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De gauche à droite : Nicolas Touzet (Directeur Antilles Saur),  Bernadette Davis (2e vice-présidente de la Collectivité en charge du Cadre de Vie), Raphaël Sanchez (Président de l’EEASM),  Mélissa Nicolas-Rembotte (Directrice Saur Saint-Martin), Vincent Pegoud (Directeur Général Délégué du Groupe Saur).
De gauche à droite : Nicolas Touzet (Directeur Antilles Saur), Bernadette Davis (2e vice-présidente de la Collectivité en charge du Cadre de Vie), Raphaël Sanchez (Président de l’EEASM), Mélissa Nicolas-Rembotte (Directrice Saur Saint-Martin), Vincent Pegoud (Directeur Général Délégué du Groupe Saur).

SAUR : point d’étape

27 September 2022
La SAUR avait repris le contrat de délégation de service public en décembre 2018 dans des conditions complexes puisque le précédent prestataire avait jeté l’éponge. Au bout de trois ans, les dirigeants du groupe étaient présents à Saint-Martin pour discuter avec la nouvelle mandature des bases de la seconde étape, sur les trois prochaines années. L’occasion de faire le point également sur le réseau, les coupures, les tarifs et l’avenir.
Vincent Pegoud, Directeur Général Délégué du groupe SAUR était à Saint-Martin mercredi pour rencontrer ses équipes, les services de la Collectivité et de la Préfecture, l’EEASM (Établissement des Eaux et de l’Assainissement) en charge de l’exécution opérationnelle ainsi que différents socio-professionnels. Au menu des discussions : la sécurisation de l’outil de production, la gestion des impayés, les conditions de maintien d’un service de qualité sans augmenter le tarif de l’eau, mais aussi l’emploi, l’insertion et les perspectives en termes de transition écologique et énergétique.
 
Sécurisation des ouvrages
 
L’usine de Saint-Martin utilise des technologies de pointes, comme l’osmose inversée (système de filtrage) qui nécessitent d’être sécurisées et une réflexion doit être menée sur la capacité de production de l’usine. Pour répondre aux besoins du territoire la capacité devrait être augmentée d’un quart. Mais pour maintenir la garantie du service de l’eau, la Saur doit aussi trouver des solutions pour pallier aux défaillances d’EDF. L’installation de groupes électrogènes est à l’étude.
En parallèle, une inter connexion avec les réseaux de la partie hollandaise est envisagée, afin de permettre un approvisionnement réciproque si nécessaire (en cas de phénomène cyclonique impactant une des deux parties de l’île par exemple). L’ARS vient de donner son feu vert pour instruire le dossier.
 
Impayés : coupure pour les professionnels
 
En trois ans, les impayés des ASL et des professionnels sont de l’ordre de 1,8 million pour la Baie Orientale, 800 000 € pour l’ASL des Terres Basses, 700 000 € pour la Semsamar, 400 000 € pour la Samanna, 400 000 € pour le Secret, etc … soit 4,5 millions d’euros qui impactent la trésorerie du groupe et retardent les futurs investissements dont ceux majeurs, pour une meilleure transition écologique.
En conséquence, après échec des médiations, des sanctions seront prises : les professionnels se verront tout simplement privés d’eau et pour les ASL des poursuites judiciaires seront engagées. La Collectivité s’engage à accompagner la SAUR dans ses démarches et Bernadette Davis en appelle à la responsabilité des professionnels qui utilisent ce service public. Vincent Pegoud indique que « si l’équilibre du contrat est rompu, on s’en ira ».
 
Optimiser la gestion de l’eau
 
A la reprise du contrat, la SAUR a hérité d’un réseau avec un rendement de 50% (lorsqu’un mètre cube d’eau partait de l’usine seulement la moitié arrivait au robinet). Aujourd’hui ce rendement a été porté à 76% grâce notamment à l’installation d’un plus grand nombre de régulateurs sur le réseau pour limiter les différences de pression. Malgré tout, 600 fuites ont été comptabilisées sur un an. La Saur reconnait qu’une grande partie du réseau est obsolète et devrait être changé. Concernant le tarif de l’eau, le point de vigilance est l’encadrement du bouclier tarifaire actuellement débattu à l’Assemblée Nationale et au local. Pour le moment il ne devrait pas avoir d’augmentation significative … si chacun optimise sa gestion de l’eau.
Il faut par ailleurs changer les comportements, sachant que l’eau produite est de très bonne qualité, la rendant propre à la consommation. Pour les plus craintifs, il suffit d’investir dans une fontaine pour filtrer et le tour est joué ; l’eau est alors plus saine que celle qui a séjourné dans des bouteilles en plastique.
 
Social : priorité aux saint-martinois
 
Sur les 31 personnes qui composent l’équipe à Saint-Martin, trente sont saint-martinoises. La seule exception est un technicien qui a une expertise technique bien spécifique (à sa décharge il a grandi sur l’île). Car c’est là tout l’enjeu de la SAUR de pouvoir recruter sur le territoire des personnes ayant les compétences requises. Pour se faire elle va ouvrir ses portes pour prendre en stage ou en contrat d’alternance des jeunes qui souhaiteraient se former aux métiers de l’eau (et ils sont nombreux). Il y a un réel manque de compétences en la matière et cette nouvelle dynamique pour l’emploi devrait être mise en place dès l’année prochaine. A noter que le groupe engage déjà 5% de sa masse salariale dans l’alternance et que l’objectif est d’atteindre les 10% dans les années à venir. Bernadette Davis, confirme que la SAUR est très impliquée dans le développement du territoire, et que c’est pour les jeunes une opportunité à saisir.

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