Décharge saturée et reprise temporaire des dépôts
Dès 8h sur le parking de Galisbay, puis devant la préfecture à 10h15, les transporteurs et l’association du BTP ont manifesté mardi 28 juillet contre la fermeture du site de Grandes Cayes. Depuis le 11 juillet, les professionnels ne peuvent plus déposer leurs déchets, paralysant de nombreuses entreprises et chantiers sur l’île.
« On n’arrive plus à fonctionner », s’exclame Éric Kubka, de la société Diligence Express. Son entreprise loue et collecte des bennes avant d’acheminer les détritus à la décharge. Depuis quinze jours, tous ses parcs sont pleins. « Ça déborde. Les clients sont sur notre dos, certains sont à deux doigts de nous insulter », témoigne l’entrepreneur. Les transporteurs et professionnels du BTP assurent avoir alerté la Collectivité et les services de l’État. Pour eux, la saturation du site de Grandes Cayes n’est pas une surprise. « La décharge ne s’est pas remplie en vingt-quatre heures. Ceux qui commandent sont censés prévoir », dénoncent-ils. Les professionnels reprochent également aux autorités de poursuivre la collecte des ordures ménagères alors que leurs propres déchets sont refusés. « Soit on accepte les déchets pour tout le monde, soit pour personne », ont-ils martelé. En effet, si le site de Grandes Cayes n’accepte plus les détritus des professionnels depuis le 11 juillet, le 13 juillet la collecte des ordures ménagères, gérée par la Collectivité, a quant à elle repris. Ces déchets sont alors stockés sur une zone temporaire non conforme au sein de la décharge.
Une saturation connue à l’avance
Le 10 juillet, la société Verde SXM, prestataire de services pour la Collectivité sur le site de Grandes Cayes, annonce la saturation de son dernier casier d’enfouissement étanche, le Casier 10. L’entreprise Verde rappelle que l’exploitation du site est soumise à une autorisation préfectorale délivrée au nom de la Collectivité. Ce document fixe alors les volumes de dépôts autorisés. « Le Casier 10 a été mis en service en janvier 2025. À cette date, nous savions que nous avions un an et demi avant qu’il ne soit rempli », affirme Maxime Arnal, directeur de Verde SXM. Ce dernier dit également ne pouvoir poursuivre l’exploitation du Casier 10 sans autorisation, sous peine de poursuites pénales. De plus, suite à la fermeture du site aux professionnels, trois de ses salariés ont été placés en activité partielle depuis le 27 juillet.
Une reprise sur une zone non réglementaire
Mercredi 29 juillet, plusieurs réunions entre la préfecture, la Collectivité, Verde et les représentants des transporteurs ainsi que du BTP ont permis d’évoquer des solutions temporaires. Un entreposage des déchets sur une zone située à l’ouest du Casier 10 a notamment été évoqué. Toutefois, à ce jour, aucune autorisation n’a été délivrée pour permettre la reprise du stockage des déchets. Dans l’attente d’un arrêté préfectoral, la Collectivité a décidé d’ouvrir aux professionnels la zone non réglementaire déjà utilisée pour l’entreposage des ordures ménagères. Sur ce site non sécurisé, des sous-traitants de la Collectivité, indépendants de Verde SXM, assurent actuellement l’entreposage des déchets.
Jusqu’à quatorze mois de travaux
Gérée par la Collectivité, la décharge de Grandes Cayes doit voir sortir de terre un nouveau casier de stockage, le méta-casier. Une zone conforme à la réglementation en vigueur. « La mise en service et les travaux du méta-casier doivent être effectués dans les 14 prochains mois », affirme Laurent Guillaume, directeur du département de la transition écologique de la Collectivité. Selon lui, certaines parties du méta-casier pourraient toutefois être livrées avant la fin des travaux, « Nous pourrons alors entreposer progressivement les déchets dans des zones réglementaires ». Pour leur part, les transporteurs et professionnels du BTP attendent aujourd’hui une solution pérenne. La reprise des apports sur une zone non réglementaire permet de desserrer temporairement l’étau, mais elle ne règle pas la saturation de la décharge, ni les difficultés liées au traitement des déchets à Saint-Martin.