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Sport et handicap : comment concilier les deux sur le territoire ?

Par Ann Bouard
22 Septembre 2026

Dans le cadre du SXM Inclusif Sport 2026‭, ‬le Comité Territorial Olympique de Saint-Barthélemy et Saint-Martin‭ (‬CTOS SBSM‭) ‬a organisé trois journées consacrées au parasport‭, ‬au sport adapté et au sport-santé‭. ‬L’occasion d’aborder le handicap sous le prisme de l’activité physique‭, ‬de haut niveau ou de loisir‭, ‬sur un territoire où rien n’est encore vraiment adapté‭.‬

Durant trois jours, les actions se sont succédé, avec les enfants, avec les adultes, dans des structures dédiées aux athlètes comme le CEES, ou dans celles qui accueillent des jeunes en situation de handicap comme l’IME, ou encore lors de la journée nationale du sport scolaire avec l’UNSS. En présence de trois athlètes de haut niveau, en fauteuil, l’objectif de ces rencontres était de faire évoluer les mentalités pour que le handicap ne soit plus considéré comme un obstacle. Mais les obstacles sont ailleurs : infrastructures du quotidien comme sportives non adaptées, absence de trottoir pour les personnes en fauteuil, pas de véhicule de transport PMR, etc. Tous ces freins ont fait l’objet d’une table ronde, en clôture des actions vendredi 18 septembre au Grand Case Beach Club, en présence d’une vingtaine d’acteurs du sport, du handicap, de l’Éducation nationale, et du secteur médico-social. L’objectif ? poser les bases et évoquer les prémices de potentielles solutions pour rendre la pratique sportive plus accessible et plus inclusive.

Trois athlètes, trois parcours

Alex Adélaïde (JO 2016 à Rio en para athlétisme et JO 2024 de Paris en para haltérophilie, vice-champion d’Europe 2026 de développé couché), Yoan Lamart (champion de France para haltérophilie, 5e au championnat d’Europe), Maki Telemake (champion du monde WBFC de karaté Shindokaï) sont trois athlètes de haut niveau. L’un est handicapé de naissance, le second l’est devenu suite à un accident de la circulation et le troisième, lui aussi accidenté de la route en cours de convalescence, pourra retrouver l’usage de ses jambes. Pourtant leurs témoignages se rejoignent. Ils ont connu les cours d’EPS où l’enfant en situation de handicap ne peut être que spectateur, les classes où « les conditions d’accueil ne sont pas réunies », la difficulté d’allier vie professionnelle, entraînements, récupération… et vie de famille. Ils sont les premiers à vouloir changer le regard sur le handicap dans le sport.

Un chemin semé d’embûches

En 20 ans les choses sur le territoire ont cependant évolué grâce aux structures comme OVE Caraïbes (émanation de l’association Tournesol), mais aussi à des enseignants en activité physique adaptée, des associations comme Handynamique ou des associations sportives dont les éducateurs et les bénévoles se mobilisent. Malgré tout, si le mouvement sportif a un rôle essentiel à jouer dans cette évolution, les associations ne peuvent tout porter. Elles peuvent effectivement à leur échelle, contribuer à ouvrir davantage la pratique, adapter l’accueil, faire évoluer les habitudes et permettre à de nouveaux publics de trouver leur place dans le sport. Mais le nerf de la guerre reste les finances pour pouvoir former les éducateurs, acheter le matériel adéquat, transporter ces publics spécifiques.
Monter une ligue handisport, comme le souligne Thierry de Saint-Auret (Caribbean Karaté Oyama et coach de Maki Telemake) serait déjà un bon début. Réfléchir à des moyens de développer une offre durable et inclusive à Saint-Martin passe forcément par les associations. Le CTOS se propose de réunir les porteurs de projets pour les accompagner dans la recherche de fonds, de faire remonter leurs problématiques au CNOSF.
Sophie Darrigade, directrice des sports de la Collectivité propose – et l’idée fait consensus autour de la table – de partir de la pratique du sport adapté avant d’envisager le haut niveau, en réfléchissant aux activités qui peuvent être proposées, et de développer le ticket sport pour ces publics.
Conclusion, il faut que les associations qui souhaitent œuvrer en ce sens se fassent connaître pour ensuite travailler ensemble. Cette table ronde était une première étape, reste à concrétiser les idées.  

Ann Bouard