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« Comprendre avant de juger » : une journée de sensibilisation contre les LGBTQIA+phobies

Par Ann Bouard
18 Mai 2026

Trois groupes d’une petite quinzaine de personnes ont participé dimanche aux ateliers de danse proposés par l’association SAFE, seule association LGBTQIA+ active à Saint-Martin et Saint-Barthélemy. Une initiative organisée à l’occasion de l’IDAHOT, la Journée internationale contre l’homophobie, la transphobie et la biphobie, afin de sensibiliser le public aux discriminations liées au genre ou à l’orientation sexuelle.

A l’occasion de cette journée internationale - (LGBTQIA : Lesbienne, Gay, Bisexuel(le), Transgenre, Queer ou en questionnement, Intersexe, Asexuel(le), aromantique ou agenre) - l’association SAFE avait misé sur l’expression corporelle, la créativité et le dialogue. Trois atelies de danse, animés par des danseurs et chorégraphes professionnels, ont été proposés au Grand Case Beach Club, suivis d’une table ronde sur les questions de diversité, d’inclusion et de lutte contre les discriminations.

Plus difficile aux Antilles ?

L’association regroupe aujourd’hui une cinquantaine d’adhérents. Un chiffre modeste qui illustre aussi la difficulté à évaluer précisément le nombre de personnes concernées sur le territoire, tant les questions liées à l’orientation sexuelle ou à l’identité de genre demeurent encore taboues dans certaines familles et certains cercles sociaux. Par l’intermédiaire de son réseau de membres, SAFE propose un hébergement solidaire aux personnes se retrouvant en difficulté au sein même parfois de leur famille. Une convention a notamment été signée avec l’association FLAG. Cette dernière rassemble principalement des policiers, gendarmes, agents publics et personnels de sécurité engagés dans la lutte contre les discriminations liées à l’orientation sexuelle ou à l’identité de genre. 

Elle se mobilise dans l’accompagnement des victimes, la sensibilisation des forces de l’ordre et la formation sur les questions de discrimination. Chaque année à Saint-Martin, Safe vient en aide à au moins deux personnes confrontées à des situations d’urgence.

D’autres questions se posent, comme l’accompagnement des personnes transgenres qui est inexistant sur le territoire. Pour entamer un parcours de transition, la plupart doivent se rendre dans l’Hexagone, durant deux ans pour bénéficier du parcours de transition avec une prise en charge complète des soins s’il est fait dans le public. 

Faire progresser l’égalité LGBTI en Europe 

Les initiatives dans le monde sont nombreuses, mais la mobilisation des politiques est nécessaire pour faire bouger les choses. Accueilli par le Danemark en coopération avec le Conseil nordique des ministres et coorganisé avec le Conseil de l’Europe, l’édition 2026 du Forum européen IDAHOT+ sera placée sur le thème « Faire progresser l’égalité LGBTI : relever les défis et façonner l’avenir en Europe ». Il sera suivi, les 20 et 21 mai, par la réunion à Copenhague du Comité d’experts du Conseil de l’Europe sur l’orientation sexuelle, l’identité et l’expression de genre et les caractéristiques sexuelles. Ce comité poursuivra ses travaux intergouvernementaux, y compris la finalisation du projet de Stratégie du Conseil de l’Europe pour les droits des personnes LGBTI (2027–2032), et contribuera à l’élaboration d’une approche plus structurée et tournée vers l’avenir en matière d’égalité.

Créée à Sint Maarten avant de s’implanter à Saint-Martin, l’association SAFE agit également depuis près de 18 mois à Saint-Barthélemy. Si elle ne dispose pas encore de local sur les îles du Nord, elle organise tout au long de l’année des actions itinérantes de sensibilisation et des temps d’échange destinés à favoriser le dialogue et la rencontre.

Elle sera de nouveau mobilisée le 11 octobre prochain à l’occasion du « Coming Out Day », puis, comme l’année dernière, le 22 novembre pour la journée internationale de lutte contre les violences sexistes et sexuelles en partenariat avec l’association Nous Toutes. Tout au long de l’année, elle propose également des apéros-débats et développe un volet consacré à « l’éveil à la citoyenneté », avec pour objectif de favoriser la compréhension mutuelle et le vivre-ensemble.                  

Ann Bouard