POLITICS

L’ex-sénateur Guillaume Arnell sort de l’ombre

L’ex-sénateur Guillaume Arnell sort de l’ombre

16 March 2021
A un an des prochaines élections territoriales, celui qui a occupé six années durant, entre 2014 et 2020, une place sur le banc des sénateurs, revient doucement mais sûrement sur le devant de la scène politique. Entre sagesse et détermination, Guillaume Arnell nous a accordés un entretien exclusif.
 
Le 97150 : Guillaume Arnell, bonjour, et merci de nous recevoir. Depuis votre défaite à l’élection sénatoriale, en septembre dernier vous êtes resté silencieux. Où en êtes-vous aujourd’hui, 6 mois après avoir raccroché votre costume de sénateur et à 1 an de la prochaine échéance territoriale ?
 
Guillaume Arnell : En effet, cette défaite à l’élection sénatoriale m'a remué. Je pense que pendant ces 6 années au Sénat, j’ai donné le meilleur de moi-même pour notre territoire. Nous avons accompli beaucoup de travail, de nombreux dossiers… Mais il faut savoir perdre et j’ai souhaité prendre un peu de recul, pour faire en quelque sorte un examen de conscience : quelles sont les erreurs commises? Où ai-je été bon, où ai-je été moins bon ? Est-ce que mon engagement au sein de la Cité doit s’arrêter là ? Beaucoup de questionnements dont les analyses et les réponses m’ont fait prendre la décision que je pouvais encore être en mesure de contribuer à la vie politique locale. Mon expérience en politique, tant au niveau local que national, ma connaissance du territoire et de sa population et mes compétences sont là pour servir le territoire, surtout par les temps difficiles qui courent. Je suis en effet inquiet pour l’avenir, surtout s’agissant de la jeunesse. Une chose est certaine, mon engagement politique futur ne sera qu’à la condition sine qua non de promouvoir la jeunesse, tant par des actions à mettre en place, que par des actions pour les promouvoir à occuper des postes de premier plan dans l’avenir.
 
Le 97150 : Comment analysez-vous le fait que vous n’ayez pas obtenu le soutien de l’exécutif à cette élection?
 
Guillaume Arnell : Je ne me l’explique pas vraiment. La Collectivité et ses élus auraient dû être mes principaux interlocuteurs pendant la deuxième partie de mon mandat de sénateur. Mais cela n’a pas été le cas, et je ne pense pas que cela soit de mon fait. Chaque fois que je devais intervenir au sénat, j’adressais personnellement aux élus le sujet de mon intervention et je demandais leurs avis. De même, pour chaque texte qui était discuté au Sénat, j’envoyais également ce texte en amont aux élus en leur demandant de me faire remonter leurs remarques pour proposer d’éventuels amendements au texte. Et je dois reconnaître que je n’avais que très peu de retour… Quant au choix du candidat pour les sénatoriales, j’avais préalablement demandé au président Gibbs d’organiser une rencontre avec les élus afin que je leur fasse part de mon bilan et de mes projets futurs. Cette réunion n’a eu lieu que très tardivement, peu de temps avant l’élection, et seuls 3 élus étaient présents ; Le président, lui était absent… Le groupe de la majorité avait déjà fait le choix de son candidat, et forcément je n’avais que peu de chance de remporter cette élection. Avec le président, nous restons certes des adversaires quant à nos idées, mais pour le bien du territoire, il aurait fallu que nous puissions travailler ensemble. Je regrette cela.
 
Le 97150 : Revenons sur le travail important effectué par la délégation sénatoriale pour les Outre-mer sur les risques naturels majeurs. Quelle suite va être donnée à ce rapport auquel vous avez consacré un temps important durant les deux dernières années de votre mandat?
 
Guillaume Arnell : Ce rapport a en effet demandé deux années de travail assidu. D’abord avec l’état des lieux, ensuite avec les préconisations. Je suis fier du travail accompli, d’autant que la base du document repose sur l’expérience de l’ouragan Irma que le président de la délégation, l’ex-sénateur de Saint-Barthélemy Michel Magras, et moi-même, avons vécu en direct. Ce sont 40 recommandations importantes qui sont préconisées et qui ont été présentées au Sénat à l’ensemble des maires des Outre-mer. Face aux enjeux climatiques encourus désormais pas de nombreuses régions de la France hexagonale, le président du Sénat, Gérard Larcher, a également proposé à notre délégation de faire un débat en séance plénière, en rajoutant le phénomène des sargasses. Ce débat s’est tenu en présence d’Annick Girardin, alors ministre des Outre-mer, et nous avons obtenu l’assurance que le gouvernement serait attentif à nos recommandations et que certains points importants en seraient extraits et introduits dans le cadre de la prochaine grande loi sur les risques climatiques. Un chantier qui devait déjà être entamé, mais qui a été retardé du fait de la crise sanitaire. Toutefois, l’actuelle délégation sénatoriale pour les Outre-mer, dont le président est le sénateur de Saint-Pierre-et-Miquelon, Stéphane Artano, a l’obligation de suivre attentivement les travaux menés antérieurement. Je connais personnellement Stéphane Artano qui appartient au même groupe politique que moi, le groupe du Rassemblement démocratique et social européen (RDSE). Je reste ainsi informé de la suite donnée aux travaux que nous avons menés.
 
Le 97150 : Parlons de l’avenir, maintenant : allez-vous être candidat aux élections territoriales de 2022 ?

Guillaume Arnell : Pour en revenir à ce que je disais au début de notre entretien, j’ai tourné une page après ces six années de riches activités au Sénat. Maintenant, si la population m’y invite, je suis prêt à repartir mais de façon différente. Le mandat local est certainement le plus beau parmi ceux qui existent et malgré mes différentes fonctions politiques exercées depuis près de trois décennies, je n’ai jamais été aux commandes directement. Je désire toutefois apporter ma contribution différemment. Aujourd’hui, chacun pense qu’il est le plus à même que les autres à assurer le rôle de président de l’exécutif local. Je n’ai pas l’obsession d’être le futur président et je souhaite m’inscrire dans une autre mouvance, en fédérant, en rassemblant les forces vives, afin que tous ensemble, avec nos compétences, nos ressemblances mais aussi nos divergences, nous puissions construire un futur plus durablement, plus efficacement. Je n’ai pas la prétention de vouloir être une tête de liste, mais je souhaite pouvoir contribuer à l’avenir de l’île. Il y a tant à faire… Il faut arrêter de nous battre les uns contre les autres, mais travailler ensemble pour le bien-être collectif. Nous sommes plusieurs à appartenir à la même mouvance d’idées, Jules Charville, Louis Mussington, Alain Richardson, Frantz Gumbs… Regroupons-nous, et agissons ensemble ! En revanche, et au risque de me répéter, une chose est certaine, je ne me rapprocherai d’aucune liste qui ne portera pas une forte dimension autour de la jeunesse.
 
Le 97150 : Donc, vous n’avez pas la prétention de devenir candidat à la présidence, mais vous serez bien présent en 2022…
 
Guillaume Arnell : Oui, c’est cela. J’affirme ici que je pèserai de tout mon poids sur les élections de 2022, ni par revanche, ni par rancœur, seulement pour que notre territoire puisse prendre une nouvelle direction et que la parole puisse être donnée à la jeunesse.

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