînera avec une litanie d’injures à l’encontre des trois magistrats présents. Il faudra l’intervention de la sécurité pour la faire sortir définitivement du palais de justice.
Le tribunal la déclare coupable pour le chef d’inculpation du jour et suivra le réquisitoire du Ministère public pour la peine. Son attitude lors de cette audience lui vaudra d’être interpellée à sa sortie du tribunal et placée en garde à vue dès mercredi soir pour outrage à magistrats. Le parquet a décidé de la poursuivre et elle devrait donc se retrouver d’ici peu à nouveau devant la justice. 
 

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