RGPD et cybersécurité, tous concernés
Le 23 avril avait lieu une conférence dédiée au Règlement général sur la protection des données (RGPD) et à la cybersécurité à Saint-Martin. Un temps d’échange organisé par l’Institut territorial de la statistique et des études économiques (ITSEE) de Saint-Martin qui a réuni les acteurs publics et privés du territoire afin de discuter de la protection des données.
Il y a quelques jours, l’Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) a subi une cyberattaque majeure. Des millions de données personnelles ont été compromises, exposant les usagers à des risques d’usurpation d’identité et d’hameçonnage. Cet exemple concret rappelle que même les systèmes jugés robustes ne sont pas à l’abri du piratage. A Saint-Martin, professionnels comme particuliers doivent faire preuve de prudence. Lors de la conférence qui avait lieu à Grand Case le 23 avril, Alain Richardson, président de l’ITSEE a souligné, « Le numérique n’est plus un support, c’est notre environnement de travail. Nos données circulent partout tout le temps. La question n’est plus sommes-nous concernés ? mais : sommes-nous prêts ? ». Le RGPD apparaît ainsi non pas comme une contrainte administrative, mais comme un cadre sécurisant. De son côté, la cybersécurité ne relève plus du confort technique, elle détermine la capacité à éviter ou à gérer une crise.
Des menaces en forte progression
Frédéric Lionetti, Délégué à la protection des données (DPO) à l’ITSEE, a rappelé les fondamentaux du RGPD, en vigueur depuis 2018. Celui-ci concerne « toutes les structures traitant des données personnelles », quelle que soit leur taille, y compris les associations, les TPE et les administrations. Le lieutenant-colonel Hugues Loyez, commandant de la gendarmerie de Saint-Barthélemy et Saint-Martin a, quant à lui, insisté sur la forte hausse des cyberattaques. « Il y a un vrai marché souterrain de la donnée, structuré avec des acteurs très spécialisés. Des plateformes d’échanges dédiées, des marketplaces et surtout des kits d’hameçonnage tout fait et des arnaques prêtes à l’emploi. On peut avoir maintenant des hackeurs qui ont 14-15 ans qui téléchargent des kits d’hameçonnage », détaille le lieutenant-colonel. La gendarmerie de Saint-Martin dispose d’une unité spécialisée capable d’intervenir rapidement pour accompagner les victimes. Néanmoins, pour prévenir et éviter les cyberattaques, des gestes simples existent, comme l’utilisation de mots de passe robustes, des mises à jour régulières ou encore une vigilance face aux messages suspects.