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Air Antilles : combien cela coûte-t-il réellement ?

Par Ann Bouard
29 Juin 2026

Les élus ont pris acte de la liquidation judiciaire d’Air Antilles lors du conseil territorial du 27‭ ‬juin‭. ‬Reste désormais à faire les comptes‮ ‬‭: ‬estimer la dépréciation des actifs et‭ ‬provisionner les risques de pertes dans le budget‭. ‬

La SEM Air Antilles a été créée le 18 octobre 2023 avec un capital social de 2 M€ détenu à 60 % par la Collectivité et à 40 % par la société CIPIM. Elle a ensuite bénéficié de la part de la Collectivité, outre l’apport en capital (1,2 M€), d’une avance en compte courant d’associé (6 M€) et de prêts à hauteur de 13 M€. En mars dernier, une provision pour risque de 1,4 M€ avait été inscrite au budget primitif. Lors du jugement, le passif était bien supérieur puisqu’évalué à 56 M€. Certes, les biens de la compagnie vont être vendus, tout comme les avions, mais cela ne suffira pas à payer les dettes auprès de tous les créanciers. 

16,3 millions envolés

En tant qu’actionnaire, la Collectivité ne peut prétendre à un remboursement de sa participation au capital, sauf à constater un boni de liquidation après désintéressement intégral des créanciers, perspective hautement improbable compte tenu du déséquilibre passif/actif. Il en est de même pour l’avance en compte courant, qui en pratique n’est remboursée qu’une fois tous les créanciers payés.
Sur 13 M€ de prêts consentis, non remboursés par la SEM Air Antilles, en l’absence d’inventaire précis des actifs réalisables (flotte, slots, marque, créances clients), une dépréciation à hauteur de 70 % a été retenue, mais elle pourra être réajustée en fonction des informations communiquées par le liquidateur, et ce jusqu’à 100 %. La Collectivité espère cependant pouvoir récupérer 20 % à 30 % de la somme.
Au final, entre les titres de participation (1,2 M€), l’avance en compte courant (6 M€) qui sera de pure perte et l’estimation de la dépréciation sur les actifs sur l’hypothèse de 70 % (soit 9,1 M€), ce sont donc 14,9 M€ qui restent à inscrire au budget supplémentaire de 2026.
Afin de mener à bien cette procédure, la Collectivité fera appel à un avocat-conseil spécialisé en droit des procédures collectives… un coût supplémentaire sur ce dossier ! Le Président Louis Mussington sera tenu d’informer régulièrement les élus de l’avancement de la procédure de liquidation et de l’évolution du risque financier à supporter par la Collectivité.
Seule bonne nouvelle, des discussions seraient engagées avec les services de l’État afin de négocier la mise en place d’une obligation de service public sur la destination, sur le modèle de la desserte de la Corse avec, le cas échéant, une compensation de l’État.

Ann Bouard