SOCIETY

Mardi matin, les passagers qui souhaitaient se rendre sur l'îlet Pinel  repartaient bredouilles : les passeurs leur expliquaient  qu'ils manifestaient leur mécontentement vis-à-vis des autorités.
Mardi matin, les passagers qui souhaitaient se rendre sur l'îlet Pinel repartaient bredouilles : les passeurs leur expliquaient qu'ils manifestaient leur mécontentement vis-à-vis des autorités.

Après l’opération de contrôle de lundi et 3 jours d’arrêt, les passeurs de Pinel ont repris leurs rotations

13 June 2019
Les contrôles opérés par les gendarmes en début de semaine, lundi de la Pentecôte, auprès des passeurs de Pinel, a soulevé la colère de ces derniers qui ont cessé la journée de mardi leurs rotations vers l’îlet Pinel. Sans rendez-vous acté auprès des autorités locales, ils informaient rester à l'arrêt.

Dans la matinée du lundi de Pentecôte, à la demande du Parquet, les gendarmes ont pratiqué un contrôle des « passeurs de Pinel ». Il leur serait reproché d’embarquer des passagers en surcharge sans le nombre adéquat de gilets de sauvetage et de ne pas délivrer de reçu lors de l’achat des billets de transport. Des investigations complémentaires sont par ailleurs diligentées pour vérifier si leurs obligations fiscales et sociales sont respectées. Lors de ce contrôle, deux embarcations ont été saisies, la troisième ayant été laissée libre de circuler pour aller chercher les passagers déjà débarqués sur l’îlet Pinel. Après vérifications, ces embarcations leur ont été restituées en fin de journée. Une opération qui n’a pas été bien vue par les opérateurs en question et qui ont décidé, du coup, de faire grève et de cesser toute activité tant qu’ils n’auront pas été reçus par les autorités locales, en l’occurrence le président Daniel Gibbs et la préfète Sylvie Feucher. « Les gendarmes ont fait une opération coup de poing, alors que nous étions en plein travail et que des passagers étaient sur le point d’embarquer ! Ils sont arrivés à une quarantaine de gendarmes et nous ont traités comme si nous étions des criminels », nous indiquaient les passeurs dans la matinée de mardi qui décidaient de stopper jusqu’à nouvel ordre toute activité. 

pinel-1.jpg

 

« QUE VEULENT LES AUTORITÉS POUR L’ÎLE ? »

Amers, les passeurs se demandent « ce que veulent les autorités pour l’île ? Nous sommes une île qui vit exclusivement du tourisme. Faire ce genre d’opération, qui plus est en plein jour férié, véhicule une très mauvaise image. Nos embarcations sont soumises chaque année aux contrôles en vigueur, et nous sommes en règle. Et pourtant nous sommes traités comme des bandits », nous indiquait-ils encore, installés dans la petite baraque de l’embarcadère de Cul de Sac, montrant d’un vaste geste du bras la baie de Cul de Sac engloutie par une nouvelle arrivée en masse de sargasses. « Où sont les priorités pour notre île, pour nos touristes ? », concluaient-ils.
Les passeurs reprenaient leurs rotations aux horaires habituelles hier matin et ils devraient être reçus par le Président Gibbs ce vendredi. 


LES SARGASSES SONT DE RETOUR 
pinel-2.jpg
Après une relative période d’accalmie, les sargasses ont fait leur entrée à Saint-Martin dès la fin de la semaine dernière par l’est de l’île et la tendance devrait se confirmer ces prochains jours, précise le bulletin d’alertes des services de la Direction de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement (DEAL) : « On note une forte présence de sargasses dans le secteur est de Saint-Martin et Saint Barthélémy. Les courants éloignent les algues des îles, vers l'est et le nord. Toutefois le risque d'échouages est présent ». 
En témoigne notre image prise mercredi à l’embarcadère de Cul de Sac qui montre la baie envahie par les algues brunes. La consigne donnée par le gouvernement n’était-elle pas de les ramasser avant leur état de décomposition, soit 48 heures après leur échouage, afin d’éviter qu’elles ne diffusent leur gaz toxique et les odeurs nauséabondes qui les accompagnent ? 

By continuing your visit to this site, you accept the use cookies to make statistics of visits.