Choose Outre-mer : accélérer l’investissement et l’emploi
Inspirée de Choose France, la 1re édition de Choose Outre-mer aura lieu le 1er octobre à la Banque de France, à Paris. Souhaité par Naïma Moutchou, ministre des Outre-mer, ce nouveau rendez-vous national réunira chefs d’entreprise, investisseurs français et internationaux, acteurs socio-économiques, dirigeants et talents ultramarins autour d’un même objectif : accélérer le financement des projets et le développement économique des territoires.
Le sommet entend transposer aux territoires ultramarins la mécanique de Choose France, organisé pour attirer les investisseurs. L’objectif est de mieux mettre en avant les potentialités économiques des Outre-mer et de favoriser la concrétisation de projets structurants. Cette première édition sera notamment marquée par plusieurs annonces d’investissements, ainsi que par le lancement d’un fonds à impact doté de plusieurs millions d’euros et dédié aux Outre-mer, selon le communiqué diffusé ce 25 septembre par le ministère.
L’emploi constituera le second grand volet avec un job dating organisé en partenariat avec France Travail et l’Apec, simultanément à Paris et dans cinq territoires : Guadeloupe, Martinique, Guyane, La Réunion et Mayotte. Le nombre d’offres proposées montre les disparités en matière d’emploi entre les territoires : 64 postes à La Réunion, 26 à Mayotte, 27 en Martinique, 14 en Guyane, 11 en Guadeloupe, 2 en Nouvelle-Calédonie et… zéro à Saint-Martin. Une disparité qui se retrouve également, selon les données d’avril 2026 de l’IEDOM, dans le taux de chômage. Saint-Martin enregistre le plus élevé des Antilles françaises : 30,1 % contre 16,9 % en Guyane, 16,8 % en Guadeloupe et 12,3 % en Martinique. Choose Outre-mer intervient donc dans un contexte marqué par des écarts économiques importants, entre les territoires et avec l’Hexagone, mais aussi par une dépendance aux importations qui reste très forte.
Quel intérêt pour les Antilles ?
Le rendez-vous parisien intervient quelques semaines après les 1res Assises économiques des Outre-mer, organisées en juillet par CCI France et l’ACCIOM. Les représentants des territoires ultramarins, des chambres consulaires et du monde économique avaient pour ambition de faire émerger des propositions communes et de nourrir la réflexion nationale sur l’attractivité et le développement économique des Outre-mer, notamment en préparation de ce sommet… Ces propositions annoncées comme réalisables sans budget supplémentaire, certaines ne devant rien coûter, et directement applicables par les entreprises, devaient faire l’objet d’un livre blanc dévoilé en septembre, mais rien n’a été communiqué à ce jour.
De son côté, le gouvernement souhaite changer le regard porté sur les Outre-mer pour attirer les investisseurs, en mettant en avant les atouts stratégiques de trois territoires : le spatial et les ressources naturelles en Guyane, le nickel en Nouvelle-Calédonie, la biodiversité en Polynésie française. On ne peut que constater que dans les annonces faites, ni le tourisme, ni l’économie bleue, deux thématiques dont le développement revient dans tous les discours des acteurs locaux, ne sont à l’ordre du jour. Quand on parle de positionnement du bassin caribéen, cela pose question.
Un volet cependant devrait tout particulièrement intéresser les entreprises du territoire : la réduction des délais de paiement que la ministre a inscrite dans sa feuille de route car, selon elle, cela fragilise les petites entreprises… CQFD ? Mais réduire les délais sous-entend que l’on dispose des finances pour payer.
Dans les bonnes nouvelles, Naïma Moutchou entend également préserver les dispositifs d’allégement de charges de la LODEOM et préparer une loi d’orientation économique destinée à fixer un cap au-delà de 2027. Dans ses tablettes également, le sujet de la vie chère dans les Outre-mer, dont le projet de loi a été déposé au Sénat en juillet 2025 et adopté par les sénateurs le 28 octobre suivant. Cependant, il n’a toujours pas été examiné par l’Assemblée nationale. La ministre a annoncé vouloir relancer son examen à partir de janvier prochain.
Choose Outre-mer devra donc permettre de mesurer la nature et l’ampleur des investissements effectivement annoncés, ainsi que la place accordée à chacun des territoires dans cette nouvelle stratégie défendue par la ministre.