POLITICS

Une journée au Sénat avec Annick Pétrus

Une journée au Sénat avec Annick Pétrus

29 November 2022
Depuis deux ans, Annick Pétrus, partage sa vie entre Paris et Saint-Martin. En tant que sénatrice, elle siège à la commission des affaires sociales, est vice-présidente de la délégation sénatoriale aux outre-mer, membre de la commission d’enquête sur la situation de l’hôpital et le système de santé en France et membre du conseil d’orientation pour la prévention des risques naturels majeurs. A Saint-Martin sa fonction de conseillère territoriale lui permet de rester en phase avec les sujets essentiels pour le territoire. Nous l’avons rencontrée à Paris, et suivie dans une journée marathon …
C’est une obligation mais c’est aussi une nécessité de garder ce lien avec le territoire pour être au fait des décisions prises et faire remonter ce qui est important. Elle est ainsi le porte-parole de la Collectivité mais aussi des socio-professionnels au Sénat. En tant que sénatrice, elle travaille aussi en parallèle sur les propositions de lois nationales et les réunion s’enchainent. Mieux vaut donc choisir son jour pour la rencontrer, car si le lundi matin et le vendredi après-midi sont relativement calmes (les sénateurs viennent de leurs provinces ou y retournent), il n’en est pas de même le reste du temps.

9h00 : début de la réunion de la commission des affaires sociales

Composée de 51 sénateurs, la commission se tient dans une salle dédiée et travaille chaque mercredi matin, parfois dès 7h, sur les sujets qui lui sont impartis. Ses membres peuvent auditionner un ministre, un organisme, ou procéder à l’examen des textes ou des amendements. Et ce n’est pas une mince affaire car pour la seule loi de la sécurité sociale il y en a pas moins de 1170. Pour la prochaine loi des finances, 1700 amendements ont d’ores et déjà été déposés, dont cinq pour Saint-Martin. La présentation de chaque amendement dure deux minutes minimum, entre la présentation, l’avis du rapporteur, l’avis du gouvernement et la réponse de celui qui l’a présenté. On comprend pourquoi cela prend du temps.

12h30, c’est l’heure de la pause déjeuner à la cantine du Sénat, qui n’a de cantine que le nom car il faut l’avouer, les sénateurs sont plutôt bien lotis et bénéficient de plats dignes d’un étoilé pour un prix … de cantine ! Mais Annick Pétrus avoue que bien souvent elle saute le déjeuner par gain de temps ou apporte son propre repas aux saveurs saint-martinoises.

15h : les questions au gouvernement dans l’hémicycle

Un ou plusieurs ministres, ou leurs homologues, sont au banc dans l’hémicycle et sont interpellés par les sénateurs sur des thématiques préalablement définies. La séance dure globalement 1h15. Les sénateurs enchaînent ensuite sur l’examen des textes ou se réunissent en commissions. Pour Annick Pétrus se peut être une réunion avec la délégation des outre-mer ou avec la commission de la sécurité civile dont elle fait aussi partie. Elle a d’ailleurs défendu samedi 12 novembre la loi de la sécurité civile dans l’hémicycle. On pourrait croire que la journée s’achève ainsi, mais beaucoup de réunions débutent à 21h et peuvent durer jusqu’au milieu de la nuit. Les sénateurs ne se contentent pas de légiférer, ils font aussi partie de groupes d’amitiés comme celui des Caraïbes (qui comprend Haïti, St Domingue, etc) pour notre sénatrice, et l’on comprend pourquoi. Ce jour-là, elle a pris le temps de faire visiter le Sénat en début de soirée à Shana Raboteur, brillante étudiante saint-martinoise avant de poursuivre avec l’examen du projet de loi de finances pour 2023 dans l’hémicycle jusqu’à minuit trente.
 
Une vie en dehors du Sénat ?

Difficile avec cet emploi du temps de concilier vie sociale, vie de femme et vie tout court. Quand on lui pose la question, Annick Pétrus indique être entrée en politique au moment où elle pouvait le faire à 100%. Elle organise son agenda pour être présente 15 jours par mois à Paris et 15 jours à Saint-Martin. En théorie, car en pratique il faut tenir compte des interactions entre les événements, les réunions, etc. Les sénateurs ont le choix de s’organiser comme ils le souhaitent, tout en respectant cependant les taux de présence minima en commission, en scrutin solennel et aux séances de questions au gouvernement, mais aussi pour Annick Pétrus au conseil territorial de Saint-Martin. Il faut jongler et faire en fonction des priorités d’autant que lors de ses séjours sur le territoire, le programme est encore plus dense.
La sénatrice qui a toujours cumulé plusieurs activités, dont celle de sapeur-pompier volontaire, reconnait qu’il faut avoir une bonne constitution et être habituée à une vie aux horaires improbables. Un planning qui va encore se charger un peu plus car les dossiers en cours sont nombreux et aujourd’hui la sénatrice est sur SOS Radio à 9h !
 
Estefania Penn-Hanson : attachée parlementaire à Saint-Martin
Chaque sénateur a le droit de s’attacher les services de cinq attachés parlementaires. Annick Pétrus est secondée par un attaché parlementaire à Paris, Salim Bensaid, qui avec douze ans d’expérience au Sénat est un appui solide et efficace pour œuvrer dans les sphères parisiennes. A Saint-Martin, le relais est désormais assuré par Estefania Penn-Hanson qui a pris ses fonctions à la permanence de la sénatrice le 1er novembre dernier en remplacement de Yannick Romain qui a souhaité s’investir dans d’autres projets. Cette Saint-Martinoise, Bac + 5, trilingue, est désormais le lien entre les saint-martinois et la sénatrice dont elle gère l’agenda lorsqu’elle est sur l’île.
Tout citoyen qui souhaite faire état d’un problème ou d’un sujet particulier peut la contacter (tel : 05 90 87 39 98) pour que sa demande soit transmise à la sénatrice. Annick Pétrus intervient en effet aussi sur les problèmes du quotidien que les saint-martinois peuvent rencontrer à Saint-Martin comme en métropole. Un professeur qui bénéfice des congés bonifiés mais dont on prend en charge le billet jusqu’à Pointe à Pitre seulement avec pour argument que Saint-Martin fait partie de la région Martinique – Guadeloupe est exemple parmi d’autres … qui démontre que Saint-Martin est encore un territoire bien lointain même au sein de l’éducation nationale !

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