Conseil territorial : quand il faut rendre des comptes
Le conseil territorial du 27 juin dernier était dans sa globalité consacré aux comptes de la Collectivité. Entre compte de gestion, compte administratif, provisions pour risques, régularisations de provisions et pertes… il fallait avoir un esprit comptable et une calculette en main pour faire la différence entre écritures et réalités financières. Mais ce conseil territorial était avant tout un bilan, le dernier de l’actuelle mandature.
Comme l’a indiqué le Président Mussington en préambule de la séance, cette séance était particulière car elle présentait les derniers comptes de sa mandature : « Il marque une étape importante qui permet de regarder avec lucidité le chemin parcouru depuis 2022. C’est un exercice de transparence et de responsabilité. Cette année, c’est aussi un exercice de bilan, derrière chaque dépense, il y a un service rendu à la population, derrière chaque recette, il y a une capacité retrouvée de préparer l’avenir ». La présentation, notamment du compte administratif en concordance avec celui établi par le comptable public (compte de gestion), répond à un impératif de transparence et de sincérité budgétaire. Le mot sincérité a d’ailleurs été prononcé maintes fois lors de ce conseil territorial. Il s’agit de la dernière année où les deux comptes sont présentés séparément. À partir de 2026, le compte de gestion sera fusionné avec le compte administratif dans un Compte financier unique (CFU).
Quel bilan ?
En 2025, la Collectivité a enregistré 306 084 645 € de recettes et dépensé 290 312 022 €, soit un excédent global de 15 772 662 €, mais en net recul par rapport à 2024 (+34 M€). Dans les faits, cet excédent résulte des reports de 2024 (+ 11,6 M€) et des restes à réaliser (-8,4 M€). La section de fonctionnement reste excédentaire et la section d’investissement demeure déficitaire compte tenu du niveau d’investissement soutenu, indique le Président.
Pour Louis Mussington, sa mandature a tenu le cap fixé en 2022 à savoir rétablir la confiance dans l’action publique, remettre de l’ordre dans l’organisation administrative, retrouver une gestion rigoureuse, et surtout faire émerger des projets qui améliorent le quotidien des Saint-Martinois. « Nous avons investi et je l’assume pleinement, car l’argent public est fait pour être utilisé à bon escient », a-t-il précisé en faisant la liste des réalisations menées sous sa mandature : rénovation et végétalisation des écoles, réhabilitation de l’ancien hôpital pour accueillir les services du cadre de vie, aménagement de nouveaux bureaux pour la Collectivité, kilomètres d’enrobés sur les routes, collège 900, rénovation de la caserne des sapeurs-pompiers, renforcement de la coopération régionale avec l’adhésion à l’OECO et création de l’Agence foncière. D’autres projets sont toujours en cours : la maison des associations de Grand Case, la MJC de Sandy Ground, les stades Vanterpool et Thelbert Carti (1re pierre en septembre), l’abattoir, le collège 600, les plateaux sportifs de Sandy Ground et de Grand Case, le parking de Marigot, etc…
Pour le Président, saluant le professionnalisme de sa direction des finances et de sa direction générale, tout cela est le résultat d’une gestion responsable. Mais il n’ignore pas que certains indicateurs financiers peuvent susciter des interrogations. Le Président assume : « nos ratios ont évolué, notre capacité d’autofinancement a diminué, car nous avons fait le choix de la sincérité, de la transparence et de la responsabilité », et celui d’assainir certaines situations anciennes ou en intégrant des charges exceptionnelles comme le service territorial d’incendie et de secours (+3,5 M€ de budget et +3 M€ d’anciennes dettes), ou le remboursement de la taxe sur les produits pétroliers (+ 8,3 M€ à inscrire au budget supplémentaire et un risque de 17,1 M€) et la cessation d’activités d’Air Antilles.
Des chiffres assumés par Louis Mussington, car « la sincérité budgétaire n’est pas une faiblesse, c’est une force, la transparence n’est pas un risque, c’est une exigence ». « Une Collectivité ne se juge pas uniquement sur ses comptes mais sur sa capacité à préparer l’avenir, et investir c’est accompagner notre jeunesse, continuer à former nos agents, renforcer notre administration, améliorer les services publics, protéger notre environnement, développer les partenariats régionaux », a-t-il conclu pour résumer le sens de son action depuis 2022. Un discours d’introduction en forme de plaidoyer qui justifie les actions menées, y compris les ratés, et surtout axé sur l’avenir ; la campagne électorale est lancée.
Concernant les dossiers importants du territoire – le coût de la vie, le logement, l’emploi, la sécurité, l’eau, l’énergie – qualifiés « de défis importants à relever » par le Président de la Collectivité, ils n’ont pas été abordés dans ce bilan. Au 31 décembre 2025, le compte de la Collectivité était créditeur de seulement 4,621 M€ avec
2 M€ restant à rembourser.