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Sargasses : les premiers barrages installés au mois d’août

Par Lise Gaeta
3 Août 2026
Igor Rembotte, chargé de mission au sein de la direction de l’environnement à la Collectivité, Bernadette Davis, 2e vice-présidente de la Collectivité, Laurent Guillaume, directeur du service environnement de la Collectivité.

En projet depuis mai 2025, l’installation de barrages déviants anti-sargasses devrait enfin débuter à Saint-Martin. Un déploiement en deux étapes : tout d’abord dans la baie de Cul-de-Sac, au mois d’août, puis en septembre au niveau de l’embouchure de l’Étang aux Poissons, à Quartier d’Orléans. 

Depuis 2011, les sargasses s’échouent de manière massive et régulière sur les côtes saint-martinoises. Ce phénomène pose alors des questions au niveau de la santé publique, de l’environnement mais aussi de l’économie locale. Dans la baie de Cul-de-Sac depuis plusieurs années, les sargasses s’imposent comme un véritable problème notamment au niveau de l’embarcadère et des navires qui se rendent sur les îlots Pinel ou Tintamarre. Fabriqués en Espagne selon des critères adaptés au territoire, les barrages sont constitués d’une jupe immergée. « La faune sauvage peut passer en dessous, tandis que les algues fraîches sont contenues par le filet », explique Igor Rembotte, chargé de mission au sein de la direction de l’environnement à la Collectivité. Poussées par les courants, les sargasses seront alors déviées vers un point de collecte afin d’accélérer leur ramassage. À Cul-de-Sac, deux sections de 180 et 520 mètres, soit 700 mètres linéaires au total, seront disposées en chicane. Une passe balisée sera maintenue entre elles pour préserver la circulation maritime. 
À l’Étang aux Poissons, deux autres sections de 123 et 104 mètres seront installées en début d’année scolaire.

Une navigation davantage encadrée

En août, la société Antilles Travaux Sous-Marins (ATSM) prendra en charge le déploiement des filets et assurera l’entretien et les réparations de ces dispositifs durant un an. Cette installation est aujourd’hui possible grâce à la modification des conditions de navigabilité dans la baie. Si le franchissement des barrages sera totalement proscrit, il s’accompagnera également d’une « interdiction de mouillage sur une bande de 25 m de part et d’autre des filets », explique Igor Rembotte. Par ailleurs, les services de la Collectivité affirment que les points d’ancrage des filets n’auront que « peu d’impact sur les récifs, car ils sont situés sur des zones sableuses avec peu d’herbiers ». En cas de forte houle, de vent soutenu ou de risque cyclonique, les équipements pourront être mis en berne ou retirés. Avec 16 000 tonnes de sargasses collectées en 2025, la Collectivité espère ainsi mieux canaliser les arrivages et optimiser les opérations de ramassage quotidien. Le coût total du dispositif sur les deux sites atteint 896 550 € hors taxes, dont 320 000 € financés par l’État.         

Lise Gaeta