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Du jamais vu ! La Com ne peut endiguer à elle seule le fléau…

Du jamais vu ! La Com ne peut endiguer à elle seule le fléau…

06 July 2021
Les échouements de sargasses sont discontinus et en quantités très importantes depuis plusieurs semaines. Du jamais vu depuis que Saint-Martin est impactée par le phénomène. Une situation préoccupante à plusieurs titres : le ramassage des algues brunes avant leur pourrissement, la santé publique, les conséquences sur l’activité économique déjà réduite et l’environnement.
Un fléau majeur, qui touche donc différents domaines, qui est récurrent et qui ne semble pourtant peser pour l’heure que sur les épaules et les finances de la Collectivité. Toutefois, à ce stade des échouements, la Collectivité, seule, ne peut arriver à bout de ces arrivages massifs quotidiens. Elle n’en a pas les moyens humains ni financiers. La Collectivité, par la voie de son président Daniel Gibbs et de l’élue en charge de l’environnement, Pascale Alix-Laborde, a sollicité la représentation locale de l’Etat pour une réunion d’urgence, évoquant la mise en œuvre de moyens de plus grande ampleur, en l‘occurrence l’armée. Les élus restent en attente d’une réponse de la préfecture. La Collectivité évoque des moyens financiers engagés à fonds perdus : « Malgré l’importance de son travail, l’entreprise Jankin notamment sollicitée pour le ramassage dans la baie de Cul de Sac ne peut arriver seule à tout ôter. D’autant que plus elle en ramasse, et plus il y a de nouveaux radeaux qui viennent s’échouer sur le rivage. Ce sont des deniers publics, du contribuable dont il s’agit », commente la Collectivité.
 
Santé publique et environnement, compétences de l’Etat
 
Si le ramassage des déchets, l’économie et le tourisme sont du ressort de la Collectivité, la Santé publique et l’environnement sont deux compétences dévolues à l’Etat. « Nous devons ensemble rechercher des solutions pérennes pour endiguer ce fléau dévastateur pour notre environnement et dangereux pour la santé », continue la Collectivité qui se retrouve acculée par le problème et montrée du doigt par les citoyens exaspérés par le phénomène. A ce stade, la question qui se pose est celle de savoir pourquoi l’Etat reste aujourd’hui muet quant à ce fléau ? La multiplication des sargasses relève pourtant bien à la base d’un problème d’environnement avec le dérèglement d’écosystèmes du fait de l’intensification de l’activité humaine et industrielle dans certaines parties du monde. Un dérèglement de l’environnement de la planète qui implique des conséquences sur la santé publique et a également des impacts sur notre activité économique dominée par le tourisme.
 
Quid du plan d’attaque annoncé en 2018 par les membres du gouvernement ?
 
En 2018, lors d’un passage en Guadeloupe et en Martinique des ministres d’alors de la Transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot, et des Outre-mer, Annick Girardin, avait été annoncé un vaste plan de lutte contre les sargasses prévoyant 10M€ pour les années 2018 et 2019. Un montant qui devait pour moitié être financé par l’Etat et pour l’autre moitié par un cofinancement Union Européenne/ Collectivités. L’objectif étant alors d’obtenir un temps de réaction court pour le ramassage de l’algue brune avant son pourrissement, dans un délai de 48h. L’engagement financier portait sur l’acquisition de machines venant renforcer les prestations locales de ramassage. Des annonces qui avaient également donné naissance aux brigades vertes, une réserve citoyenne mobilisable rapidement en cas d’arrivée massive de sargasses…Si les brigades vertes ont été effectives un temps, l’acquisition de machines complémentaires n’a jamais aboutie.
Certes, si les deux ministres ci-dessus nommés ne sont plus aux postes précités, la tête du gouvernement est restée la même. Pour autant, de ces annonces faites en grande pompe courant de l’été 2018, il ne reste aucun effet…
Et aujourd’hui, quand le sujet des sargasses est abordé, il est réduit à seule notion de déchets à ramasser et à traiter, et c’est donc la Collectivité qui se retrouve seule face à un problème d’ampleur à gérer dont la genèse et les conséquences atteignent des domaines qui vont au-delà de ses prérogatives. Les passeurs de Pinel sont à l’arrêt et par voie de conséquences, les restaurants de l’îlet subissent une activité des plus réduites, jusqu’à la fermeture. A quand une prise de conscience et de responsabilités commune ?

Risque TRES FORT d’échouage dans les prochains jours
 
MF DIRAG Bulletin Sargasses IDN 210705Le dernier bulletin émis par Météo France, hier, lundi juillet, établi un risque d’échouage très fort pour les quatre prochains jours, avec des détections encore plus nombreuses que précédemment : « Le courant des Antilles dirige la plupart des radeaux vers le Nord. Le réservoir au nord de Barbuda s'est vidé, laissant le courant d'est transporter les sargasses. Les échouements déjà en cours sur Saint-Martin se poursuivent encore ces prochaines heures. Des filaments à l'est de Barbuda sont poussés par le vent temporairement de sud-est aujourd'hui. Ils pourraient provoquer des échouements pour le milieu ou fin de la période. Pour les deux prochaines suivantes, il est constaté la présence de nombreux radeaux entre l’Arc Antillais et 400 km à l’est sur l’océan Atlantique. Les alentours de la Barbade sont également chargés en sargasses. Les îles françaises sont menacées autant par les radeaux situés à l’Est, que par ceux remontant dans le courant des Guyanes et qui arriveront à éviter le passage en Caraïbe et passeront dans le canal entre Sainte-Lucie et Barbade. »

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