FAITS DIVERS

Comparution immédiate : deux ans de prison ferme pour un conflit de voisinage

Comparution immédiate : deux ans de prison ferme pour un conflit de voisinage

02 juin 2017

Le tribunal correctionnel a condamné mercredi matin, en comparution immédiate, J-L M à quatre ans de prison, dont deux années fermes, pour avoir tiré quasi à bout portant sur A. W. , son voisin.

C’est une sordide histoire de mauvaise entente de voisinage  qui a conduit J-L M, dans le courant de la soirée du 16 mai dernier, à sortir une arme et tirer sur W., tous deux habitant la résidence Santa-Monica, à Concordia. La victime a été blessée à l’abdomen, entraînant une Interruption Temporaire de Travail de 4 jours.
La tension montait depuis quelque temps entre les deux individus. La victime, A. W, avait pour habitude de garer son véhicule à proximité de l’habitation du prévenu, J-L M, ce qui avait pour effet d’exciter le chien de ce dernier, de type Malinois. Des mots et des regards menaçants étaient régulièrement lancés entre les deux hommes. La victime, présente à la barre, évoquait même son véhicule brûlé un mois avant les faits.
Et en fin de la journée du 16 mai dernier, A.W. se rend par deux reprises à la supérette qui se situe à proximité de la médiathèque de Concordia, pour y faire des courses. La première fois, il y est accompagné en voiture par une amie. Son voisin, J-L M est présent devant l’établissement en compagnie d’autres personnes, mais ce dernier ne le voit pas. Il fait ses courses et ressort de la supérette et attend que son amie qui est véhiculée vienne le récupérer. A sa sortie, J-L M. aperçoit  A.W. Mais l’affaire en reste là. W rentre chez lui déposer ses courses et, selon lui, il aurait oublié de faire certains achats, ce qui l’aurait obligé à y retourner, à pied cette fois. En arrivant près de la supérette, il entend qu’on l’interpelle « Hey Yo ! », il se retourne et reçoit une balle dans le bas droit du ventre.
Comprenant qu’il est blessé, A.W. se rend par ses propres moyens à l’hôpital Louis Constant Fleming qui se trouve non loin de là. Les urgentistes, voyant un homme arriver blessé par arme à feu, appellent les gendarmes pour venir entendre la victime. Seulement A.W. ne communique pas immédiatement l’identité de son agresseur. Ce n’est que 48 heures plus tard qu’il indiquera aux enquêteurs que son agresseur est son voisin, J-L M. « J’ai pour habitude de régler mes problèmes tout seul », expliquera-t-il.

L’agresseur plaide la légitime défense

Identifié, J-L M qui s’est entre temps rendu à Saint-Barthélemy pour y chercher du travail, revient immédiatement à Saint-Martin, sans chercher à échapper aux interrogatoires qui l’attendent. Il est placé en garde-à-vue, au cours de laquelle il explique avoir tiré pour se défendre, pensant que A.W. était également en possession d’une arme et qu’il allait lui tirer dessus. Aucune arme n’a été retrouvée. Pas même celle de l’agresseur. Seul un étui de balle a été retrouvé sur les lieux des faits, qui selon les experts de la balistique correspond à une arme de calibre 25 (arme américaine) classée en catégorie B. Et le rapport du médecin légiste faisait également état d’une blessure sur la victime faite par une arme de cette catégorie.  
J-L M. a été présenté devant le juge des peines et de la détention par visio-conférence vendredi dernier et placé sous mandat de dépôt. Il a été incarcéré localement par « écrou déporté » dans l’attente de son jugement en comparution immédiate.  Face à ces faits de violence avec arme qui ont entraîné 4 jours d’ITT, mais dont les blessures auraient pu être beaucoup plus grave, frôlant alors la cour d’assises, le vice-procureur Ohayon souhaitait que le tribunal requière une peine d’exemplarité contre la banalisation dans ces quartiers de l’île de ces ports d’arme pourtant prohibés.
Le tribunal entrait en voie de condamnation et prononçait  quatre ans de prison, dont deux ans avec sursis et mise à l’épreuve pendant deux ans, avec l’obligation de chercher un emploi, l’interdiction de rentrer en contact avec la victime et de porter une arme pendant 15 ans. La victime qui s’est constituée partie civile devra être indemnisé à hauteur du montant du préjudice subi qui sera déterminé ultérieurement.

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