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Des couacs pour le Voyager 3 Dreamliner

Par Jean-Michel Carollo
17 Septembre 2026

Les déboires du navire‭, ‬soumis à d’incessants contretemps‭, ‬ont entraîné l’interruption des rotations maritimes entre Saint-Barthélemy et Saint-Martin‭.‬

Tout commence le 31 août lorsque la compagnie de ferry « Voyager », qui assure la liaison maritime entre les deux îles, annonce qu’elle effectuera son carénage annuel, durant deux semaines à dater du 7 septembre ; afin de maintenir la continuité des allers-retours entre Marigot et Gustavia, un navire de remplacement devait être mis à disposition des passagers avec deux rotations par jour, 7 jours sur 7. 

Premier accroc : il n’y aura qu’un seul voyage le 7 septembre en raison d’un désistement du navire de remplacement, le Makana, sur la rotation du soir. Au final, aucun départ ce jour-là et la compagnie, face à cette situation exceptionnelle, pose une question dont on parle finalement assez peu, celle de la continuité territoriale maritime entre nos deux îles. Une continuité qui fait l’objet de dispositifs publics, destinés à faciliter les déplacements des résidents et à maintenir des liaisons régulières, dans de nombreux territoires insulaires français, mais pas entre les îles du Nord.

Le 8 septembre, le Makana est finalement prêt à accueillir les passagers pour deux allers-retours quotidiens entre Saint-Martin et Saint-Barthélemy. Coup de théâtre, deux jours plus tard, le Voyager est informé d’une modification de dernière minute concernant la disponibilité du navire ; en conséquence, il n’y aura aucune traversée dans les deux sens le 11 septembre, et un seul aller-retour le lendemain samedi 12, tout comme le dimanche 13. Dans un communiqué, le Voyager est informé que le Makana ne pourra malheureusement pas assurer les traversées prévues les jours suivants car le navire doit être réaffecté au remplacement d’un autre bateau assurant la desserte de Saba et Saint-Eustache dans le cadre des obligations de continuité territoriale de son armateur. Le coup de grâce est asséné lorsqu’une autre mauvaise nouvelle tombe brusquement : le Makana est victime d’une panne technique, contraignant ainsi la compagnie maritime à annuler l’ensemble de ses traversées jusqu’au retour du Voyager 3 Dreamliner prévu dimanche 20 septembre au soir. 

Les passagers concernés peuvent choisir entre le remboursement intégral de leur billet ou le report « open », valable un an.  Selon la compagnie Voyager, cette liaison est pourtant essentielle à la vie quotidienne de nombreux habitants : déplacements professionnels, rendez-vous médicaux, études, achats, correspondances avec l’aéroport de Juliana, visites familiales, etc…

Les avions n’étant pas en mesure d’absorber la totalité du trafic de passagers entre les deux îles, la liaison maritime représente d’importantes contraintes telles que l’entretien des navires, les visites réglementaires, les carénages obligatoires, sans oublier les aléas météorologiques, et les coûts d’exploitation élevés. Rappelons-nous que la dernière fois que l’on a parlé de continuité territoriale, certains ont cru bon d’acheter une compagnie aérienne, alors… si on pouvait éviter de remettre le couvert.  

Jean-Michel Carollo