L’affaire Petrus fait un tabac !
La sénatrice et conseillère territoriale saint-martinoise fait la une des médias à cause d’un événement pour lequel elle aurait préféré passer incognito.
Mercredi matin Saint-Martin se réveille en apprenant la nouvelle qui tourne déjà en boucle sur les réseaux sociaux et dans les journaux. L’affaire révélée par Médiapart remonte au 4 mai dernier lorsque les douaniers de Roissy contrôlent les bagages de l’élue. Comme dans les meilleurs polars sortis à l’époque de la French Connection, la valise diplomatique ne contenait pas que des documents officiels, mais 22 kilos de tabac (110 cartouches) non déclarés. « Les cigarettes de la Sénatrice » pourrait être le titre d’une mauvaise suite des aventures de Tintin « Les cigares du Pharaon », mais l’heure n’est pas à la plaisanterie et Annick Petrus reconnaissable à sa célèbre coiffe créole n’est cette fois-ci pas décidée à porter le chapeau.
Ce n’est pas moi, c’est l’autre
Elle déclare avec une légère pointe de regret teintée d’aveux à peine dissimulés « Je n’aurai pas du accepter, mais dans 95% de mes voyages j’ai un colis pour quelqu’un, ça se fait beaucoup aux Antilles ». De là à conclure que ce n’était pas la première fois, il n’y a qu’un pas que nous ne franchirons pas. Lors d’un portrait dressé dans les colonnes du 97150 en avril 2017, il était indiqué qu’elle était chargée d’une forte dose d’altruisme… « chargée » c’est le moins que l’on puisse dire, quant à l’altruisme, plus rien n’est à prouver lorsqu’on transporte quelque chose pour une personne sans savoir de quoi il s’agit.
Je ne sais rien, mais je dirais tout
Mercredi lors de la commémoration de l’abolition de l’esclavage, Annick Petrus a fait un discours comme si de rien n’était. En attendant la suite, la Sénatrice ne sera pas inquiétée davantage et le risque d’emprisonnement de trois ans prévu par la loi est définitivement parti en fumée puisqu’elle bénéficie d'un « arrangement transactionnel » sans même que la justice ne soit saisie. Elle affirme avoir été remboursée de son amende (4 900€) par la personne à qui appartenait la valise, sans que l’identité de cette « connaissance » soit pour autant révélée au grand public. Qui a dit justice deux vitesses ? Coluche disait : « Soit tu connais bien la loi, soit tu connais bien le juge ».