ENVIRONMENT

Ramassage des sargasses en mer : une barge est prête à intervenir

Ramassage des sargasses en mer : une barge est prête à intervenir

13 December 2022
A l’initiative d’une société privée, la Sea Protect Caraïbes, une barge prête à l’emploi est arrivée il y a deux semaines sur le territoire et se trouve dans un chantier naval de Sandy Ground. Reste à savoir si elle sera en mesure de remporter le marché public qui devrait être prochainement lancé par la Collectivité.
Sensibilisée à la problématique récurrente des arrivées de sargasses sur le territoire, impactant fortement les systèmes écologiques, économiques et de santé, Karine Schmidt, résidente de Saint-Martin, a mis à l’étude un projet de construction de barge permettant le ramassage en mer des algues brunes, avant qu’elles ne s’échouent sur les rivages. Après deux années de travail en collaboration avec des techniciens et autres ingénieurs, la barge « Force Pol Claude 1 », immatriculée à Saint-Martin, est arrivée dans nos eaux et est actuellement située dans un chantier naval de Sandy Ground. Sa mise à l’eau est prévue dans les prochains jours.
Equipée d’un tapis roulant et d’une cuve pouvant contenir entre 8 et 10 tonnes d’algues, la barge présente un tirant d’eau à vide de 30 cm et à cuve pleine d’environ 60 cm, ce qui lui permet de s’approcher des côtes, sans impacter la faune et la flore. Le tapis roulant capte les sargasses à l’aide de bras articulés qui dirigent les sargasses vers l’entrée du tapis qui les déverse ensuite dans la cuve prévue à cet effet. Deux opérateurs seront aux commandes de la barge, Benjamin Schmidt et Ralph Lake, ce dernier étant mécanicien pour moteurs de bateaux.

La balle est dans le camp des autorités

Fin prête à mettre à la disposition du territoire cette barge pour la prochaine arrivée de sargasses, généralement observée à partir des mois d’avril et mai, la société Sea Protect Caraïbes, immatriculée à Saint-Martin, est aujourd'hui dans l’attente d’un marché public qui devrait intervenir pour ce faire dans les prochaines semaines. La Collectivité doit en effet renouveler en début d’année le marché d’attribution pour la collecte des algues sur les différents sites. Un nouveau marché qui doit intégrer des aménagements et des définitions plus précises dans les contraintes techniques afin de minimiser les impacts sur l’environnement, notamment en ramassant le moins possible de sable, et en filtrant au maximum les petits animaux marins présents aux abords des rivages.
A noter que la société Sea Protect Caraïbes possède également l’ensemble des matériels permettant le ramassage des algues qui arriveraient sur les rivages, en l'occurrence un tracteur équipé d'un grappin adapté permettant le ramassage sans sable ni petite faune, ainsi que les engins pour acheminer les sargasses vers l’écosite de Grandes-Cayes, à Cul de Sac ou bien vers d’autres sites de valorisation du déchet. Un projet issu d’une initiative privée qui permettrait d’aborder plus sereinement la prochaine saison d’échouements des sargasses. Pour rappel, la Collectivité et l’Etat, à l’occasion de la 1ère réunion du comité de pilotage installé en septembre dernier à cet effet, ont annoncé à titre expérimental et pour une première réponse immédiate au fléau, la pose de filets de barrage en amont des baies de Cul de Sac et de l’Embouchure. Ces filets installés, ont pour objectif de sanctuariser la baie de Cul de Sac, notamment au niveau de l’embarcadère afin de protéger l’activité de Pinel et des passeurs et de protéger la mangrove de l’Etang aux Poissons au niveau de la Baie de l’Embouchure. Les filets de barrages redirigeront les algues brunes vers des points de collecte à terre, qui impactent le moins possible les résidents. Ce dispositif créé localement s’inscrit dans le Plan Sargasses 2, lancé par le gouvernement en mars dernier, doté de près de 36 millions d’euros sur une période de 4 ans (2022/2025), et qui traduit une augmentation de près de 30% des financements de l’Etat.

D’autres barges en construction

La barge de la société Sea Protect Caraïbes pourrait intervenir en complément de ce premier dispositif. En tout état de cause, si la barge
« Force Pol Claude 1 » remporte l’approbation des autorités locales, Karine Schmidt nous informait que la construction d’autres barges identiques était en projet imminent et permettrait la couverture d’un périmètre plus important. Dans le cas contraire, cette première barge se verrait contrainte d’aller proposer ses services à d’autres territoires caribéens également impactés par le fléau…

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