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Photo d’archive du 16 septembre 2020, avec des milliers de personnes dans la rue, brandissant le drapeau de l’unité saint-martinoise, en protestation à la fermeture de la frontière décidée par la représentante de l’Etat dans le cadre de la crise sanitaire.
Photo d’archive du 16 septembre 2020, avec des milliers de personnes dans la rue, brandissant le drapeau de l’unité saint-martinoise, en protestation à la fermeture de la frontière décidée par la représentante de l’Etat dans le cadre de la crise sanitaire.

Adopté comme symbole culturel de l’île, le drapeau « Unity Flag » n’a pas fait l’unanimité

30 September 2022
Présenté en séance du conseil territorial tenu hier matin en audience plénière, la délibération portant sur l’officialisation du drapeau « Unity Flag » comme symbole de l’affirmation de l’identité et de l’unité des deux parties de l’île, a suscité un long débat au sein de l’hémicycle.
Le drapeau Unity Flag a été érigé à la frontière de Bellevue en septembre 2020, peu de temps après que, dans le cadre de la crise sanitaire liée au Covid 19, la frontière ait été pour la première fois fermée par décision de la préfète de l’époque. La majorité portée par le président Louis Mussington a souhaité, par cette délibération, officialiser ce symbole de l’unité du peuple saint-martinois : « One Island, one People, one Destiny ».
La majorité du RSM-A, entend ainsi affirmer par ce symbole, l’identité culturelle et l’unité des deux parties de l’île. Des discussions et des négociations ont eu lieu en amont avec les autorités de la partie hollandaise, en l’occurrence la première ministre Silvera Jacobs, et un consensus entre les deux parties est sorti de ces réunions. Le président Louis Mussington souhaite que ce drapeau soit hissé les 11 novembre, jour de fête commune du territoire. « C’est un symbole culturel, en dehors de toute considération politique », a –t-il insisté.

Contre la méthode et le choix du symbole

Pour autant, saisi sur la question, le Conseil Economique Social et Culturel (CESC), présidé par Julien Gumbs, a demandé le retrait de cette délibération, nonobstant une concertation pas suffisamment large de la population. « le CESC est d’accord sur la mise en œuvre de dispositifs ou autre, venant symboliser l’unité du peuple saint-martinois, mais nous contestons la méthodologie utilisée et nous émettons des réserves sur le drapeau qui a une image politique. Il aurait fallu concerter la population dans son ensemble, les socioprofessionnels, les artistes, les associations culturelles, etc… ». Des propos renchéris par les élus de l’opposition, notamment Daniel Gibbs et Philippe Philidor qui estiment effectivement qu’un symbole est nécessaire pour affirmer l’identité du peuple mais qui peut être caractérisé par d’autres choses que le drapeau, comme par exemple une congrès d’unité, des organes communs aux deux parties de l’île, etc. Daniel Gibbs estime que cette question aurait dû relever d’une consultation populaire, comme cela été réservé en 2003 au choix de l’évolution statutaire dans le cadre de l’article 74 de la Constitution. L’élue Angéline Laurence a quant à elle estimé qu’avant d’officialiser un drapeau, il serait de bon ton que le traité de Concordia qui existe depuis 1648 soit reconnu et respecté par les autorités des deux parties de l’île, ce qui n’a pas été le cas quand il a été bafoué par la fermeture de la frontière, décidée unilatéralement par la représentante de l’Etat de l’époque, le 16 septembre 2020.

« La consultation populaire a eu lieu le 16 septembre 2020 ! »

De longs débats, certes acceptés par le président Mussington au nom de la démocratie, mais qui ont eu pour conséquence de le faire sortir de son calme habituel, enflammé par la passion qui l’anime sur le sujet. « Pour moi, la consultation populaire a eu lieu le 16 septembre 2020, quand des milliers de personnes, venues de part et d’autre de l’île se sont dirigées vers la frontière de Bellevue pour s’y retrouver, en brandissant le drapeau « Unity Flag ». L’unité du peuple était là, bien présente dans la rue, faisant capituler la préfète Feucher devant la détermination du peuple. Et les barricades érigées à la frontière ont été levées. Nous souhaitons que ce drapeau soit fièrement hissé le jour de la Saint-Martin, le 11 novembre, jour fêté des deux côtés de l’île. C’est un fort symbole culturel qui rendra hommage aussi à l’historienne Daniella Jeffry qui a participé à la création de ce drapeau et au Dr Hubert Petit qui a été le maire de Saint-Martin entre 1959 et 1977. Ne voyez rien de politique dans ce symbole, mais c’est un acte fort et symbolique pour l’identité culturelle du territoire ».

« Today, it’s a new day for Saint-Martin »

Six élus des bancs de l’opposition n’ont pas souhaité prendre part au vote, en insistant sur le fait qu’ils étaient contre la méthode utilisée et non pas contre l’argument de renforcer l’identité et l’unité de l’île dans son ensemble.
Après ces débats parfois houleux, et toutefois satisfait de l’adoption à la majorité de la délibération, avec 16 voix pour, le président a clamé : « Today it’s a new day for Saint-Martin ! ».

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