La France s’intègre dans les organisations de la Caraïbe
La France renforce l’intégration de ses territoires dans leur environnement régional. En 2025, Saint-Martin intégrait l’Organisation des États de la Caraïbe orientale (OECO). En avril 2026, Saint-Barthélémy prend la présidence de l’Association des pays et territoires d’outre-mer (OCTA). Quelques jours plus tard, la Martinique intègre la Communauté des Caraïbes (CARICOM).
Le 16 avril 2026, l’Assemblée nationale a donné son feu vert à un accord permettant à la Martinique de rejoindre la Communauté des Caraïbes (CARICOM) en tant que membre associé. Cette décision, déjà validée par le Sénat en janvier, marque une nouvelle étape dans le rapprochement entre les territoires français d’outre-mer et leurs voisins caribéens. Un accord qui ouvre également la voie à l’adhésion, comme membres associés, des autres collectivités territoriales du bassin Antilles-Guyane, telles que Saint-Martin. Cette avancée s’inscrit dans une stratégie plus large de la France visant à mieux intégrer ses territoires ultramarins dans leur environnement géographique.
Une réponse régionale aux enjeux communs
La Caraïbe se présente comme un espace marqué par une diversité linguistique et politique, mais uni par une histoire et une géographie communes. Dans ce contexte, la coopération régionale apparaît comme une réponse aux défis de la mondialisation. En effet, elle permet de dépasser les frontières et de mutualiser les ressources dans des domaines variés. Au sein de la région, plusieurs organisations structurent cette coopération. Parmi celles-ci, l’Organisation des États de la Caraïbe orientale (OECO), un espace économique et financier qui propose une vision commune du commerce, de la santé, de l’éducation et de la préservation de l’environnement. La Martinique y a adhéré en 2015, suivie par la Guadeloupe en 2019 et Saint-Martin en 2025. Un accord salué par le président du Conseil territorial Louis Mussington, « Nous avons un rôle à jouer, nous devons être plus intégrés, participer au développement de manière collective de cette zone caribéenne ».
Autre acteur clé, l’Association des États de la Caraïbe (AEC), une organisation internationale qui rassemble des territoires insulaires et continentaux autour d’un forum de dialogue politique. L’AEC possède un conseil des ministres où les membres produisent des politiques publiques et décident de l’orientation de l’organisation. Les activités de l’organisation visent à développer une réflexion collective sur des problèmes régionaux et la mise en place de solutions communes autour de cinq thèmes : la préservation et la défense de la mer des Caraïbes, le tourisme durable, le commerce et les relations économiques extérieures, les catastrophes naturelles, les transports.
Des outils pour renforcer l’ancrage régional
Parallèlement, la coopération régionale s’appuie sur des dispositifs européens et internationaux. Le programme Interreg finance des projets transfrontaliers, tandis que l’Association des pays et territoires d’outre-mer, actuellement présidée par Saint-Barthélemy, renforce la visibilité des outre-mer à l’échelle internationale. Depuis 2012, l’insertion institutionnelle des territoires français d’Amérique s’est nettement affirmée. Dans la Caraïbe, ceux-ci sont confrontés à des enjeux communs. L’intégration régionale représente alors une opportunité et permet à ces territoires, même petits, de s’affirmer comme des acteurs à part entière dans leur région.