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Retour sur la Conférence de coopération régionale des Antilles-Guyane 2026

Par Lise Gaeta
10 Juillet 2026
Crédit photo Florianne Amblard.

Du 29‭ ‬juin au 3‭ ‬juillet 2026‭, ‬la Martinique accueillait la 18e Conférence de coopération régionale des Antilles-Guyane‭ (‬CCRAG‭). ‬Un événement organisé dans le cadre de la présidence du G7‭ ‬par la France‭. ‬Ce rendez-vous a réuni des‭ ‬états caribéens‭, ‬des partenaires européens et des organisations internationales‭, ‬unis dans la lutte contre les trafics illicites‭ ‬dans la région‭.‬

Durant cinq jours, Fort-de-France est devenue l’épicentre d’une mobilisation diplomatique contre le narcotrafic. Ces dernières années, les trafics illicites se multiplient à l’échelle du bassin Antilles-Guyane et les chiffres des saisies parlent d’eux-mêmes. Les autorités françaises ont intercepté 35,7 tonnes de stupéfiants en 2025, contre 28 tonnes en 2024. Une augmentation de près de 30 % et un contexte qui a poussé le gouvernement français à lancer une nouvelle dynamique de coopération régionale. Pour les pouvoirs publics, cette augmentation confirme l’ancrage de la région dans les routes internationales de la drogue, entre zones de production en Amérique latine et marchés de consommation, notamment en Europe. 

L’union fait la force

La Conférence de coopération régionale des Antilles-Guyane (CCRAG) 2026 avait pour objectif de « renforcer le réseau régional de coopération sur les plans technique et opérationnel», mais aussi de « manifester un engagement au plus haut niveau contre les trafics illicites dans le bassin Antilles-Guyane », peut-on lire dans un communiqué du ministère de l’Intérieur. Pour cela, le programme était organisé autour de deux séquences. Du 29 juin au 2 juillet, des conférences thématiques réunissaient une centaine de responsables des États et organisations d’Amérique latine et des Caraïbes. Les 2 et 3 juillet, une conférence internationale avait lieu en présence de chefs d’État et de gouvernement. Pour la ministre des Outre-mer Naïma Moutchou, la mission est claire, « Nous ne laisserons jamais les narcotrafiquants confisquer l’avenir des Outre-mer. Là où ils avancent, la République répondra par l’autorité, la coopération et la protection ». 

Un plan en cinq axes

Cette conférence s’inscrit dans un plan plus large de lutte contre le narcotrafic. Ce dernier s’articule autour de cinq points clés. Chacun d’entre eux comporte plusieurs mesures opérationnelles, avec des moyens financiers, humains et matériels. Au programme : renforcement de la coopération avec les États de la zone Caraïbe-Amérique latine, sécurisation des points d’entrée des territoires français, soutien des populations locales, lutte contre les réseaux criminels et protection des agents exposés. à ce titre, quinze accords de coopération régionale ont été signés depuis 2025 et vingt nouveaux accords sont en préparation. Les forces de l’ordre et les douanes seront dotées de moyens supplémentaires avec l’achat de scanners millimétriques pour mieux détecter la drogue dissimulée par les mules ou encore la mise en place d’un drone de moyenne endurance pour mieux détecter le trafic en mer en Guadeloupe. Enfin, des groupes dédiés à la lutte contre les armes à feu et les vols à main armée, devraient voir le jour et s’accompagner d’un renforcement des effectifs de l’Office anti-stupéfiants aux Antilles. 

Connectivité, santé, emploi : les autres priorités caribéennes

Au-delà de la sécurité, les discussions de la CCRAG ont porté sur plusieurs enjeux du quotidien pour les territoires de la région. Louis Mussington a notamment rappelé les défis liés aux sargasses, à la santé et à l’emploi. Le président de la Collectivité a insisté sur l’accessibilité entre les îles, essentielle pour faciliter la circulation des biens et des personnes, mais aussi renforcer les échanges commerciaux. 
La CCRAG 2026 proposait des ateliers thématiques afin de couvrir divers axes de coopération régionale et ainsi dégager des pistes de réflexion communes. Le temps d’échange consacré aux sargasses a, de son côté, mis en avant la nécessité d’une gouvernance internationale à la fois politique, économique et scientifique face à ce phénomène qui touche de nombreux territoires caribéens. La Collectivité de Saint-Martin a également porté une séance sur les industries culturelles et créatives, afin d’explorer la structuration d’une filière à l’échelle de la Grande Caraïbe. 
Au-delà des annonces, la CCRAG revêt une portée symbolique. Depuis Fort-de-France, la République veut afficher une stratégie de lutte contre les trafics illicites, mais aussi renforcer l’ancrage des territoires français dans leur environnement régional.                   

Lise Gaeta