JUSTICE

Prison ferme pour l’auteur des coups de feu tirés sur un homme samedi dernier à Concordia

Prison ferme pour l’auteur des coups de feu tirés sur un homme samedi dernier à Concordia

13 June 2019
L’auteur des coups de feu tirés sur un homme samedi après-midi, le 8 juin, dans le quartier de Concordia, était jugé mercredi selon la procédure de comparution immédiate devant le tribunal correctionnel de Saint-Martin. Il a écopé d’une peine de prison ferme et a été déféré en Guadeloupe mercredi après-midi.

La victime, G.D., toujours hospitalisée pour soins sans que ses jours ne soient en danger, n’était pas présent au tribunal et n’a été que brièvement entendu par les enquêteurs, du fait de son état de santé, toujours grave : son corps a été traversé par 3 impacts de balles au niveau des jambes et des bras. Le tribunal n’a alors pu que se baser sur la version du prévenu, R.R., 29 ans, et de sa compagne qui était présente lors des faits. L’avocat de la victime demandait d’ailleurs un renvoi de l’affaire tant que son client n’était pas en état d’évoquer les faits. Le tribunal renvoyait l’affaire seulement sur intérêts civils et décidait de juger l’affaire. 
A la barre, R.R. raconte que G.D. a pour habitude d’être reçu chez lui : « C’est un pauvre jeune dont la famille ne s’occupe pas. Il n’a pas de travail, pas de revenu. Il vient souvent à la maison et je lui fais faire des petits travaux pour l’aider. Il prend même souvent ses repas avec nous… Je ne sais pas ce qu’il lui a pris, ce samedi après-midi… Il est arrivé à la maison, m’a demandé de le payer et était très agressif… Je ne l’avais jamais vu dans cet état-là. Il m’a menacé avec un marteau et un parpaing… Il y avait ma femme et mes deux enfants dans la cour. J’ai eu vraiment peur, je pensais qu’il voulait tous nous tuer … Il disait : dis à ta copine qu’elle et ses enfants vont mourir », explique-t-il dans des phrases soulevées par les sanglots. Appelée également à la barre, la compagne de R.R. explique sa version des faits en indiquant que face à l’agressivité de G.D., elle lui a demandé de sortir de chez et a réussi à le repousser en dehors de la propriété. 
Elle est ensuite retournée vers l’entrée de sa maison pour mettre ses enfants à l’abri.  C’est pendant ce temps, que R.R. serait allé chercher une arme qu’il détenait caché ans une remise, en l’espèce un pistolet automatique de calibre 45 chargé de 3 balles. Et R.R. a tiré trois coups sur G.D. 

APRÈS AVOIR TIRÉ, IL SE REND À LA GENDARMERIE

Alors que l’homme gisait à terre et que la compagne de l’auteur des faits ainsi que des voisins appelaient les secours et lui prodiguaient les premiers soins, R.R. est parti se rendre à la gendarmerie de la Savane, en faisant néanmoins un crochet par Galisbay pour, selon lui, jeter son arme à la mer. Une arme qui n’a pas été retrouvée par les enquêteurs. Les enquêteurs plaçaient R.R. en garde-à-vue, et le Parquet diligentait une reconstitution des faits dans la journée du lendemain, le dimanche 9 juin. 
Lors de ses réquisitions, le Procureur évoquait « le problème de la présence des armes sur ce territoire et d’une violence exacerbée sur cette île avec des auteurs qui recourent de façon quasi-systématique à ces armes en tous genres, machettes, armes à feu… Vous auriez-pu vous retrouver non pas devant un tribunal correctionnel, mais devant une cour d’assises, car les coups de feu tirés sur la victime au niveau des bras auraient pu toucher des organes vitaux… ». Souhaitant répondre fermement à ce fléau de violence, il requérait trois années de prison dont une année avec sursis et demandait au tribunal de prononcer un mandat de dépôt. 
Invoquant la légitime défense ainsi que le cadre familial et professionnel de R.R., qui dirige une petite entreprise de travaux, a deux enfants et est en préparation de son mariage avec sa compagne qui doit avoir lieu le mois prochain, l’avocat de R.R. plaidait la dispense de peine, ou du moins une peine aménageable. 
Après en avoir délibéré, le tribunal entrait en voie de condamnation et condamnait le prévenu à deux ans de prison dont 18 mois avec sursis et une mise à l’épreuve pendant 3 ans. Le tribunal prononçait également le maintien en détention. 
Il lui est par ailleurs interdit d’entrer en contact avec la victime ainsi que de détenir définitivement une arme à feu. R.R. était déféré dans l’après-midi dans une prison de Guadeloupe.

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