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Marie-Noëlle Jardon : l’interface entre la gendarmerie et les partenaires sociaux

Par Ann Bouard
6 Octobre 2026

Marie-Noëlle Jardon a été nommée intervenante sociale en gendarmerie‭ (‬ISG‭) ‬ce vendredi 2‭ ‬octobre‮ ‬‭; ‬un poste clé qui assure le lien entre les victimes de violences et les différentes institutions qui peuvent les accompagner‭. ‬Cette réouverture de poste a été‭ ‬rendue possible grâce à une convention tripartite entre la Préfecture‭, ‬la Gendarmerie et Trait d’Union‭ - ‬France Victimes‭.‬

On enregistre un fait de violence conjugale par jour à Saint-Martin. Au 1er semestre 2026, les violences intrafamiliales (VIF) représentent 35% des faits sur le territoire dont 26% de violences conjugales. Si l’on ajoute les coups et blessures, cela représente la moitié des violences constatées sur l’île (et il y a celles qui ne le sont pas). Autres chiffres qui interpellent, 24% des viols et des violences sexuelles sont commis au sein même des familles ; quatre nouveaux cas de violences sexuelles sur mineurs ont été traités par la brigade de Marigot sur la seule dernière semaine de septembre. Le phénomène n’est pas spécifique à Saint-Martin, les violences sexuelles sont en augmentation au niveau national (+15%), tout comme les viols ou tentatives de viol (+15%) sur la même période.
Toute la difficulté, après le dépôt de plainte, est de pouvoir orienter les victimes vers les personnes aptes à les prendre en charge et surtout à les accompagner dans un parcours parfois très compliqué. C’est le rôle de l’intervenant social en gendarmerie.
Ce poste existait jusqu’en novembre 2025 mais avait été supprimé faute de financements. Saint-Martin était ainsi devenu le seul territoire de France à ne plus avoir d’ISG. Grâce à l’action de la Préfecture, qui sur plusieurs dispositifs d’État finance 45 000 € sur les 50 000 € que représentent le salaire et les charges sociales du poste au sein de France Victimes et à la gendarmerie, qui met à disposition les locaux de la Maison de Protection des Familles (MPF), le poste a pu être à nouveau pourvu.
La convention triennale de partenariat (2026-2029) a été signée le 2 octobre par Cyrille Le Vély, préfet de Saint-Barthélemy et Saint-Martin, le lieutenant-colonel Hugues Loyez, commandant de la gendarmerie et Olivier Canale-Fatou, directeur de l’association Trait d’Union - France Victimes 978.

Une mission essentielle

Le dispositif, qui agit également sur la prévention, est indispensable sur le territoire. La suppression du poste en fin d’année dernière avait eu un effet immédiat notamment sur la fréquentation de la Maison des Femmes, faute d’orientation. Marie-Noëlle Jardon, qui avait occupé ce poste de 2023 à 2025, reprend donc ses fonctions et officiera désormais dans les locaux de la MPF, une entité de la gendarmerie aménagée pour que les victimes se sentent à l’aise.
Sa mission consiste donc à assurer la prise en charge sociale des personnes vulnérables, des mis en cause ou des victimes de VIF en les informant et en les orientant vers les structures adaptées en lien avec les services sociaux de la Collectivité. Des réunions hebdomadaires sont planifiées avec les deux gendarmes qui officient à la MPF et le travail se fait également au sein de l’équipe de France Victimes. L’objectif est de pouvoir offrir un accompagnement pluridisciplinaire à toutes les victimes. Elle interviendra également une à deux fois par mois à Saint-Barthélemy.

Ann Bouard