ENVIRONNEMENT

Les sargasses sont de retour ; les réponses des autorités sont attendues

Les sargasses sont de retour ; les réponses des autorités sont attendues

28 avril 2022
Comme tous les ans, depuis une décennie à la même période, les sargasses sont bien de retour. En témoignent les quelques images prises en ce début de semaine à l’embarcadère de Cul de Sac. La Collectivité a informé débuter le ramassage à compter du 2 mai prochain. Du côté de l’Etat, un nouveau plan sargasses, «Sargasses II», prévoit une enveloppe de 36 M€ pour les années 2022-2025.
Selon le dernier bulletin émis par la DEAL lundi 25 avril, entre le 22 et le 24 avril derniers, des sargasses avaient été détectées a proximité et jusqu’à 400 km à l’est de îles de l’Arc des Petites-Antilles, entre les latitudes de Barbuda, au nord, et de Trinidad, au sud. Plus au sud, le courant des Guyanes est vecteur de radeaux de sargasses qui remontent le long des côtes du Brésil vers la zone de la Barbade. Peu ou pas de radeaux de sargasses n’ont été observés à proximité des Îles du nord, impliquant un risque d’échouements relativement faible pour ces quatre prochains jours. Le bulletin conclut par un impact élevé dans les prochains jours pour les îles de la Martinique et de la Guadeloupe et pour les îles de Saint-Barthélemy et de Saint-Martin, situées plus au nord, les échouages de radeaux sont plus attendus la semaine prochaine.
 
Ramassage par la COM programmé à compter du 2 mai prochain
 
On le sait, outre la dégradation des paysages du littoral et de graves conséquences écologiques sur la faune et la flore marines, les sargasses, en pourrissant, dégagent des matières organiques et bactériennes qui se transforment en des gaz toxiques chargés en sulfure d’hydrogène (H2S) et en ammoniac (NH3). Le sulfure d’hydrogène, notamment, a des effets néfastes sur la santé dès une concentration de 10 ppm et peut entrainer la mort à de très fortes concentrations. Quant à l’ammoniac, c’est un gaz également toxique, mais aussi inflammable et explosif. La décomposition des algues brunes constitue donc un véritable danger sanitaire, sans compter les impacts sur l’activité touristique sur les îles des Caraïbes. Interrogée, la Collectivité qui a la charge de l'enlèvement des déchets, donc des sargasses, nous assurait que l’enlèvement était programmé à compter du 2 mai prochain.
 
Un problème d’environnement dont la compétence relève de l’Etat
 
Depuis 2011 que ces échouages massifs de sargasses ont fait leur apparition sur nos côtes, les autorités ont mis du temps à réagir. Dans les textes réglementaires, les échouages de sargasses sont considérés comme un déchet, et la charge de leur enlèvement relève des collectivités locales, en l’occurrence les communes ou les COM. Des enlèvements puis des traitements des algues brunes dont les coûts pèsent de façon drastique sur les budgets des collectivités locales, qui en sont à dégager des lignes budgétaires pour une pollution qui n’émane ni d’elles ni de leurs administrés. Car c’est bien d’un problème d’environnement et de pollution à un niveau international dont il s’agit. Et pour la Collectivité de Saint-Martin, la compétence de l’environnement est encore une compétence de l’Etat.
 
Un nouveau plan national de 36M€ pour lutter contre le fléau
 
Après un premier plan de gestion de crise mis en place en 2018 par l’Etat Français, le ministère de la Transition Ecologique a annoncé le 18 mars dernier déployer un second plan de lutte contre les sargasses aux Antilles. Contrairement au premier, « Sargasses II » ambitionne de structurer la gestion du phénomène sur la durée et prévoir l’allocation de 36 M€ de crédits nationaux entre 2022 et 2025. Pour mémoire, en 2018, les mesures de gestion de crise préconisées par l'ancien ministre, Nicolas Hulot, avaient bénéficié de 13 millions d'euros sur deux ans. Des mesures qui, selon le Ministère de le Transition écologique « ont produit des résultats positifs, mais n’ont pas atteint pleinement les objectifs en termes de collecte ». En effet le plan « Sargasses I » préconisait l’enlèvement des sargasses dans les 48h après leur échouage. Cet objectif n’a pas été atteint, faute de mise à disposition des engins et matériels nécessaires pour ce faire.
 
Favoriser une gestion locale pérenne
 
Le plan « Sargasses II » vise quant à lui à structurer la gestion du phénomène dans les territoires concernés (Martinique, Guadeloupe, Saint-Martin et Saint-Barthélemy) et à la pérenniser. Le gouvernement prévoit ainsi l'instauration de plans territoriaux de gestion en dotant chacune des collectivités concernées d’un comité de pilotage territorial qui sera soumis à un futur comité de pilotage national, ces déclinaisons locales seront responsables de l'organisation des actions de prévention, de collecte et de stockage des algues. Elles seront aidées dans leurs tâches par la création d'un atlas cartographique des sites d'échouement. Elles seront également assistées par la mise en place, dès juillet prochain, d'indicateurs communs de surveillance des gaz toxiques (notamment, le sulfure d'hydrogène ou H2S), émis par les algues en décomposition et détectés localement par un réseau de capteurs. Le gouvernement compte également sur l’élaboration d’une « Installation Classée Protection de l’Environnement, ICPE) » sur mesure pour le stockage des sargasses collectées. En outre, le plan « Sargasses II » mise sur la fourniture, dès 2023, d'un service de prévision (jusqu'à deux mois) des échouements par Météo-France, qui permettra de se préparer et de réagir beaucoup plus en amont des échouements. Affaire à suivre de près …
 

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