Thibault Poret, street photographe
Perché sur les toits de Montréal ou arpentant les rues de Saint-Martin, Thibault Poret a développé une passion pour la street photography. D’abord fasciné par les clichés vertigineux, il a su affûter son style et capture aujourd’hui des scènes du quotidien.
Originaire de Saint-Martin et plus particulièrement d’Oyster Pond, Thibault Poret réside actuellement à Montréal. Une destination où il s’est installé en 2016 pour des études en gestion hôtelière. Dix ans plus tard et toujours au Canada, pour lui l’objectif a changé de focale. Durant ses études au Québec, Thibault découvre la photographie, la symétrie mais aussi le frisson des clichés pris depuis le haut des buildings. « Au début, je prenais des photos avec mon téléphone puis avec un appareil Nikon. Je grimpais sur des rooftops et des grues. Cela a donné mon style pendant 2-3 ans ». Des images qui attirent l’œil et parfois même celui des autorités. Interpellé par la police canadienne, le Saint-Martinois s’en sort sans poursuites mais opère un changement de perspective dans sa pratique.

Retour sur terre, donc. Thibault troque alors les sommets pour le bitume et se dédie entièrement à la street photography. Avec cette nouvelle approche vient un tout nouveau style. Pour lui, fini les clichés en rafale « Je capture des moments marrants, j’apprends à observer et à prendre des photos comme si j’avais du matériel argentique ». Dans cette mise au point progressive, son matériel change également. Exit les multiples appareils et objectifs, place à un seul boîtier, un Fujifilm X100V, focale fixe 35 mm. « Je me rendais compte que beaucoup de mes photos restaient sur ma carte SD et que je n’aimais pas passer du temps à les retoucher sur mon ordinateur. Cet appareil est simpliste avec des presets qui me permettent de ne pas modifier mes photos. Je suis tombé amoureux de l’esthétique de Fujifilm et du noir et blanc », explique le photograhe amateur.
À Montréal, il développe une photographie documentaire. En 2023, il se retrouve au cœur de l’actualité quand en face de chez lui un lieu historique, la chapelle du Bon-Pasteur, prend feu. Il immortalise cet événement et ses images sont rachetées par les archives de la ville, ses timelapses diffusés par des médias québécois. Une reconnaissance qui reste, pour lui, hors cadre d’une carrière toute tracée. « Je n’ai jamais eu pour objectif de faire de la photographie mon métier », explique-t-il. Préférant varier les plans, il s’apprête aujourd’hui à devenir cordiste, un travail en hauteur qui n’est pas sans rappeler ses premières prises de vue. Toujours très attaché à Saint-Martin, il envisage d’intégrer un jour le programme Fuji X Photographer et, pourquoi pas, devenir un ambassadeur de la marque dans la Caraïbe.