JUSTICE

Violences conjugales : les hommes pas épargnés

Violences conjugales : les hommes pas épargnés

08 October 2021
Encore une histoire de couple qui tourne mal et finit devant la justice. Dans 70% des cas, c’est l’homme qui agresse sa partenaire. Cette fois Monsieur était la victime et Madame l’accusée.
 
La jeune femme de 27 ans était accusée d’avoir agressé son compagnon lors de deux violentes disputes occasionnant pour lui une ITT de trente jours. Et pour cause, elle l’avait mordu à plusieurs reprises arrachant littéralement des lambeaux entiers de chair sur son visage, son bras et ses jambes.
 
Relation sanguinolente
 
Le couple s’est rencontré en novembre 2020. Il est gendarme, elle est sans travail et a deux enfants, dont le dernier âgé d’un an et demi. Les choses se déroulent rapidement et elle emménage en mars de cette année avec son nouvel amoureux. Très vite les tensions surviennent, le plus souvent pour des problèmes financiers et s’accompagnent d’épisodes de violences. Le 10 juin, elle lui déverse une tasse de thé chaud sur les jambes, lui jette une chaussure dont le talon le blessera au visage, puis une statuette en verre occasionnant une autre blessure. En tentant de la maîtriser l’homme se brise un doigt. Elle tente alors de se saisir de son arme de service puis s’empare d’un couteau menaçant de se taillader les veines.
Le lendemain elle fait un test de grossesse qui s’avère positif. Il trouve cela prématuré et lui demande d’avorter. Une seconde dispute s’en suit, le 12 juin. Le ton monte. Elle le gifle, lui lance une bougie à la figure puis l’empoigne et le mord au mollet, à la cuisse et au visage. Il dit avoir été obligé de la saisir à la gorge pour l’arrêter. La juge produit des photos attestant de la violence des morsures. Il porte plainte à la gendarmerie dans sa propre unité. Afin que l’enquête soit impartiale, celle-ci est confiée à l’unité de Marigot.
 
Retournement de situation
 
En août, le gendarme est à nouveau entendu et souhaite retirer sa plainte. A la barre il affirme « j’ai pris la décision de lui pardonner car nous avons toujours des sentiments forts». Il affirme par ailleurs que depuis, les choses se passent bien, et le couple prépare l’arrivée de l’enfant. Il prend la défense de sa compagne expliquant qu’elle a eu un passé douloureux et que des traumatismes ressurgissent. De son côté la jeune femme reconnait les faits tout en les minimisant. Elle a déjà écopé de quatre mois de prison avec sursis en 2019 pour des violences sur le père de son plus jeune enfant. Elle affirme que la plupart du temps elle arrive à se contrôler. L’analyse psychologique indique qu’elle ne souffre pas de trouble particulier mais qu’elle est dans la banalisation des faits. Elle ne travaille toujours pas, arguant que son état de femme enceinte ne le lui permet pas et vit sur ses économies. Lui de son côté contribue à payer le loyer de la jeune femme qui réside en partie hollandaise. Tous deux envisagent de reprendre une vie commune.
Le substitut du procureur insistera sur la faculté de la prévenue à minimiser les faits, bien particuliers et d’une grande violence. Il note qu’il est en effet rare de voir des lambeaux de chair arrachés et se dit peu rassuré sur les perspectives de ce couple. Il requiert huit mois de prison avec sursis probatoire, l’obligation de travailler ou de suivre une formation et de soins pour prévenir un renouvellement des faits. A l’énoncé de ce réquisitoire, la jeune femme dit ne rien comprendre, tout comme elle n’avait pas compris la notion de sursis lors de sa première condamnation.
La présidente du tribunal prendra le temps de lui expliquer le verdict, traduit en anglais : six mois de prison avec sursis et une mise à l’épreuve de deux ans, qui pourrait être prolongée si elle ne suivait pas l’obligation de suivi psychologique qu’elle devra justifier tous les mois.
 

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