Fête de Grand Case : mémoire, vigilance et transmission
Comme chaque 21 juillet, jour de la Saint-Victor, Grand-Case a célébré la mémoire de Victor Schœlcher, artisan de l’abolition de l’esclavage en 1848. Après le très joli défilé sur le boulevard, la journée a été marquée par les allocutions des autorités locales et étatiques. Ce que l’on en retient…
Bien que ce 21 juillet célèbre la mémoire de celui qui restera dans l’histoire comme ayant aboli l’esclavage, Louis Mussington tient à rappeler depuis trois ans « le parcours exemplaire de François Auguste Perrinon, enterré à Saint-Martin, qui a joué un rôle central aux côtés de Schœlcher pour libérer notre île de l’esclavage ». Il a également souligné la mobilisation des esclaves eux-mêmes, acteurs déterminants de leur propre libération.
Frantz Gumb a, lui aussi, évoqué Perrinon et la gestion égalitaire qu’il avait mise en œuvre dans les salines de l’île. Mais, s’il est nécessaire de faire ce devoir de mémoire pour que l’histoire ne s’efface pas, il a souligné que « nous ne devons pas vivre dans la nostalgie du passé » et voir « l’évolution du quartier », aujourd’hui reconnu pour sa gastronomie. Au-delà des discours mémoriels, les allocutions étaient plus ancrées dans le présent et ont été l’occasion d’aborder la situation du territoire.
La jeunesse au cœur des préoccupations
Louis Mussington s’est dit attristé et préoccupé par la recrudescence de la délinquance juvénile à Grand-Case. Il a indiqué que tout serait mis en œuvre, avec l’appui de l’État, pour endiguer ce phénomène, dont l’installation de caméras « d’ici peu » et des mesures disciplinaires appliquées en collaboration avec la police et la gendarmerie. Il a dressé la liste des actions engagées : réouverture du poste de police territoriale, l’attribution d’un local au conseil de quartier et au groupe de Steelpan et le renforcement de l’éclairage public. Quant à la construction de la maison des associations, elle devrait se faire « prochainement ». Dans les mesures destinées à canaliser les jeunes, le président a rappelé également la mise en place de formations dès la rentrée, en partenariat avec l’Université des Antilles, avec le souhait de voir des Saint-Martinois, formés localement, travailler dans les futures usines d’eau et d’électricité, dont la construction est prévue « d’ici deux à trois ans ».
Certains combats resteront universels
Le préfet Cyrille Le Vély a, pour sa part, élargi le propos en dénonçant les formes modernes d’asservissement, comme le travail dissimulé ou l’exploitation des sans-papiers. « À l’heure où les repères semblent se brouiller, certains combats resteront à jamais universels », a-t-il rappelé. Agir au plus près de ceux qui souffrent et défendre les valeurs de la République, demeurent au cœur des priorités de l’État, tout en gardant vivante la mémoire, car il n’y a pas de dignité sans mémoire.
Petit rappel à l’ordre en clôture du discours, pas si anodin que cela : « O Sweet Saint-Martin’s Land », très émouvant et onirique, n’est pas notre hymne, l’hymne officiel de Saint-Martin reste la Marseillaise ».