ENVIRONNEMENT

Croisière aux Antilles : un poumon économique  ou une asphyxie ?

Croisière aux Antilles : un poumon économique ou une asphyxie ?

16 mai 2019
Un capitaine américain d'un navire de croisière a été condamné en novembre dernier par le tribunal de Marseille à 100 000 euros d’amende pour avoir navigué avec du fioul trop polluant. Une partie de l'amende pénale, à hauteur de 80 000 euros, devra être réglée par son employeur, Carnival, leader mondial du secteur de la croisière. Cette condamnation constitue une première judiciaire en France. Première prise de conscience ou coup d’épée dans … l’eau ?


Certes les bateaux de croisière stationnent pour la majorité en partie hollandaise … mais malheureusement la frontière ne retient pas la pollution. Alors quid, de ces touristes, qui moyennant un peu plus de 600 dollars (tarif promotionnel pour décembre 2019 !) naviguent sur ces hôtels flottants, en pension complète, et ne font qu’un passage éphémère sur les îles accostées ? Des études démontrent qu’ils gardent un excellent souvenir de l’île. Nous, nous gardons seulement les particules nocives et leurs déchets ! L’étude Gwad’Air actuellement menée devrait nous en apprendre un peu plus sur les conséquences de ce type de tourisme sur l’air que l’on respire.
A l’heure où la France se mobilise contre la hausse du carburant, les plus gros pollueurs, eux bénéficient d’exonérations totales ou partielles de taxes sur les carburants. Selon Mediapart, l’Harmony of the sea, le plus grand bateau de croisière du monde, brûlerait quotidiennement plus de 250 000 litres du diesel le plus polluant de la planète (lorsque les raffineurs ont produit l’essence et le diesel destinés aux voitures, il reste les déchets, ce qu'on appelle le carburant résiduel ou mazout lourd, un carburant beaucoup moins cher). L’émission Thalassa avait consacré un reportage à la pollution des paquebots en pointant du doigt les émissions de particules fines dans l’air dues à la combustion de ce fioul, les eaux usées et déchets solides des touristes qui eux polluent l’environnement marin.
Plusieurs études révèlent que les populations vivant à proximité d’une enclave portuaire connaissent des niveaux d’asthme, de maladies cardiovasculaires et de dépression supérieurs de 3 % en moyenne à ceux des autres habitants.
De manière sporadique les organismes de santé et les média évoquent cette pollution, gratuite, car ne visant qu’à satisfaire le besoin de loisir d’un tourisme de masse, mais à ce jour peu de mesures sont envisagées pour stopper ses effets catastrophiques sur notre santé et notre environnement.

UN NAVIRE DE CROISIÈRE POLLUE AUTANT QU'UN MILLION DE VOITURES

Chaque jour, un navire de croisière émet autant de particules fines qu'un million de voitures et ce même à l’arrêt car les moteurs continent à tourner pour alimenter les cuisines, piscines et autres activités. Avec 84 000 particules ultrafines par centimètre cube, jusqu’à 226 000 à côté des cheminées, l’air sur le pont des navires est deux fois plus nocif que dans les villes les plus polluées du monde. Mais, la pollution ne s’arrête pas là. L’agence américaine de protection de l’environnement estime qu’un navire de croisière de 3 000 passagers génère près de 800 000 litres d’eaux usées, non traitées, par semaine … rejetés dans l’océan, contaminant ainsi les écosystèmes marins.
En janvier 2020, les valeurs limites de soufre vont être divisées par trois pour les navires de croisière. Le transport maritime a été le dernier secteur à s’engager pour le climat en avril 2018. Ils ont décidé de réduire de 50 % d’ici 2050 leurs émissions de gaz à effet de serre par rapport au niveau de 2008 … c’est dans plus de trente ans !

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